Marie-Adelaide, nee sous X, a la rage au ventre; elle a un destin, mais ne sait pas encore lequel. Pas celui de caissiere a La Miche Doree. Pas non plus celui de ses rares copines, certaines connues en prison, d'autres camarades de galere et d'errance. Serait-ce celui de nounou des enfants impeccables de la Sublime ? Ou celui de retrouver sa mere coute que coute ? Son destin, elle va le chercher avec les moyens dont elle dispose le culot, la parole qui frappe, l'humour cinglant, l'insoumission a son milieu, la revolte contre toutes les conventions. C'est une heroine de notre temps.
Ce nouveau roman n’a pas été pour moi aussi fort que Bilqiss. L’héroïne a de la rage en elle et un regard incisif sur la société. La recherche d’une mère et les marques d’une naissance sous X sont la trame de fond de ce livre qui n’a pas su me toucher comme je l’aurais espéré.
C'était un vrai plaisir de retrouver la plume incisive de Saphia Azzeddine. Tout comme Bilqiss (et je pense que ce coup de coeur qui me rend aussi sévère avec Sa mère), ce roman est insolent, grinçant. Le ton était donné dès le début, ce qui me donnait à espérer qu'il s'agissait d'un nouveau roman prometteur. Malheureusement, j'ai très vite été coupée dans ma lecture par un choix narrative qui, bien de loin de participer à la pensée en arborescence de la narratrice, donne l'impression d'un raté dans la construction. L'analepse qui retrace le passage en prison de Marie-Adélaïde a créé un effet de rupture qui m'a surprise, dans la mesure où je n'ai guère compris le sens de ce choix. Les deux fils narratifs - celui tissé depuis le début et celui qui se déroule depuis cette anecdote - finissent certes par se rejoindre rapidement pour permettre au récit, toujours entrecoupé de souvenirs émouvants et de réflexions cinglantes, de reprendre sa linéarité, mais j'ai trouvé cela très curieux. Néanmoins, ma vraie déception réside dans l'orientation que Saphia Azzeddine a choisi de donner à son roman. Très vite, ce dernier devient prétexte à la peinture du grand monde parisien qui, il faut le dire, se révèle sans grande originalité. Les personnages perdent de leur épaisseur au fil du roman pour se figer en clichés ambulants. Très dommage, car certaines pages sur la maternité ou la déchirure qui habite Marie-Adélaïde, personnage que l'origine inconnu pousse à se construire par la seule force de ses mots, sont extraordinaires par leur justesse et l'émotion qu'elles dégagent. On ne peut que reconnaître la finesse de la plume de l'autrice, en espérant que son prochain roman soit plus incarné.
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Quel bonheur de retrouver la plume de Saphia Azzeddine. Ce roman m'a bouleversée pour plein de raisons et est redoutablement bien écrit. Les personnages de Azzeddine sont durs tout en étant touchants, à la fois uniques et caricaturaux. Elle ne cherche pas à camoufler ou à enjoliver la réalité, elle écrit sans fioritures et sans pudeur. Avec elle, je ne m'ennuie jamais.
Parmi mes extraits préférés, celui-ci : « … je n'en pouvais plus de voir tout le monde prendre le train en marche alors que je restais à quai, mon aigreur comprimée dans ma valise en carton, moi responsable de ma condition et eux, terriblement innocents de la leur. »
L’accouchement sous X – cette loi française permet à une femme d’accoucher et d’abandonner son bébé sans révéler son identité. Marie-Adélaïde était un tel bébé et comme elle ne connait ni ses parents ni son destin, c’est la rage qui la dirige dans la vie. Peu diplomate, elle a toujours des problèmes, avec ses camarades, ses collègues et même ses patrons. Elle ne peut ni ne veut accepter les conventions et en plus, elle ne peut pas imaginer des personnes qui ne lui veulent pas, qui l’aiment même et qui s’intéressent à elle. Le jour de son 18e anniversaire, elle a le droit de lire son dossier et d’avoir, finalement, un nom qui la mène à sa mère. Qui est cette femme qui a abandonné sa fille, qui ne s’intéresse pas à sa vie et son sort ? Y aura-t-il la chance de revivre une enfance passée ?
