Michael est hanté par le naufrage qui a coûté la vie à ses parents. La mer le terrifie autant qu’elle le fascine. Chercheur en biologie marine, il s’engage dans une expédition scientifique en Antarctique pour se confronter à ses démons. Dans l’ombre, une mystérieuse organisation le surveille. Masha, l’un de ses agents, a des directives claires : Michael ne doit jamais atteindre le pôle Sud.
Cela fait plusieurs années que j’entends parler de Lionel Davoust sans avoir jamais rien lu de lui. Il était grand temps de réparer cette erreur, et c’est avec un thriller fantastique que j’ai choisi de le faire. La chute est le premier tome d’une trilogie où les Hommes sont les pièces vivantes d’un grand échiquier, victimes de joueurs aux pouvoirs extraordinaires. Un roman totalement maîtrisé qui vous laissera avec un sentiment de frustration assez intense, disons-le !
Mais commençons par le commencement : de quoi ça parle ? De Michael Peterson, chercheur en biologie marine, marié et père de famille, aux prises avec un traumatisme remontant à l’enfance : une peur phobique de l’océan suite à la disparition de ses parents dans un naufrage quand il avait sept ans. Une terreur qui s’accompagne néanmoins d’une sorte de fascination pour la mer et d’un amour sans bornes pour ses créatures. C’est ainsi qu’il s’apprête à partir pour un long séjour de trois mois en Antarctique, en mission scientifique. De quoi se confronter à sa plus grande peur et pourquoi pas… la vaincre ?
Ce serait compter sans le Comité. C’est un très vieil organisme qui, sans qu’on sache pour quelle raison, cherche à empêcher Michael de vaincre ses peurs en se rendant en Antarctique. Megan, sa propre femme, est employée en secret par cette organisation. C’est une Mage aux étranges pouvoirs de persuasion qui suit la voie de la Main Gauche mais se voit contrainte d’obéir aux ordres de Joueurs Supérieurs et d’essayer de ramener Michael dans le giron du Comité.
De quête initiatique en complot machiavélique, La chute nous emmène au pôle Sud, sur un continent froid et aride, soumis à d’effroyables tempêtes, dans un monde dur et sans compromis. Un premier tome qui mélange les genres. C’est un thriller, on ne peut pas le lui enlever, mais on y perçoit un courant fantastique sous-jacent qui navigue entre l’attrait qu’exerce Michael sur les créatures marines et les pouvoirs des Mages du Comité. L’auteur est habile, les cauchemars de Michael sont très réalistes, les remous de l’océan le sont tout autant, et pourtant son texte ne manque pas d’une certaine poésie.
Et que dire du dénouement ? Lionel Davoust nous plante là, avec un millier de questions ! Car on n’est guère plus avancé sur le jeu du Comité, pas plus que sur la manière dont Megan réussira ou pas à échapper à son emprise. Quant à Michael, qui est-il et qu’est-ce qui l’attend réellement à Punta Arenas ? Quand je parlais de frustration, on est en plein dedans. Parce qu’une partie des réponses se trouvent probablement dans le tome 2 alors il n’y a plus qu’à courir l’acheter !
Suite au salon Octogones en octobre 2014,j’ai eu l’occasion de discuter avec Lionel Davoust, que j'ai découvert à travers le recueil de nouvelles "Coups de coeur des Imaginales". Après quelques conseils de sa part, je me suis penchée sur son thriller fantastique : Le mystère Léviathan, qui constitue une trilogie.
Je me suis décidée de le lire peu avant les Oniriques pour pouvoir en discuter un peu avec lui lors de ses dédicaces.
Je dois avouer que j’ai été très vite happée par l’histoire. On découvre Michael Peterson, un biologiste d’une trentaine d’années, qui a survécu au naufrage du paquebot le Queen dans lequel ses parents ont disparu lorsqu'il avait 7 ans. Depuis, il apprend à vivre avec sa peur de l’eau et de tout ce qui touche à l’océan. Il va même au-delà de ses terreurs en acceptant de partir en mission pendant 3 mois dans l’Antarctique pour faire des recherches dans son domaine.
Il vit à Los Angeles, avec sa femme Megan, et leur fils Eric, 8 ans. Le lecteur fait la connaissance de Michael lors de son pot de départ. Mais la mission de Michael est mise en danger. En effet, de nombreuses personnes qui le convoitent dans l’ombre font tout pour l’empêcher de partir et de révéler un grand secret. Ces personnes font partie du Comité.
Le roman s’étale sur une durée approximative de 3 semaines. On découvre les points de vue de plusieurs personnages, particulièrement ceux de Michael et de Masha, un membre de la Main Gauche, qui suit les ordres du Comité.
Concernant les personnages, je me suis prise d’empathie, allant même jusqu’à plaindre ce pauvre Michael qui ne se doute pas une minute de l’environnement dans lequel il pensait s’épanouir. C’est un peu le Truman du film Truman Show. J’ai adoré Masha, c’est une femme forte et déterminée, mais qui nous montre en même temps ses faiblesses. Elle est prise entre les griffes du Comité et tente du mieux possible de se sortir de ce jeu dans lequel elle s’était lancée il y a tant d’années.
Au niveau des personnages secondaires, j’ai vraiment trouvé qu’ils étaient tous réalistes ! J’ai aimé m’énerver après Joshua Sork, ou bien après Sandra…
J’ai été étonnée de la dimension que prend la tournure du récit. En effet, Lionel Davoust se révèle habile dans la manipulation de ses personnages et la psychologie de ses personnages. Il y a une part mystérieuse qui survole le roman. On se demande tout du long ce qu’est la Main Gauche, la Main Droite, le Jeu Supérieur ou encore le fameux Comité. J’ai eu l’impression de découvrir une secte, qui entraîne les membres de plus en plus loin dans leurs missions, et dont l'enjeu principal dépasse l'entendement. Il me tarde d'en apprendre plus à leurs sujets.
Mais ce qui m’a le plus plu, c’est l’environnement. En effet, ce roman a pour fond de décor l’océan et l’antarctique. Et pour le coup, on voit que Lionel Davoust a vraiment poussé les recherches dans ce domaine. Entre les descriptions du voyage en mer, pendant lesquelles j’aurai presque eu des nausées ou encore la découverte de la faune et la flore, j’ai été servie en dépaysement. J’ai également apprécié les divers déplacements des personnages, me permettant, par exemple, de découvrir Punta Arenas.
Je craignais, un peu avant ma lecture, que ce soit trop scientifique pour que je comprenne mais finalement, le style d’écriture est très fluide et tout est bien expliqué pour que les novices s’y retrouvent !
Et surtout, qui sont ces entités qui tirent les ficelles? Tout au long des discussions ou des scènes les concernant, je me suis surprise à m'imaginer qui ils sont mais je pense que je suis loin de la réalité!
En quelques mots, Lionel Davoust signe là un premier tome rythmé, fluide, bien écrit, qui apporte au lecteur de nombreuses connaissances en matière d'océanographie, de faune et de flore au pôle Sud. C'est également un thriller dépaysant et original qui nous entraîne dans des complots et des manipulations qui dépassent la raison! Plus on avance, plus on veut en apprendre, grâce notamment à la multinarration des personnages centraux.