Le roman de l'emprise. Le roman de l'injustice des sentiments. Le roman de l'amour qui s'enfuit.« L'amour, le seul, l'unique, celui dont on n'oubliera jamais le nom, porte les stigmates de nos plus terribles douleurs. » Attention : Ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains !
Rose est une femme libre, indépendante, torturée, traumatisée, elle s'est construit une carapace de survie.Elle fuit l'amour par peur de l'attachement. Elle est perverse, passionnée, cyclique, addict au sexe et à l'alcool mondain. Mais ce soir-là, dans un bar, elle tombe amoureuse d'un être qui lui ressemble, peut être un peu trop. Tout en lui la repousse et pourtant... Lui, c'est Alex, un artiste paumé, un je-m'en-foutiste tout aussi névrosé qu'elle.Rose va vivre cette passion destructrice où Alex la guide, la commande, la déconstruit, la fabrique, la façonne... Rose n'écoute pas la bête qui rugit en elle et qui lui dit « fuis ». Son corps, son sexe deviennent chaque jour plus douloureux, mais elle tient, par amour pour cet homme qui la dévore chaque jour un peu plus...Puis vient la douleur du déchirement. Alors, elle va essayer de noyer ses maux dans la seule addiction qui lui permet d'échapper à la douleur : le sexe.
Déjà, je tiens à dire qu'effectivement le roman mériterait un bandeau d'avertissement et/ou une autre place dans les rayons des libraires (dans la librairie de ma ville, il se trouve entre Drive et The Contract, je n'ai lu aucun de ces romans mais j'imagine qu'on est encore dans des romances type "ouhhh qu'ils sont torturés et se séparent mais au fond c'est tellement tendre entre eux". Clairement, Outrage n'est pas ce genre de roman. Donc, à l'instar de la plupart des lecteurs, je trouve qu'il n'a rien à faire dans un rayon "Dark Romance" pour moi l'appellation serait plus "DarkPornFiction" en fait (mais ça n'existe pas à ma connaissance). Et je le placerais plus à côté de Sade que de EL James ( mes excuses au Marquis)
Ceci étant, je tiens à dire que contrairement à beaucoup, je ne ferais pas une chronique différente de mes habitudes. Tout simplement parce que ce livre, aussi polémique qu'il soit, doit être à mes yeux considéré comme un autre ouvrage de fiction et je juge inutile d'alimenter le buzz en le traitant différemment.Par contre, ma chronique sera sûrement un peu plus longue que d'ordinaire car il y a des choses à dire sur cet Outrage
Je vais commencer par le plus simple : la forme (le style de l'auteure). D'un point de vue objectif, je le trouve adapté au fond. Le phrasé court permet de faire des formules chocs, le langage cru va bien avec les événements décrits et certains passages sont poétiques et bien tournés (ahhh les envolées lyriques de la narratrice). Le fait d'écrire à la première personne est sensé favoriser l'empathie. Donc objectivement, l'auteure a tout bon. Mais d'un point de vue subjectif, je n'ai absolument pas accroché aux phrases courtes (même si je comprends leur utilité) et les envolées lyriques/rimesques et autres paroles de chanson sorties de leur contexte m'ont prodigieusement gonflée. Visiblement, l'auteure aime s'écouter parler (je me comprends) et n'a pas peur de la surenchère qui alourdit considérablement le style. Le côté première personne n'a absolument pas fonctionné sur moi, je n'ai absolument rien ressenti pour l'héroïne, ni pitié, ni dégout, ni quoi que ce soit. Et là vous allez dire "Quoi ? Comment peut-on rester de marbre face à la pédophilie, la zoophilie et le reste ?" Je ne dis pas ça. Je dis juste que la voix de l'héroïne ne m'a absolument rien fait.
Là dessus, j'en viens à ce qui a posé problème à beaucoup : le fond ! Je ne vais pas revenir sur les scènes polémiques mais bien sur la manière dont j'ai considéré l'ouvrage. Et je vais faire une peu de vulgarisation psychanalytique ... Alors en route pour la psychologie de comptoir !
