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L'ossuaire
Ici, nous n’avons pas de charniers, mais qui sait combien de morts sans sépulture gisent emmêlés sous le béton, sous le gazon, sous l’asphalte ? Qui sait combien de cadavres enracinés en des lieux improbables nous ne découvrirons jamais ?
La narratrice de L’ossuaire est caissière dans une épicerie où, jour après jour, elle manipule les denrées périssables qui nourrissent des êtres appelés eux aussi à périr. N’ayant pour seuls amis qu’une collègue trop parfaite et un vieux voisin habitant sur une ferme décrépite, elle voue au corps et à son incroyable complexité une sorte de culte malsain, une curiosité épouvantée.
Lors d’un voyage à Kutná Hora, non loin de Prague, elle entre dans la chapelle d’un monastère cistercien entièrement décorée d’os humains – vestiges de la peste noire qui a ravagé l’Europe à la fin du Moyen Âge. Elle découvre alors un lieu où la mort « scintille comme nulle part ailleurs », un lieu où elle pourra peut-être, enfin, « conjurer désir de mort et crainte absolue des morts ».
La narratrice de L’ossuaire est caissière dans une épicerie où, jour après jour, elle manipule les denrées périssables qui nourrissent des êtres appelés eux aussi à périr. N’ayant pour seuls amis qu’une collègue trop parfaite et un vieux voisin habitant sur une ferme décrépite, elle voue au corps et à son incroyable complexité une sorte de culte malsain, une curiosité épouvantée.
Lors d’un voyage à Kutná Hora, non loin de Prague, elle entre dans la chapelle d’un monastère cistercien entièrement décorée d’os humains – vestiges de la peste noire qui a ravagé l’Europe à la fin du Moyen Âge. Elle découvre alors un lieu où la mort « scintille comme nulle part ailleurs », un lieu où elle pourra peut-être, enfin, « conjurer désir de mort et crainte absolue des morts ».
120 pages, Paperback
Published September 20, 2017
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Community Reviews
Displaying 1 - 3 of 3 reviews
September 17, 2020
Un petit livre de par son format, mais un grand livre en même temps :-)
Si la première partie paraît un peu "froide" et troublante (en raison des obsessions de la narratrice), on finit tout de même par être profondément touché par cette jeune femme obsédée par la mort, les os et la chair. L'écriture est terriblement bien maîtrisée. Un petit bijou méconnu.
Si la première partie paraît un peu "froide" et troublante (en raison des obsessions de la narratrice), on finit tout de même par être profondément touché par cette jeune femme obsédée par la mort, les os et la chair. L'écriture est terriblement bien maîtrisée. Un petit bijou méconnu.
October 14, 2017
L'ossuaire du titre, c'est celui de Sedlec en République tchèque, mais c'est aussi le livre lui-même, composé de fragments durs et acérés comme des os, assemblés en monticules fragiles. Ce petit récit -- roman? -- m'a fait traverser toute une gamme d'émotions, jusqu'à me donner mal au cœur, parfois, en énumérant nos boucheries, nos faims et nos refus. Sa narratrice insoumise, imparfaite, gloutonne, souillonne, incarne la force d'un Éros désexualisé contre un Thanatos envahissant, tout-puissant, culminant dans la figure de la mère.
L'écriture d'Audrey Lemieux est d'une précision chirurgicale, d'une beauté et d'une fluidité toutes classiques, mais, en raison de ses préoccupations peut-être? n'est pas surannée mais bien vivante, pulsante. Au plus près du corps, elle en exploite non seulement les sens, dans ce qu'ils ont d'incontrôlé, mais aussi la mécanique, la structure (les os, les muscles, le système digestif): ce qui fait de nous des humains, des êtres en trois dimensions, est paradoxalement aussi ce qui fait de nous des animaux, voire des automates, de chair et de sang certes, mais à la merci de nos déterminismes.
C'est une écriture qui ne recule devant rien, fait face. En cela je la trouve très inspirante.
L'écriture d'Audrey Lemieux est d'une précision chirurgicale, d'une beauté et d'une fluidité toutes classiques, mais, en raison de ses préoccupations peut-être? n'est pas surannée mais bien vivante, pulsante. Au plus près du corps, elle en exploite non seulement les sens, dans ce qu'ils ont d'incontrôlé, mais aussi la mécanique, la structure (les os, les muscles, le système digestif): ce qui fait de nous des humains, des êtres en trois dimensions, est paradoxalement aussi ce qui fait de nous des animaux, voire des automates, de chair et de sang certes, mais à la merci de nos déterminismes.
C'est une écriture qui ne recule devant rien, fait face. En cela je la trouve très inspirante.
March 25, 2021
bof, mort
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