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Simone au travail

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Récapitulons. Nous savons comment Simone a rencontré celui qui deviendra, pour un temps, son quatrième mari. Nous connaissons le métier de Simone (dessinatrice), nous connaissons son âge (elle ne les fait pas), ses mœurs (comment dire ?), ses amitiés (une fameuse ribambelle), ses habitudes (de casanière contrariée). Nous avons appris sur elle des choses que sans doute elle ignorait elle-même. Il nous reste seulement à comprendre le rôle qu’elle a joué dans la célèbre affaire du diamant de Port-Merveille.

288 pages, Paperback

First published September 1, 2017

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About the author

David Turgeon

23 books13 followers
David Turgeon est l’auteur de cinq romans, dont L’inexistence, Simone au travail et Le continent de plastique, et de l’essai À propos du style de Genette, tous parus au Quartanier. En 2020, il a publié «La voix derrière le voile», un article théorique sur l’acousmatique et la mort du narrateur, dans la revue Poétique. Il exerce à Montréal le métier d’informaticien.

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14 (12%)
4 stars
41 (37%)
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34 (31%)
2 stars
11 (10%)
1 star
8 (7%)
Displaying 1 - 14 of 14 reviews
Profile Image for Daniel Grenier.
Author 8 books108 followers
November 16, 2017
3.5 Plus alambiqué que jamais. Suranné à souhait. Pompeux, prétentieux, intelligent, manipulateur, caustique, surconscient et métalinguistiquement joueur (...« On se croirait dans un roman. »...).

On s’amuse toujours bien chez David Turgeon, comme chez François Blais. On en bâille de plaisir...

Meilleur quatrième de couverture de l’année.
Profile Image for Ariane Brosseau.
256 reviews118 followers
December 31, 2018
Pendant que je suis en stage, Simone, elle, est au travail. À la 40e édition du Salon du livre de Montréal, c’était le dernier de la grande fratrie du Quartanier, le jumeau du Jeu de la musique de Stéfanie Clermont, qu’on exposait sur deux tables séparées, mais avec grand bruit. Deux chefs-d’œuvre garantis, deux fiertés. J’ai longuement hésité entre les deux. Tellement, que les personnes qui m’accompagnaient au Salon ont commencé à s’impatienter et que j’ai tiré à pile ou face pour déterminer lequel j’amènerais et lequel serait relégué à ma liste d’idées cadeaux pour le temps des fêtes. J’ai finalement opté pour le roman couleur menthe, juste parce que le nom de l’auteur (David Turgeon) et la quatrième de couverture («Récapitulons. Nous savons comment Simone a rencontré celui qui deviendra, pour un temps, son quatrième mari. Nous connaissons le métier de Simone (dessinatrice), nous connaissons son âge (elle ne les fait pas), ses mœurs (comment dire ?), ses amitiés (une fameuse ribambelle), ses habitudes (de casanière contrariée). Nous avons appris sur elle des choses que sans doute elle ignorait elle-même. Il nous reste seulement à comprendre le rôle qu’elle a joué dans la célèbre affaire du diamant de Port-Merveille.») me promettaient un plaisir de lecture aussi intense que La Revanche de l’écrivaine fantôme. En fin de compte, en revenant du Salon, j’ai décidé de lire Le continent de plastique, qui attendait son tour depuis un moment dans ma bibliothèque. Pire. idée. Si La revanche de l’écrivaine fantôme m’a fait acheter ce roman, Le continent de plastique m’a fait craindre le pire pour son contenu.

Pour ceux qui n’auraient pas encore lu David Turgeon, c’est un auteur compétent. C’est drôle à dire, mais je n’imagine pas de meilleur mot pour le décrire. Il a un vocabulaire de fou, il tourne ses phrases, ou plutôt, les contorsionne, d’une manière qui lui est propre et fait des jeux de mots inattendus. Il joue, en particulier dans La revanche, avec le fait qu’il est l’auteur du livre, le fait qu’il écrit, le fait qu’il se sait lu par nous, lecteurs. Et c’est tellement déstabilisant que ça m’avait fait sourire tout le long. Parfois, il omet des informations, lance le récit dans une autre direction, revient sur ses pas juste pour signaler au lecteur qu’il n’aura pas plus de détails sur telle ou telle chose parce que de toute façon, on s’en fout. Bref, David Turgeon, c’est un virtuose.