Dès les premières lignes, je l'ai considéré comme un cas clinique. Et pour moi Rose est un cas clinique. Au début, c'est une fille construite dans l'inceste qui cherche à panser ses plaies chez S. Avec ça, on ne peut pas s'attendre à ce qu'elle appréhende les relations comme tout le monde. La manière dont elle parle d'Alex (le Loup/L'intrus) qui réveille ses instincts les plus bas m'a fait un peu penser (attention de lui au Ça) tout comme S et la bête m'évoquent son Surmoi voire son Moi... Le moment intéressant du début du roman c'est la manière dont elle évoque sa relation incestueuse avec son père, elle se présente comme consentante et en demande... En quelque sorte, une identification à l'agresseur. Rose ne parle pas de sa mère mais on la suppose absente et non digne de confiance. Et comme elle n'a pas réussit à se construire correctement, elle va se tourner vers Alex, le Loup/l'Intrus (je trouve que le choix des mots est intéressant ici ) un mec (avouons le ) puant, alcoolique et sans doute pervers narcissique. En gros, son père quoi... Donc entre S. et Le Loup, elle choisit le second dans une sorte de pulsion de mort... Sur sa relation avec Alex, j'ai trouvé le tout plutôt ennuyeux, tout y est prévisible et la seule chose que j'ai trouvé intéressant c'est les moments où elle donne la parole à ce qu'elle appelle "La Bête" et qui la pousse à se sortir de cette relation (en quelque sorte une pulsion de vie pour rester dans la vulgarisation psychanalytique )... Sur le reste de leur histoire je dirai qu'elle est tout simplement minable. En revanche, j'ai trouvé intéressant le fait que les rapports sexuels avec Alex sont très douloureux (physiquement ) pour Rose : d'une certaine manière, elle revit son enfance et la blessure infligée par la relation sexuelle avec le père.
La seconde partie, celle "post Alex" on est dans le moment où l’héroïne bascule complètement dans la nymphomanie et où le sexe lui sert à combler le manque (elle dit d'ailleurs elle-même à plusieurs reprises qu'elle cherche à se remplir)... Et on comprend qu'elle s'est tellement construite autour de l'inceste initial que sans l'image du père, elle n'est plus rien. De victime, Rose devient bourreau (comme le montre à mes yeux tous les passages où elle humilie ses partenaires, la plupart du temps masculins... n'est-ce pas encore le père qu'elle cherche à blesser dans sa chair comme dans les passages de f*** f*** dans une nouvelle identification à l'agresseur sublimée ?). Réduire tout celà à du BDSM (car non, je n'oublie pas les passages où elle se retrouve en position de soumise, instants qui lui permettent de faire couler ses larmes : ce n'est pas la jouissance qu'elle cherche, c'est l'épanchement ) serait un peu trop simple. Pour moi, Rose oscille entre la petite fille désespérée et la prédatrice, la première issue des ruines qu'a laissé le père, la seconde dans un désir de revanche...) Rose méprise ses partenaires mais pas plus qu'elle ne se méprise elle-même. On est vraiment dans l'autodestruction totale...
De ce point vue, celui de la construction psychique et des dégâts causés par l'inceste, le roman est intéressant. Et les scènes de sexe, très crues servent "l'étude de cas" : en cela je trouve que c'est bien fait.
MAIS (bah oui, il y a un mais) en quoi était-ce nécessaire de faire un tel catalogue de toutes les déviances sexuelles ? J'avoue que ce dernier est complet, il n'y manque presque rien ! Hormis la nécrophilie et les snuff movies ( l'auteur me déçoit, elle aurait pu y penser lol). En quoi la scène zoophile apporte quelque chose ? Si ce n'est faire le buzz et de pousser les lecteurs à réagir ? Alors, oui l'auteure pourrait répondre que cette scène est nécessaire pour montrer l'avilissement total de Rose, son anéantissement en temps que personne. Oui... certes mais je pense qu'on avait compris sans cela. Après, aussi choquant que cela soit, ce n'est pas le premier livre qui met en mots ce genre de scène (je vous renvoie à Sade pour le plus connu). Pour être franche, j'ai déjà été confrontée à ce type de scène dans un thriller il y a quelques années (j'aimerai pouvoir vous donner la référence mais j'avoue l'avoir oublié) et ça m'avait beaucoup plus choquée alors parce que là, rien ne m'y préparait et je n'avais rien vu venir. Dans Outrage, je n'ai pas été choquée par l'existence de la scène... A vu du contenu du livre, du vocabulaire et des scènes bah c'était très prévisible. Attention, je ne suis pas en train de dire que je ne trouve pas la pratique choquante ! Je dis simplement que vu le style de l'ouvrage, c'était prévisible... Et j'ajouterai que tout ce qui est fait dans ce livre existe dans la "vraie vie" et qu'il serait hypocrite de refuser de le reconnaitre. Donc oui, on est dans une étude de cas et un catalogue des déviances sexuelles ... Ce livre n'a rien, absolument rien d'érotique ou d'excitant ( je dis ça pour les personnes qui se ruent sur les porn mom ou la dark romance), ce livre n'est rien de tout cela. Il n'est ni très bon, ni très mauvais. La seule chose qui porte à polémique pour moi c'est l'absence d'avertissement sur la couverture (on pourra dire mais il n'y en a pas sur les ouvrages de Sade, certes mais Sade est un classique, ce que je doute que ce roman devienne...) et la collection dans laquelle ce livre a été édité.
