L’année 2012 a été marquante au Québec. Elle s’écoule dans ce roman à travers les Leduc : Philippe, Benoît, Jean et Marie, quatre frères et sœur. Le mouvement de l’Histoire est lent et chacun y inscrit sa trajectoire : de sa tour de bureaux, Philippe est témoin de la marche d’une nouvelle génération ; Benoît, un athée sur le chemin de Compostelle, se refait une santé amoureuse ; Jean, le vieil aigri qui n’en a plus pour longtemps à vivre, évoque ses défaites ; enfin, il y a la dernière tempête de Marie. Inspiré par les écrivains français du dix-neuvième siècle, Alexandre Mc Cabe tire le portrait d’une société neuve où l’ambition et l’amour, la désillusion et l’espoir se disputent l’avant-scène. Grâce aux destins croisés de ses personnages, il développe une sociologie du devenir québécois.
Alexandre Mc Cabe est né à Sainte-Béatrix en 1981. Il a fait des études en Lettres et enseigne aujourd’hui la littérature au Campus Notre-Dame-de-Foy. Son écriture prend racine dans la terre québécoise pour célébrer ceux qui la foulent. Il habite à Neuville près du fleuve.
L’histoire des quatre membres d’une famille sur fond de révolte étudiante est très habilement racontée par l’auteur, sous quatre formes différentes: chacun a une voie unique, du récit au journal. Et chaque histoire est un portrait à saveur sociologique d’une époque ou d’un milieu. Au final, UNE VIE NEUVE est une belle réussite quoique l’écriture manque parfois de relief et adopte un ton plutôt démonstratif. Malgré ce bémol, j’ai passé un bon moment de lecture. J’avais aimé CHEZ LA REINE du même auteur, j’ai préféré celui-ci, beaucoup plus abouti.
La fratrie des Leduc : Philippe, Benoit, Jean, puis Marie. Autre que le lien paternel, ils ont peu en commun. Échantillonnage d’une certaine élite québécoise (avocat, chroniqueur radio, sociologue, artiste). Roman à quatre temps, quatre approches : Un huis clos presque théâtral, un carnet de route, un monologue testamentaire, un récit traditionnel. À l’instar des recueils de nouvelles, le défi pour l’auteur est de capturer l’intérêt du lecteur texte après texte, de renouveler le désir de tourner les pages, d’établir, dès les premières lignes d’un nouveau texte, le lien avec les personnages et l’histoire qui est racontée. C’est toujours à recommencer. McCabe réussit. Par le roman, l’auteur emprunte la voix de ses personnages pour présenter un portrait lucide du peuple et l’État québécois, une vision sociologique du Nous québécois au Canada, en Amérique, dans le Monde. En fait, UNE VIE NEUVE est un essai maquillé en roman. Il s’agit là d’une lecture fort satisfaisante, à la merci de la plume habile de l’auteur, où le croisement des références et des destins contribue à maintenir l’intérêt du lecteur.
Quatre personnages, quatre parties. Des frères et soeur très différents les uns des autres voient la société québécoise à leur manière : un avocat, un homme partie en pèlerinage, un vieil homme sur son lit de mort et une maman de jumeaux. Je suis plutôt hésitante sur ce roman québécois, j'ai aimé le style, mais certaine parties ne m'ont pas du tout accrochée. J'ai beaucoup aimé deux parties sur les quatre que contient cette oeuvre. Le vielle homme sur son lit de mort qui retrace l'histoire politique du Québec m'a perdue. N'étant pas une grande fan de la politique, j'ai trouvé cette partie plutôt longue même si le narrateur était sympathique. L’auteur peint la société québécoise de manière à faire germer des réflexions chez le lecteurs. La plume poétique amène un plaisir et une détente dans la lecture.
Bien écrit, ça se lit facilement même si la langue est relativement recherchée. Mais le thème de la famille est plus ou moins bien exploité, car en fait on ne voit pas trop le lien entre les quatre histoires.En fait, je comprends mal l'idée de base de ce roman... Était-ce de peindre le portrait du Québec contemporain, déchiré entre ses anciennes aspirations souverainistes et le modernisme ? Était-ce de montrer que les gens aisés (avocat, politicien, artiste, chroniqueur radio) ont des problèmes et des aspirations ? Peut-être qu'il n'y avait pas de but caché, mais juste l'envie de raconter des passages de la vie de personnages intéressants, qui narrent leur histoire bien différemment.