Mais, comme Le continent de plastique n’est que le récit d’un doctorant en littérature un peu prétentieux qui devient l’assistant d’un auteur et qu’on suit au fil des publications de ce dernier, de l’abandon de sa copine et de ses amis d’université et de sa rencontre avec l’amour de sa vie, une femme ayant un enfant élevé par son père, c’est plutôt ennuyant. Et, comme si je n’avais pas eu suffisamment de difficulté à le terminer, le roman se conclut en plein milieu d’une phrase, en plein milieu d’un attentat, avec des points de suspension. (J’en suis encore un peu scandalisée.) Heureusement, j’ai dévoré Simone et j’ai retrouvé l’auteur que j’aimais.

Non seulement le roman a une fin potable (et même franchement intéressante), mais il contient plus de péripéties que les deux derniers romans de l’auteur réunis. Ce que la quatrième de couverture annonce comme «la célèbre affaire du diamant de Port-Merveille» est réellement une histoire de contre-espionnage enlevante (surtout une fois à la gare, quand les gens commencent à mourir), même si je suis habituellement la première à trouver les histoires de contre-espionnage trop politiques et compliquées. J’ai aussi trouvé que l’auteur s’était surpassé dans la création de ses personnages, et peut-être surtout dans leur dosage. C’est-à-dire que dans La revanche, les personnages sont presque uniquement des noms couchés sur du papier. Ils ont quelques caractéristiques facilement oubliées et, comme ils sont nombreux et que le récit est court, on passe rapidement de l’un à l’autre et, lorsqu’ils reviennent, on peut facilement avoir oublié qui ils étaient (c’était mon cas). Après ça, bonne chance pour retrouver le dernier passage où l’on parlait d’eux. Dans Le continent de plastique, au contraire, on aurait dit que tout reposait sur les personnages, sur leur passé, leur profondeur émotionnelle, leurs ambitions ou leur absence de. (Je me relis et c’est une fin de phrase typique de David Turgeon. Il paraît que notre personnalité est 85% du dernier livre qu’on a lu. C’est Pinterest qui me l’a dit.) Et le problème avec toute cette énergie investie dans les personnages, c’est qu’il n’en reste pas beaucoup pour le récit. Mais avec Simone, un bel équilibre s’installe (et je croise les doigts pour qu’il perdure). Non seulement les personnages sont nombreux, intéressants, et font effectivement quelque chose dans le récit, mais ils arrivent à surprendre le lecteur même longtemps après qu’il les ait rencontrés. Par exemple, un personnage narrateur (qu’on ne voit pas très souvent) et son acolyte sont dans le bureau de leur patron qui affirme: «Imaginez donc que je dois maintenant diversifier le personnel. Et vous savez ce que ça veut dire? Engager des femmes! Des femmes, avec vous, sur le terrain. Vous imaginez le micmac?» et la narration se poursuit par «Après toutes ces années, c’est comme si le chef avait oublié que j’étais une femme.» (p.235) Et c’est fou parce que, naturellement et bien qu’on ne devrait jamais confondre auteur et narrateur, lorsqu’un personnage sur lequel on ne dispose d’aucune information, qui ne conjugue aucun participe passé de façon particulière, qui ne s’attribue aucun adjectif variable, je lui attribue le même sexe que l’auteur. Et donc, pendant 235 pages (ou un peu moins, puisque ce «je» n’apparaît pas au tout début), j’ai cru qu’un personnage était masculin alors qu’il ne l’était pas. Le personnage de Célestine, aussi surnommé «Problème 30» est également surprenant, mais jamais autant que Faya (qui était tellement surprenante que je ne peux pas en parler sans gâcher le dénouement du récit).

J’ai adoré le fait que Simone soit bisexuelle (ou pansexuelle, l’histoire ne le dit pas) et qu’on n’en fasse pas un cas. Certains aspects des relations homosexuelles me fascinent, en particulier l’égalité absolue entre les partenaires et l’absence (du moins, la rareté) de normes sociales qui s’attachent à la relation, et j’aime de plus en plus lire des œuvres où les personnages vivent ce type de relations amoureuses. Même si, au final, elle épouse un homme pour la quatrième fois (pas le même homme, mais quatre individus masculins), le fait qu’elle soit avec une femme au départ était intéressant.

Comme dans chacun des romans de David Turgeon, il y avait une certaine réflexion sur l’art. Habituellement, elle porte sur la littérature, ici, c’était plutôt le dessin. Il dit que «l’art, c’est le travail pour le travail» (p.210) et je suis assez d’accord. Il parle de «la seule forme de travail qui soit sans utilité» (idem.) et je trouve que la plupart des autres définitions de l’art qu’on m’a proposées omettaient cet aspect de labeur, de technique, reléguant plutôt les œuvres à n’être que des produits d’inspiration, des extensions visibles de la personnalité de l’artiste. J’ai aimé que le titre puisse autant faire référence à son métier de dessinatrice qu’à la mission qu’elle finit par accomplir concernant le diamant de Port-Merveille, qu’il englobe le récit en entier et le résume en peu de mots.