La fin donne tout de même un peu d'espoir... Je me dis que l'héroïne va passer un peu de temps au service psychiatrie et que ça l'aidera peut-être à surmonter son traumatisme initial
Ce que j'aime : le côté cas clinique, le fait de voir la descente du personnage, le symbolisme et le choix des mots (j'ai par exemple apprécié le fait que l'infirmière s'appelle S. à la fin)
Ce que j'aime moins : le côté catalogue des déviances, le mauvais classement du livre chez les libraires, le style parfois très "ohhh regardez comme je manie bien les mots de l'auteure" que je trouve pompeux. Tout le battage inutile autour de ce roman : s'il avait été classé correctement, personne n'en aurait parlé, du coup je trouve la stratégie commerciale très très limite
En bref : L'histoire d'une déconstruction qui aurait eu tout à gagner à être classée dans le bon rayon et qui frôle le catalogue non exhaustif des déviances. Intéressant à lire pour la psyché de l'héroïne et si l'on a le cœur bien accroché mais qui n'a rien d'une romance qu'elle soit dark ou pas !
08/20 - Malgré quelques réflexions intéressantes sur la descente de Rose, je me suis enquiquinée pendant les deux tiers du roman... mais vraiment vraiment...
⚠️⚠️⚠️ Attention, cet ouvrage s’adresse à un public adulte et averti ! ⚠️⚠️⚠️
Je ne vais pas vous livrer une chronique classique concernant cet ouvrage, car ce n’est pas un roman comme les autres. Il se démarque de par son contenu outrageux et de par le message qu’il vise à transmettre. Il met en lumière l’injustice des sentiments, l’emprise et le déchirement amoureux. Son contenu à caractère pornographique est susceptible de heurter la sensibilité des lecteurs.
Je vais commencer par vous livrer les mots de l’éditeur sur ce livre, ainsi que trois questions qui ont été posées à l’auteure. Ces outils nous sont transmis par l’éditeur et je trouve cela important de les partager avec vous qui avez envie d’acheter ce livre. Cela vous permettra de connaître les tenants et les aboutissants d’un tel ouvrage.
Le mot de l’éditeur :
Dans une vie d’éditeur, il est des textes qui vous marquent et vous « signent » pour toujours. Il en fut ainsi d’Histoire d’O de Pauline Réage pour Jean-Jacques Pauvert, de La Mort Propagande d’Hervé Guibert pour Régine Deforges ou de Baise-moi de Virginie Despentes pour Florent Massot…
Pour ma part, il y eut La femme de papier de Françoise Rey, Le Lien de Vanessa Duriès, Dolorosa soror de Florence Dugas et L’Orage de Régine Deforges. Tous ces textes ont été importants car ils ont marqué l’histoire d’une littérature. Ils ont balayé toutes les incertitudes et dessiné d’autres contours. Chacun a apporté sa pierre à l’édifice, et a contribué à renouveler un genre.
Outrage de Maryssa Rachel est l’un d’entre eux. Il s’inscrit dans la veine de ces textes qui vous remuent jusqu’aux tréfonds de vous-même et y déposent une empreinte qui, tel un tatouage, ne pourra jamais s’effacer. Et longtemps après, le livre refermé, perdurera l’écho de tout ce qu’il a provoqué en vous.
Outrage c’est le livre de la démesure amoureuse et de l’urgence sexuelle pour réparer les dégats de l’emprise. C’est le livre de la perte de contrôle et de l’abandon, du renoncement et de l’instinct de survie. Maryssa Rachel parle à nos sens, à notre animalité, dussions-nous en mourir.
Véritable « coup de boule littéraire », Outrage est destiné à devenir un classique.
Franck Spengler
Trois questions à Maryssa Rachel
*Pourquoi avoir écrit un roman qui met en scène l’injustice des sentiments, l’emprise et le déchirement amoureux ?
L’emprise et le déchirement amoureux font partie de la vie ; plus authentiques, plus vrais que les histoires romantiques « il était une fois, une fois il était »… Qui n’a pas connu les amours toxiques, les amours tellement forts qu’ils en deviennent douloureux ?
