Ce livre est très court, 60 pages seulement, et il s’agit d’une pièce de théâtre qui met en scène deux personnages, un dealer et un client, en pleine nuit.
Pour commencer, le titre « Dans la solitude des champs de coton » m’a tout de suite attiré. Il fait référence aux esclaves des champs de coton qui se sentaient seuls, alors que, paradoxalement, ils étaient très nombreux. Sans surprise, je m’attendais à une histoire touchante entre le dealer et le client, mais ça a été tout l’inverse à mes yeux. Dans cette histoire, les deux personnages ne font qu’essayer de se convaincre de quelque chose. Le client veut persuader le dealer qu’il n’a rien à lui acheter et le dealer veut persuader le client qu’il a quelque chose qui l’intéresse, mais qu’il ne peut pas encore le lui montrer.
Le style de l’auteur ne m’a pas plu du tout. Sur 50 des 60 pages, les deux personnages font des monologues de plusieurs pages où chacun fait semblant de répondre à l’autre. Cependant, ce style n’est pas inefficace pour autant, car il permet effectivement aux personnages d’exprimer le fond de leur pensée. Le client affirme que le dealer ne lui offre rien, pourtant il lui permet de s’ouvrir et de parler de sujets profonds. En ce sens, le dealer a effectivement offert quelque chose à ce client (l’opportunité de discuter), ce qui lui donne raison, et le client, de son côté, a eu raison de dire qu’il n’a rien à acheter au dealer, puisque ce que lui propose le dealer n’est pas monnayable.
Certaines phrases m’ont également touchées, comme celles-ci :
« Aujourd’hui que je vous ai touché, j’ai senti en vous le froid de la mort, mais j’ai senti aussi la souffrance du froid, comme seul un vivant peut souffrir. » p.36
« S’il est dur de haïr seul, à plusieurs cela devient du plaisir. » p.55
Ainsi, il y a quelques points positifs, mais je ne suis pas convaincue pour autant. En lisant cette pièce de théâtre, j’avais l’impression d’être passée à côté de plusieurs choses tant le style était complexe, du coup je n’ai pas tellement apprécié ma lecture. Selon moi, cette œuvre ne se suffit pas à elle-même, il faut lire des analyses sur celle-ci à côté pour la saisir. Toutefois, je comprends totalement pourquoi d’autres personnes ont pu l’apprécier, elle innove en beaucoup de points, mais la manière de présenter l’histoire et le style de l’auteur ne m’ont pas permis d’apprécier cette histoire à sa juste valeur.
En définitive, pour moi, le seul « vrai » point positif à mes yeux est que ce livre est très court, ce qui fait que je n’ai pas eu à souffrir bien longtemps en le lisant… Ce sera un 1/5 pour moi, je ne pense pas le relire et je ne pense pas le recommander à mes proches.