Roman qui se retrace les tragiques événements de mai 1985, le Heysel et cette finale de coupe d’Europe couleur sang, lorsque des hooligans de Liverpool se sont littéralement rués sur les supporters italiens provoquant la mort de près de 40 personnes.
On suit ici, une couple de belge, Gabriel (particulièrement antipathique) et Virginie qui se voient volés leurss tickets de la finale par un duo de jeunes désœuvrés français, Jeff et Tonino (franco-italien)
On suit d’un autre côté trois frères, supporters de Liverpool, les deux aînés, Doug et Huggy, ouvertement hooligans et Geoff, le plus jeune qui suit ses frères parce qu’il les aime malgré qu’il les craint. La vie ouvrière, terreau de cette jeunesse élevé au sang du foot et du racisme.
Et finalement un jeune couple italien fraîchement marié, Tana et Francesco.
Leurs routes vont se croiser et construire le roman.
Ca débute avec l’avant, le pendant et le juste après la catastrophe ainsi que le procès trois ans plus tard qui verra tous les 24 prévenus hooligans sortir libres après avoir remis les victimes en lumière pour les "enterrer" une deuxième fois, eux et leurs familles.
La plume de Mauvignier est particulière tout comme son texte, véritable bloc avec peu d’espace pour respirer, projetant les mots au visage du lecteur, cruellement, durement mais aussi avec énormément d’émotions et de justesse.
Il raconte les personnages, leurs tourments, leurs introspections, leurs ressassements aussi, ça tape avec redondance sur les douleurs, les cauchemars et cette horreur qui ne vous quitte jamais. Ils ont vu, ils l’ont vécu... Une jeunesse brisée, écrasée qui affronte chacun sa douleur à sa manière, la plus bouleversante reste Tana qui se révolte tant contre elle-même, que sa douleur et sa mère, image pesante de la mama italienne d’une autre temps
C’est percutant, bouleversant et pris sous un prisme différent de ce qu’on pourrait penser en lisant un tel récit. Bien que je lui ai trouvé quelques longueurs, je continue d’aimer cette plume à part et cet auteur dont on parle si peu et qui mériterait d’être mis plus en avant.
Un récit qui prend aux tripes...