Je m’aperçois qu’aujourd’hui on ne vante que le beau, que le fort, que les romances contes de fées à deux balles ; des histoires qui font rêver, histoires hypocrites à chialer… On en oublie le sincère, l’authentique, le vrai… J’ai écrit une histoire comme j’aurai voulu en lire.
*Y a-t-il une part autobiographique ? Ou vous êtes-vous inspirées d’expériences de proches ?
Dire qu’Outrage est pure fiction serait totalement faux. Bien évidemment, je me suis inspirée de ce que j’ai pu vivre, en particulier la partie sur l’emprise amoureuse. J’ai connu, comme beaucoup, l’amour mortifère ; on se pense souvent unique à vivre ce genre de passion, et pourtant… En ce qui concerne les escapades sexuelles de Rose, dans la mesure où je ne suis pas novice et que j’ai fréquenté et fréquente toujours les milieux libertins, LGBT, BDSM, fetish, il m’a suffit de piocher dans quelques petites expériences que j’avais pu avoir…
Mais je me suis majoritairement basée sur les fantasmes des hommes et des femmes ; pas de ces fantasmes redondants et mielleux version « mmm, il était si beau dans son costume trois pièces, j’ai envie qu’il me prenne contre le mur, oh oui oh oui… », mais plutôt de ces fantasmes indécents, honteux, inavouables, de ceux qui donnent envie de vomir avant de faire « éclabousser » la jouissance sur les draps sentant l’assouplissant. Bref, j’ai écrit, une fois de plus, ce que j’avais envie de lire…
*A qui ce livre s’adresse-t-il ?
Aux écorchés, aux mélancoliques, aux vicieux, aux pervers, aux petites bourgeoises coincées, aux salauds de première, aux amoureux, aux suicidaires, aux névrosés, aux étriqués, aux timides, aux extravertis, aux féministes, aux machos, aux Vanilles, aux Chocolats, aux ménagères impudiques, aux petites salopes lubriques, aux hommes mariés, aux intellectuels… bref, à tout le monde, à partir du moment où ils ont plus de dix-huit ans et qu’ils ont l’esprits ouverts.
Je n’écris pas pour faire rêver, ni pour offrir des histoires mielleuses à souhait, je crois que je ne sais pas faire ce genre d’histoires. J’ai du mal à brosser le lecteur dans le sens du poil, je préfère le provoquer, le chambouler, le perturber, le faire réagir… Je ne veux pas être étiquetée auteure érotique, mes écrits ne sont pas masturbatoires…
L’avis de Marlène
C’est bon, vous êtes toujours avec moi ? C’est le moment de vous faire part de mon avis sur Outrage, ce véritable phénomène littéraire. Avec cette couverture attrayante et ce résumé intriguant, je ne pouvais pas faire l’impasse sur ce livre. Il faut savoir que j’avais déjà lu un roman (Décousue) de cette auteure, je savais donc plus ou moins où je mettais les pieds, mais rien ne pouvait me préparer à ce que j’ai découvert au fil des pages.
Revenons sur la couverture, qui représente à merveille Rose, notre héroïne. La Rose est douce et piquante, le choix de la couverture est subtil, personnellement je la trouve très représentative de l’héroïne et de l’histoire, elle attire l’œil mais ne laisse pas du tout présager la nature du récit. Est-ce une bonne chose ? Je dirais oui et non. Oui, parce que cela aiguise la curiosité des lecteurs, non parce que ce livre ne doit pas se retrouver dans n’importe quelles mains. Le titre, Outrage, ne pouvait clairement pas être mieux choisi, concis et court, il marque, il fait cogiter… Allez-vous êtres outrés à la lecture de ce roman ? Oui, totalement oui ! La quatrième de couverture est assez explicite, le résumé est intriguant, à tel point que n’importe quel lecteur pourrait se jeter dessus sans réellement savoir dans quoi il s’embarque. A mon sens, ici il manque la présence d’avertissement sur le livre, surtout qu’il va sûrement se retrouver en librairie aux côtés de tout le flot de romances à la mode… Mais Outrage n’est pas une romance… Et je suis un peu horrifiée de me dire que le roman va être à la portée de tous les lecteurs, alors qu’il s’adresse à un lectorat plus âgé et plus à même d’apprécier la teneur de l’histoire.
Ce roman est publié par les éditions Hugo & Cie, ne faites pas l’amalgame avec la collection Hugo new romance… Rien à voir. Outrage est un roman destiné à un public averti, le contenu hautement psychologique et sexuel pourrait heurter la sensibilité des lectrices. Le roman fait déjà beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux, et ce, avant même qu’il soit sorti. Mais n’est-ce pas là le but d’écrire un tel roman ?