Marie-Adélaïde est une héroïne difficile à aimer. La colère qui règne en elle ne le rend pas facile à l’embrasser et comprendre. Le fait qu’elle se retrouve en prison n’est pas trop surprenant si on considère sa manière de traiter ses prochains. Son assistante sociale aussi met un grand effort à lui montrer comment retourner en société – mais Marie-Adélaïde a le sentiment d’être volée une enfance qu’elle aurait méritée et ainsi, elle n’est pas capable de se comporter doucement et tranquillement.
Le roman devient le plus intéressant au moment où Marie-Adélaïde commence à faire des recherches sur sa mère. Incrédule d’abord, elle ne peut pas croire ce qu’elle lit dans le dossier et ce que son détective privé révèle. La rencontre avec la mère, finalement, est aussi bien singulier et convient bien avec le caractère et la biographie de la fille. Le procès du rapprochement entre mère et fille est raconté avec une douceur éblouissante comme toutes les deux n’ont pas d’expérience avec la proximité, avec être mère ou fille, seulement des idées comment cela doit être, mais parfois cela a l’air de ne pas être correct et juste pour elles.
Encore une fois, comme dans les autres romans de Saphia Azzeddinne, l’auteur arrive à trouver un ton particulier pour sa narratrice qui reflète son état d’âme et son caractère. Marie-Adélaïde - déjà son nom signifie une rupture avec le destin attendu d’une fille adoptée - vit une vie « transitoire », entre réalité et rêve – des rêves qu’elle n’a pas. Elle a la tête sur les épaules et n’attend pas trop de sa vie ce qui la rend bien directe envers les autres. Quoique l’histoire soit pleine de chagrin et tristesse, il y beaucoup de moments à éclater de rire où au moins à sourire. Enfin, Marie-Adélaïde est aimable et on lui souhaite le meilleur – mais la vie ne fonctionne pas de cette manière.
Détrompez-vous ! « Sa mère », – qui prend un autre sens selon l'intonation – n'est pas seulement l'histoire de Marie-Adélaïde, la jeune femme née sous X de la quatrième de couverture que la vie n'a pas épargnée et dont le destin serait de partir à la recherche de sa génitrice ; c'est avant tout un roman sans fausse note qui dépeint une société complètement déséquilibrée.
« … je n'en pouvais plus de voir tout le monde prendre le train en marche alors que je restais à quai, mon aigreur comprimée dans ma valise en carton, moi responsable de ma condition et eux, terriblement innocents de la leur. »
Dans ce roman captivant à rebondissements multiples que j'ai dévoré sans m'arrêter, Saphia Azzeddine, la plume acerbe et intelligente, donne la parole à Marie-Adélaïde, narratrice et héroïne de notre temps, qui fait preuve d'une lucidité sans faille sur le monde qui l'entoure. C'est en ça qu'elle est une héroïne ; elle a compris les travers de la société, de ceux qui la composent et s'en rebelle, car avant tout, Marie-Adélaïde est une révoltée, si bien que tout le monde y passe.
Mais peut-être lui faut-il en passer par cette rébellion pour se retrouver ?
Un roman à la plume acérée, tranchante qui dénonce des thématiques sociétales d’actualité à travers l’histoire de Marie-Adélaïde, jeune femme née sous X en rébellion constante contre cette société qui l’empêche de trouver sa place. Les émotions ne sont pas au rendez-vous mais les propos vifs de l’auteur ont su me faire réfléchir.
Comme d’habitude Saphia Azzeddine délivre un roman fort avec son style particulier. Son livre un peu trop stéréotypé, qui malheureusement fait place à quelques facilites, reste malgré tout intéressant et se lit rapidement. Comment une jeune fille née sous X se protège émotionnellement, et arrive à se construire sans repère et sans amour?
Je l'ai lu il y a un moment donc je m'en souviens pas très bien. Le livre était pas désagréable mais c'est pas le livre de l'année quoi. Une petite histoire comme ça pour passer le temps