« Qu'est-ce que la poésie ?... Qu'est-ce que l'âme ?... Lorsqu'un poème, ou simplement un vers provoque chez le lecteur une sorte de choc, le tire hors de lui-même, le jetant dans le rêve, ou au contraire le contraint à descendre en lui plus profondément jusqu'à le confronter avec l'être et le destin, à ces signes se reconnaît la réussite poétique. Telle est, bien sûr, l'ambition secrète et démesurée de tout auteur d'anthologie. S'il la commence pour lui-même, c'est pour d'autres qu'il la termine et la publie. Choisir tout ce qui lui paraît digne et capable de provoquer chez le lecteur le choc de la beauté, voilà l'objet de son effort. C'est dire qu'il se trahit lui-même puisqu'il livre le secret de ce qui le touche. Mon ambition est bien de donner ici l'essentiel de notre poésie, c'est-à-dire les plus beaux vers de la langue française, ceux que je trouve tels, sans doute, mais avec l'espoir qu'ils le sont vraiment. »
Ce livre est une anthologie superbe des plus grands poètes français. Les françaises sont à tout fin pratique absentes. Louise L’Abbé (1524-1566) et Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) sont les seules femmes dans l’anthologie. J’ai été particulièrement choque par l’omission d’Anna de Noailles. J’ai été aussi très malheureux de constater qu’il n’y a pas de Canadien parmi les poètes choisis. (J’aurai retenu Saint-Denys Garneau dont Pompidou sans doute ignorait l’existence.) La Belgique est représentée par un poème de Verhaeren. L'absence de Georges Rodenbach est inexplicable. Ce volume n’est pas un recueil qui représente diverses tendances; c’est un panthéon des grands. Ronsard (15 pages), La Fontaine (19 pages), Racine (32 pages), Hugo (40 pages), Mallarmé (14 pages), Verlaine (24 pages), Claudel (18 pages) et Apollinaire (13 pages) sont les figures dominantes. Villon, Rimbaud, Valéry et Péguy qui ont tous moins que 10 pages n’appartiennent pas au tier des plus grands mais Pompidou leur donne quand même des places d’honneur. Saint-John Perse et Louis Aragon sont exclus par la décision de Pompidou de ne pas inclure des poètes vivants. Pompidou remplit près de cinquante pages avec des extraits de pièces de théâtre dont un passage médiocre du « Soulier de Satin » de Paul Claudel. Par contre, il n’y a rien de « Cyrano de Bergerac » que Pompidou considère probablement comme étant une œuvre de rimes vulgaires. Malgré tout, l’anthologie de Pompidou est magistrale. Il y exprime et défend bien son point de vue très clairement. Il a choisi des poèmes de bon gout qui « provoquent chez le lecteur le lecteur le choc de beauté ». On se sert de l’anthologie de Pompidou partout dans les universités anglophones au Canada de « L’anthologie de la poésie française » qui introduit très bien le jeune lecteur anglophone à une grande tradition. Il ne faut pas oublier pourtant que ce livre n’est qu’un premier pas.
Une belle anthologie qui tente de regrouper les meilleurs poèmes - selon Georges Pompidou - de la littérature française. J'ai découvert de nouveaux auteurs/autrices, j'ai relu avec délice des vers que j'adorais déjà, j'ai redécouvert des auteurs que j'ai négligés auparavant. Une chouette balade à travers les siècles !
rating: ✫✫✫✫ (4 stars; amazing! i REALLY enjoyed it.) ⋆~⋆~⋆ this is the first poetry collection i've ever read, and boy did i LOVE it!! Georges Pompidou had amazing taste - i meannn i'm extremely new to poetry and loved *nearly* every single poem he featured in this book sooo i feel like this shows a lot.
Je me suis découvert une nouvelle passion : lire de la poésie à voix haute dans ma chambre. ❤️
Gros coups de cœur pour Du Bellay, Desportes, le Jugement d'Aubigné, le Cid de Corneille, Adonis de La Fontaine, le Misanthrope de Molière, Racine (qu'il me tarde de redécouvrir en totalité, depuis le temps!) et A Villequier d'Hugo.
Pompidou fut un agrégé de lettres, alors je lui ai laissé sa chance. Et bien, j'aurais du lire la plume d'Aimé Césaire. Il nous explique d'abord ce que la poésie représente pour lui, à vrai dire, au départ j'ai eu un espoir car j'adhérai à sa vision de la poésie, surtout lorsqu'il a écrit : "les vers ne sont qu'une des multiples expressions possibles de la poésie. Celle-ci est ou peut se trouver partout." Ce qui l'éloigne d'autres anthologistes très rigoureux voire élitistes sur leur approche à la poésie.
J'ai commencé à me décomposer lorsqu'il explique les poètes sélectionnés et pourquoi. Sur une soixantaine de poètes, il n'y a que deux poétesses; MAIS NOUS FAIT GRÂCE DE LA PRÉSENCE DE VOLTAIRE.
J'arrête ma critique ici. Sur ce, je vais lire une anthologie de la poésie féminine française pour me repentir de ce misérable choix.
On trouve de petits trésors dans cette anthologie (ex : découverte de Marceline Desbordes Valmore). Je ne peux que recommander fortement ! L'anthologie est bien conçue et on y trouve assurément certains des plus beaux poèmes de la langue française.
Je dois me résoudre à l’évidence la poésie c’est pas pour moi. J’ai trouvé la très grande majorité des poèmes ennuyant ou inintéressant. Forcément il y en a qui sortent du lot mais sur une si grande collection est-ce que c’est étonnant?
French poetry is always amazing and full of personality in each types of writing. Always loving it!! What I found disappointing is that the poem's selection isn't that great.