En terminant ce roman, j’étais figée. Statufiée par ce que j’ai lu. Dégoûtée par ce que je n’ai pas réussi à lire. Oui j’ai eu la nausée, je ne suis pas langue de bois, certaines scènes m’ont révulsée. Stimulée intellectuellement par la façon dont l’auteure nous a présenté l’emprise et le déchirement amoureux. Je garde tout de même un goût amer en bouche après mûre réflexion !
Rose, notre héroïne est un électron libre, indépendante, torturée, traumatisée par les abus qu’elle a subi dans sa jeunesse, elle s’est forgée une carapace. Elle fuit l’amour comme la peste, elle prend tout le reste. Le sexe, le plaisir, la perversité… Jusqu’au jour où elle va faire la connaissance d’Alex, un artiste, un mec tout aussi névrosé qu’elle. Mais pour lui, Rose voudrait changer. L’aimer exclusivement, mais Alex est le genre d’amour toxique qui détruit pour reconstruire sa partenaire. Alex va la briser, la façonner, l’aimer d’un amour malsain et destructeur. Mais Rose se retrouve dans le tourbillon d’une relation à sens unique. L’emprise psychologique qu’Alex a sur Rose est indéfinissable, mais cette relation la bouffe, l’étouffe et la bête rugit en elle… Et puis vient l’inévitable, la rupture, le déchirement et Rose n’a qu’une solution pour faire taire cette souffrance sourde qui la rend folle, elle va se raccrocher à son addiction au sexe… Noyer ce chagrin, cette brûlure qui la consume.
J’ai décidé de ne pas mettre de note à ce roman, comme je n’essaierai pas de le classifier. Car c’est un Objet Littéraire Non Identifié… On ne peut pas le réduire à une seule catégorie, car le récit est brut, animal et primitif. On dépasse la littérature érotique, car on franchit très souvent la frontière avec la pornographie. La plume de Maryssa Rachel est brute de décoffrage, n’espérez pas avoir des étoiles plein les yeux et des papillons dans le ventre, mais attention aux éclaboussures de fluides corporels en tout genre. L’histoire de Rose est sombre et déchirante. Cette héroïne m’a marquée et prise aux tripes, car tout le côté emprise psychologique est renforcé par le contenu sexuel du récit. Contenu hard, très hard. Attention, Maryssa Rachel ne prend pas de pincette, une bite est une bite et le vocabulaire est des plus cru et hard. Rose est une consommatrice, elle use et abuse de sa sexualité débridée, Rose n’a pas de limites… J’ai pu m’apercevoir que j’en avais, certaines scènes ont été une véritable épreuve, l’auteure m’a perdu avec la scène de zoophilie, à ce moment là je ne pensais pas qu’elle pourrait aller aussi loin, et pourtant elle l’a fait…
Le récit est assez bien construit, car l’auteure alterne le présent de Rose avec des chapitres qui nous permettent de comprendre sa descente aux enfers. Elle a su mettre en scène la violence des sentiments amoureux dans une relation toxique. L’auteure nous démontre que l’humain peut retrouver ses plus bas instincts, se complaire dans l’autodestruction, du moment que l’on étouffe sa souffrance. Les chapitres sont courts, ce qui imprime un rythme étourdissant au récit. On évolue avec Rose, on souffre avec elle, on est pris à partie de ce qu’elle va vivre aux côtés d’Alex. Cet homme que j’ai détesté mais que j’ai compris dans sa complexité. Alex est possessif, jaloux et il désire avoir les pleins pouvoirs sur Rose. La jalousie est un sentiment qui est très bien exploité dans le récit, pour en connaître quelque chose j’ai trouvé que l’auteure a su nous montre que la jalousie est la pire des sensations, et que ce sentiment est destructeur.
Le roman est divisé en deux parties. Si je pensais que la première partie était trash, et bien la seconde m’a démontré que le début était finalement très soft ^^ Dans la première partie, on vit le quotidien de Rose dans sa relation avec Alex. Ses contradictions, ses désirs et ses doutes, mais aussi sa souffrance qui grandit à mesure qu’elle essaye de trouver sa place dans cette relation toxique. La seconde partie est plus choquante encore, elle nous conduit à suivre Rose dans sa déchéance, oublier Alex dans les bras d’autant de partenaires sexuels qu’il faudra. Des vieux, des jeunes, des pervers, des femmes… Rose n’a pas de limites, elle prend tout ce qui vient… Du sexe trash, des pratiques épouvantables, j’avoue que j’ai survolé certaines scènes beaucoup trop hard pour moi, et pourtant j’ai une tolérance assez élevé en matière de sexualité, j’ai aussi l’esprit très ouvert, mais pas assez pour cautionner la zoophilie… Là ce fut la douche froide ! J’ai d’ailleurs fait une petite pause après ce passage que je n’ai pas lu dans son intégralité… Maryssa Rachel est allé trop loin dans le voyeurisme.
