Durant une année, le quotidien d’une jeune enseignante de primaire, Emma, nommée dans un quartier populaire, confrontée à des enfants en grandes difficultés scolaire, affective, sociale. Elle s’attache notamment à Ryan, un garçon dont on va progressivement découvrir la maltraitance. Un roman d’une grande force, à la fois émouvant et politique, dans le meilleur sens du terme : quelle école et quelle société voulons-nous pour nos enfants ? Rachel Corenblit a été enseignante en primaire puis formatrice d’enseignants pendant dix-huit ans. Elle s’est inspirée de son expérience professionnelle pour écrire ce roman.
Emma est une jeune enseignante qui récolte les classes les moins faciles dans les premières années de sa carrière. Elle finit par se poser dans une école qui est n'a rien du Klondike! Enfants issus de l'immigration, troubles mentaux, abus physiques et mentaux, pauvreté et j'en passe, rien n'est gagné d'avance. Pourtant, elle survit et fait sa place auprès de ces jeunes presque abandonnés. Certains sont durs, d'autres brillants, mais pratiquement tous méfiants de cette jeune institutrice presque trop gentille pour eux.
L'avantage de ce roman est qu'il est court, parce que franchement on fait vite le tour de la question. Je ne veux en rien diminuer le travail de ces enseignants ou celui de l'auteure. Mais je pense simplement que le sujet n'avait rien de nouveau pour moi. Il fait état des écoles que l'on peut retrouver dans plusieurs pays du monde, mais plus particulièrement en France où les portes ouvertes de l'Europe permet d'avoir des classes très multiculturelles. S'adapter aux façons de faire des ces enfants et surtout de leurs parents peut être un vrai défi.
En parallèle, il y a la vie d'Emma aussi qui se décourage parfois et déprime sur le divan de sa mère. On peut très comprendre car le métier d'enseignant en est un où l'on peut parfois se sentir impuissant devant les situations critiques des enfants.
"Ne pas s'attacher aux gens.
Simplement les aimer. Les supporter. Les accompagner. Et les laisser partir."
Ironiquement, ce roman est sorti en août juste avant la rentrée des classes. Ce n'est peut-être pas le meilleur roman à lire pour un enseignant qui s'interroge sur sa carrière, mais il en est un que chaque parent devrait lire pour comprendre la réalité du métier et arrêter de chialer sur le prof comme on dit ici!
J'ai dévoré ce livre en deux soirées. C'est une vraie claque, un coup au coeur, une baffe. On suit le quotidien d'Emma, une institutrice de primaire, dans une école pas super bien placée, avec des élèves pas très faciles, aux passés parfois plus lourds qu'eux. On suit le quotidien d'Emma à l'école, mais aussi en dehors, on la découvre dans sa vie privée, avec ses amis, et ses problèmes. C'est une merveilleuse lecture, incroyablement dure et éprouvante, mais c'est si bien écrit, c'est si touchant, que vraiment... je ne peux que vous le recommander.
(attention cependant, il y a vraiment des scènes très très dures en relation avec les enfants, qui vont de la simple brimade - déjà dure à lire - à des violences assez insoutenables à lire, personnellement j'ai du faire des pauses dans ma lecture, pour respirer et pour sécher mes larmes)
Emma est jeune enseignante et hérite bien entendu en début de carrière d'une classe dont personne ne veut. Elle se retrouve à l'école des Acacias, une école de douze classes, 300 élèves, dans un quartier défavorisé.
"Une classe c'est comme un roman. Vingt-six histoires qui se combinent, qui se heurtent, qui s'emboîtent. Cinq jours sur sept, de huit heures du matin jusqu'à la fin de l'après-midi, près de neuf mois dans une année, des histoires se tissent. Si l'on calcule le temps passé ensemble, on s'effraie de constater à quel point une classe absorbe les individus qui la constituent."
Un roman, une fiction c'est pas si sûr que cela, l'auteure a été enseignante durant quinze ans puis formatrice d'enseignante. Elle nous présente une classe en milieu défavorisé. Elle rassemble certes beaucoup d'"attachiants", attachants, de chiants comme elle dit.
On suivra en particulier l'histoire de Ryan dont les parents sont divorcés. Il arrive de Marseille en cours d'année. Il y a aussi Michel qui est mal dans sa peau, Lola dont la mère souffre d'un cancer et vit dans la misère à quatre dans un petit studio, Molly l'enfant maltraitée, Emir, une petite frappe au père redoutable, Allan livré à lui-même dont on ne s'occupe pas et d'autres destins malheureux.
Emma essaiera d'établir le contact avec les parents démissionnaires. Elle ne comprendra pas toujours l'attitude de Aucalme, le directeur de l'établissement. Tous les deux feront de leur mieux avec les moyens dont ils disposent. Emma rencontrera Mathieu et nous contera en parallèle à tout cela sa vie sentimentale.
Un regard sur notre société, sur le monde des enseignants,. Des doutes, des remises en question, de la difficulté mais aussi de la passion d'un métier ingrat donnant parfois des envies d'abandonner tout mais à d'autres moments de grandes joies et des petits moments de bonheur.
Un très beau récit choc.
Ma note : 8.5/10
Les jolies phrases
Le cadeau qu'on offre aux débutantes pleines d'enthousiasme et de zèle pour qu'elles comprennent que l'Education nationale était à l'image de la vie, un monde sans pitié où il fallait avant tout s'adapter. Pour qu'elles réalisent aussi que la vocation, c'était un mythe, un délire romantique, qu'il fallait vider de ses idéaux pour appréhender la substantifique moelle du métier : apprendre à survivre.
On est pas là pour sauver la vie des gens, on ne peut pas changer les destins, on ne sert pas à grand- chose, finalement. Un caillou ne dévie pas le cours de la rivière et je suis quoi, moi, une caillasse, un galet, rien, et l'eau me passe dessus et les emporte, ces gosses, loin, sans que je puisse rien faire.
Quand on essaie de se fixer quelque part et qu'on n'a pas de mari, pas d'enfant, pas de chat, rien qui compte dans les points du barème, on est sûr, en tant qu'enseignant débutant, de finir là où personne ne souhaite aller.
Une classe, c'est comme un roman. Vingt-six histoires qui se combinent, qui se heurtent, qui s'emboîtent.
A réfléchir sur la nécessité de vivre avec quelqu'un qu'on n'avait pas vraiment choisi. Qui s'était imposé et dont on aurait du mal à se débarrasser.
Peut-être qu'elle voulait raconter à Emma comment c'était humiliant, de ne pas pouvoir aider son enfant, de la laisser se débrouiller dans une langue qu'elle ne possèdait pas. De ne pas être à la hauteur. Nos enfants nous dépassent, nos enfants nous enterrent, nos enfants nous survivent. Comment dit-on, en français, cette infinie tristesse de les contempler, de constater à quel point ils nous sont étrangers ?
On pourrait sauver l'humanité rien qu'en sortant ces enfants des limites de leur territoire.