Maryssa Rachel ne cherche pas à faire rêver ses lecteurs, elle veut les marquer, les rendre malade, les choquer, les toucher… En ce qui me concerne elle a touché la lectrice qui aime lire au-delà des mots, qui aime comprendre le genre humain dans tous ces travers, dans l’animalité et la perversité. Ce genre d’ouvrages, de pratiques existent depuis la nuit des temps… Ne vous offusquez pas de voir fleurir ce genre de récit…
Mon sentiment n’est pas négatif sur ce roman, car j’ai aimé certains aspects, mais je me dois d’avertir les lecteurs, à mon sens il devrait se trouver en librairie spécialisée, là ça me gêne énormément de me dire que demain il pourra se trouver dans n’importe quelles mains… De jeunes lectrices ne peuvent pas se retrouver à lire ce genre de récit… Les lectrices de romances ne sont pas les cibles d’un tel récit, elles vont démonter le livre en n’y voyant là qu’une succession de scènes pornos hard… Mais derrière tout ce sexe, derrière toutes ces éclaboussures de sperme, se trouve des vérités… Sur l’hypocrisie, sur la société telle que nous la connaissons. Sur le mensonge et sur la complexité des sentiments amoureux.
Outrage n’est pas un livre que l’on décide de lire sur un coup de tête, si ce titre vous intéresse je vous invite à vous renseigner sur l’auteure, à explorer son univers et à ne pas juger si vous ne l’avez pas lu. Je sais de quoi je parle, je l’ai lu, j’ai aimé certains côtés, exécré d’autres. J’ai été outrée au plus profond de moi, me posant des questions existentielles. Comment on peut en arriver à ce stade d’autodestruction ? Comment peut-on aimer telles ou telles pratiques dégradantes ? Dégoûtantes ? Mais qui suis-je pour juger les goûts des autres ? Qui suis-je pour juger la façon dont les autres gèrent leurs souffrances ? Ici, encore il est question de tolérance et de contexte. La descente aux enfers de Rose, cette héroïne qui s’est construite dans la douleur. Maryssa Rachel est le porte parole de toutes les communautés dans lesquelles elle évolue. Son roman est le reflet d’un monde dont on ne soupçonne pas l’existence.
Donc, oui, j’ai lu ce livre et j’en ressors profondément retournée. Mon cerveau est encore en ébullition. J’ai été outrée par tous ces corps à corps malsains, par ces scènes porno. Mais n’était-ce pas le but ? Je pense que le pari est réussi pour l’auteure, elle a même failli me faire vomir, c’est pour dire que le roman m’a touché. Le style de l’auteure ne plaira pas à tout le monde, elle dresse son majeur face à la société qui souhaite nous convaincre qu’il faut rentrer dans le moule des convenances.
Maryssa Rachel met en lumière tout ce que personne n’ose afficher, nos travers, nos fantasmes malsains, c’est une généralité, ce roman est à lire en mettant vos préférences et vos a priori de côté. Je n’ai pas forcément toujours réussi à passer au-delà de mon dégoût, mais j’ai poursuivi ma lecture dans le but d’accompagner notre héroïne jusqu’au bout.
Enfin, la question finale ? Est-ce que je vous conseille la lecture de ce livre ? Mon avis est assez flou concernant cet ouvrage, je reste sur la réserve quant au contenu, même si le côté psychologique rehausse l’ensemble. Ce livre plaira aux lecteurs avertis, sensibilisés au fait que ce roman n’a pas pour but de vous faire rêver, il a pour but de vous montrer toute l’emprise que l’amour peut avoir, mais c’est surtout une histoire de contexte, ici notre héroïne est déjà dans l’extrême et dans l’autodestruction, tout est amplifié, noirci par ces effusions de sexe. Un roman avec un contenu outrageux, hautement psychologique. J’ai relevé des passages très parlants, qui nous démontre que l’histoire ne se limite pas à la sexualité et aux travers de notre héroïne. Si vous vous sentez assez courageux pour braver l’histoire de Rose c’est que vous avez vraiment envie de découvrir ce que cache cette belle couverture. Maintenant si vous êtes prompts à juger, à dire « c’est de la merde », « c’est dégueulasse »… sans avoir une bonne argumentation derrière… et bien ne vous lancez pas… Pour les autres, en selle et on en parle. ÂMES SENSIBLES S’ABSTENIR !!!
http://www.unbrindelecture.com/2017/0... Une expérience littéraire plutôt sombre et sans grand intérêt. Il m'a manqué de la cohérence et peut-être également un attachement à cette héroïne trash , sans limite et totalement perturbée... Une histoire loin de la romance qui frôle parfois à la pornographie qui mériterait d'être classé bien loin de ses styles littéraires à la mode . Attention réservé à un lectorat plus qu'averti !!!!
Bon, ce n'est pas mal écrit, loin de là. L'auteure a un style bien à elle mais qui ne me correspond pas. Trop introspections, peu de dialogues et, du coup, ça m'a ennuyée. De plus, ce n'est pas du tout une romance et c'est plus qu'un roman érotique... Des scènes très dures, des situations dérangeantes humainement et sexuellement, voire bouleversantes... C'est sûr, ça ne fait pas rêver... Pas accroché mais, pour moi, ce livre n'est pas mal écrit, il est juste pour un autre lectorat...
Pour une sortie de zone de confort, c'est très réussi. Cette lecture m'a totalement dépaysé. Je vous préviens, par contre, cette oeuvre n'est pas pour tout le monde. L'écriture est très crue et les thèmes très durs. Il mériterait un avertissement en grosse lettre sur la page couverture (c'est drôle comme certains ouvrages portent cette marque alors qu'ils ne les méritent pas et que celle-ci ne la porte pas alors qu'elle lui irait parfaitement).
Ceci étant dit, j'ai absolument adoré. La seule critique négative que je pourrais porter à ce roman est l'utilisation de phrases très courtes. Pour le reste, c'est une oeuvre d'art comme aucune autre.
Le passé de Rose nous est révélé dès le début et c'est tant mieux, car de là va découler sa descente aux enfers. Et quelle descente ! Elle va commencer le processus (délibéré) de déconstruction extrême. Elle va totalement se démolir pour se permettre de se reconstruire. Dans la première partie du livre, elle est accompagnée dans cette destruction, mais dans la deuxième partie elle est laissée à elle-même et là, attention, la descente est rapide et sans merci.
Ce roman m'a fait beaucoup pensé à Fight Club, mais au lieu d'utiliser les batailles extrêmes comme outils de destruction, c'est le sexe qui est utilisé.
Cette lecture m'a été très difficile par moment. Certaines scènes m'ont littéralement dégoûté, alors que d'autres m'ont excité au plus haut point. Ne vous méprisez pas, ce livre n'est pas un livre érotique comme les autres, ce n'est pas une oeuvre masturbatoire (quoi que parfois...). C'est plutôt une oeuvre littéraire profonde qui utilise l'érotisme, le sexe, la débauche comme outils de communication.
Certaines critiques sont très dures avec cette oeuvre pour les scènes avec le père de Rose. Je ne spoilerai personne en disant que Rose a vécu une relation incestueuse avec son père dès un très jeune âge. Le problème vient du fait que malgré son jeune âge (7 ans) elle aimait ça, elle désirait sexuellement son père. Je sais, je sais, impossible me direz-vous, inconcevable, dégueulasse! Mais rien n’empêche que ce soit précisément ce fait qui explique l'ampleur de sa descente aux enfers. Elle ne peut se considérer telle une victime (dans sa tête du moins) de son père puisqu'elle le désirait. Elle est donc prise avec ce conflit émotionnel qu'elle n'est pas en mesure de gérer.
Ce roman traite de la laideur des émotions, de la douleur de l'amour et de la haine viscérale que porte Rose (l'auteur?!?) pour la normalité, l'ordinaire, le drabe.
Si un jour la pudeur de notre société et de nos institutions laisse place à la liberté intellectuelle et à l'ouverture d'esprit, cette oeuvre sera certainement le sujet d'études littéraires pour les générations à venir.
Un roman sombre, perturbant, choquant, dérangeant… L’histoire d’une femme qui souffre et qui mène une vie hors normes. Une lecture réservée à un public averti !
Un livre (on y retrouve Rose après "Décousue" de la même autrice) qui derrière sa polémique a des choses à raconter. A vous de voir si vous êtes capables de les entendre.
J’ai voulu boycotter ce livre, après avoir vu passer un flot d’horreurs à son sujet sur les réseaux sociaux.
Mais condamner un livre sans l’avoir ouvert porte un nom : préjugé. Je me suis donc demandé si j’avais raison de me baser uniquement sur la bonne parole du tout Internet. Qu’est-ce qui pouvait justifier une telle censure ? Est-ce que les critiques prononcées à son égard étaient réelles ? Est-ce que ce livre est vraiment un ramassis d’immondice ?
Tout d’abord, j’aimerais juste ouvrir une parenthèse sur le puritanisme littéraire : - Lolita de Nabokov : immense classique acclamé (et décrié) à travers le monde. Thème : pédophilie - le Marquis de Sade, présent bien avant 50 nuances de Grey niveau fessée - Apollinaire n’a pas fait que de jolis poèmes, si vous voulez rosir comme une petite crevette, testez par exemple ses « Exploits d’un jeune Don Juan » Vous voulez du plus moderne ? - Millenium : scène d’humiliation et viol - Outlander, qui se vend comme des petits pains sortis du four : tentatives de viol innombrables et scènes d’humiliations - Enfin, que dire du cultissime Games of Throne ? Alors là, nous avons un petit package de viol, inceste, humiliations…
Ces œuvres, présentant à un certain moment de leur récit des sujets difficiles, doivent-ils être censurés ? N.O.N. Bien sûr que non !
Bon, et donc mon avis sur Outrage ? C’est très loin d’être un chef d’œuvre, c’est très cru, souvent sale mais très franchement, ça ressemble beaucoup à du Virginie Despentes ! On aime ou on aime pas, ça va de soi mais ce n’est nullement pire !
[N.b. 1 : En y réfléchissant, ça a un petit côté Requiem for a dream aussi, pas tant niveau drogue mais niveau addictivité malsaine] [N.b. 2 : Je n’ai pas été tellement choqué par les propos, je m’y attendais et je pense qu’on peut sortir quelques réflexions intéressantes de la partie 1 mais la partie 2 m’a totalement ennuyée : trop de redondances. J’ai abandonné durant cette partie.]
On peut s’arrêter à des passages dégueulasses mais les sortir de leur contexte confère à une forme d’hypocrisie. Je n’ai lu à aucun moment que l’auteure ou son héroïne encensait la pédophilie, l’inceste… Elle en parle car c’est un traumatisme. Un énorme traumatisme sur lequel elle a construit sa vie de femme. Je vous laisse imaginer le genre de dérives psychologiques que cela peut engendrer.
Je suis persuadée que rendre tabou l’inceste, le viol… ou toute autre sorte de dérive sexuelle, n’aide pas les victimes à aller mieux et à en parler. Stigmatiser quelqu’un, c’est le rendre prisonnier de son passé.
Pour la partie 1, si vous voulez tout savoir, l’histoire parle surtout d’une femme qui aimerait se débarrasser de ses démons intérieurs et vivre pleinement son histoire d’amour. Mais pas de bol : elle traîne un passé lourd comme un semi-tonne et son « chéri » est loin d’être l’homme le plus équilibré de l’univers. Donc ils se heurtent, s’entrechoquent, se brisent mutuellement. Il ne peut pas la sauver et elle ne sait pas se sauver elle-même. Et ils sombrent dans des jeux crades et pervers. Elle n’a connu que du sexe sale donc que fait-elle ? Ce qu’elle a toujours connu. La partie 2, en revanche, est… inutile. Des chapitres très courts sur ses expériences sexuelles toujours plus hard. Ca m’a gonflé, c’était répétitif avec aucune réflexion derrière, j’ai stoppé là.
Globalement, c’est too much, déprimant et bien trop glauque à mon goût (donc je ne retenterai pas de sitôt !) mais je voulais me faire ma propre opinion et c’est chose faite. Je reste formelle sur le fait que la première partie ressemble à du Despentes avec ces descriptions froides, crues, vulgaires, parfois poétiques et souvent rédhibitoires d’une certaine forme de réalité.
En revanche, là où je rejoins à 100% l’avis général, c’est qu’il devrait y avoir un bandeau explicite sur son contenu. Les éditions Hugo doivent comprendre qu’ils ne sont pas la Musardine, qu’ils possèdent déjà un certain lectorat (jeune et potentiellement fragile !) et que l’auteure n’est pas suffisamment connue pour qu’on sache reconnaître son style (d’écriture et de sujet). Leur bandeau actuel (s’ils ne l’ont pas changés) ne réflète en aucune mesure le contenu du livre et ça, c’est une vraie erreur marketing ! Ne trichez pas et n’idéalisez pas une forme de violence sous couvert d’histoire d’amour et de recherche de soi.
Bref, vous-seul êtes à même de déterminer votre niveau de tolérance et de censure mais restez libre de trois choses : vos choix, vos opinions et bien sûr, vos lectures ! ;)