Je veux lire le billet de blogue entier!
Profile Image for MAPS - Booktube.
1,240 reviews427 followers
Read
July 14, 2025
Comment dire?

On va suivre Simone, peintre érotique et plusieurs personnages autour d’elle. Une belle fresques de personnages intéressants et éclatés.

C’est un genre de roman politique et policier à la David Turgeon.

On a un vocabulaire ma foi très élevé qui clashe parfois avec la banalité du propos, mais je pense que ça fait partie du charme.

Les temps de verbes sont aussi assez particuliers 😅

C’est une histoire que j’ai beaucoup aimé, un univers disjoncté dans lequel j’ai embarqué et des « ben voyons donc » pour lesquels j’aimerais bien en jaser! Ahah
Profile Image for Joëlle Tétreault.
135 reviews9 followers
March 14, 2019
Thriller très satisfaisant situé dans une contrée imaginaire, où tractations politiques et mystères amoureux s'enchevêtrent dans une musique littéraire fort maîtrisée. C'est comme si l'auteur s'était donné le défi de placer tous les mots du dictionnaire des mots précis et inusités, dans un roman de 300 pages, ce qu'il a par ailleurs réussi.

Je me rends compte que c'est difficile de faire abstraction de la vie quand on lit quelque chose d'aussi bien inventé. Je suis habituée d'avoir des repères géographiques, linguistiques, culturels, historiques, d'utiliser ma culture générale pour lire un livre. Mais utiliser seulement les mots pour garder le cap? Ce roman ne renferme aucune référence au monde réel, seuls les mots résonnent, il faut se faire sa propre image. C'est cette audace qui m'a immensément plu ici.
Profile Image for Florence Darveau.
Author 7 books231 followers
August 23, 2020
Voici un roman jubilatoire, une écriture lumineuse et humoristique qui nous mène dans un roman sans queue ni tête, mais pourtant tellement emballant!
Profile Image for Cousine.
18 reviews
December 30, 2025
Écriture drôle et délicieuse, tout à fait singulière. Un rythme qui se maintient généralement tout au long du récit. Qui place les bases d'une main de maître, pour ensuite jouer ses pièces comme il se doit. Simone, un personnage magnétique. On aurait aimé parfois passer plus de temps avec elle (ou Faya, ou Célestine) et moins avec d'autres personnages secondaires moins intéressants. On trouve néanmoins à les aimer tous.

Le roman donne envie d'être analysé, revisité ensuite, pour comprendre les fils et le rôle de chaque personnage dans cette fresque d'événements. Il s'agit d'une proposition au fond toute simple, roman d'espionnage et d'amour dans un monde d'artistes. C'est pourtant si bien exécuté que l'idée semble neuve. Tout ne nous est pas dit, il y a bien de l'espace pour jouer et imaginer soi-même en tant que lecteur, poursuivre l'histoire à sa guise. En particulier avec un narrateur aussi saugrenu, lui-même espion. Heureux et intéressant mélange : il y a bien des parallèles inattendus à faire entre écrire, lire, dessiner et espionner.
1 review1 follower
March 9, 2024
Lorsque l’on découvre tardivement un nouvel auteur dont l’oeuvre nous plait immédiatement, l’équivalent un coup de foudre littéraire, derrière la joie de profiter de ce trésor jusque là ignoré se cache parfois le regret de ne avoir pas connu plus avant, où encore pire, le triste constat d’avoir perdu son temps à regarder d’insipides séries acheminées à fort prix par des conglomérats qui ne pensent qu’à nous inciter à la boulimie télévisuelle de malbouffe culturelle alors que nous aurions pu profiter des joies de la lecture.

S’apitoyer sur le passé n’y changera strictement rien. Revenons-en donc à la découverte. Simone au travail de David Turgeon.

Il s’agit d’un thrilleur quelque peu déjanté, au langage particulièrement châtié et à l’humour noir qu’il faut apprécier. L’auteur ne nous tient pas par la main et nous laisse parfois seul à démêler l’intrigue qui au demeurant, est tout de même relativement simple. Ici, tout est dans la manière. Intemporel et faisant référence à des lieux imaginés, l’on ne peut que se concentrer sur les personnages dont l’auteur ne cesse d’explorer, avec brio dois-je ajouter, les diverses facettes.

Très bon (donc 4 étoiles), je dirais même près d’excellent (4 et demi). Après, il n’y a qu’exceptionnel (5 étoiles), trônant tout en haut de la hiérarchie. Exceptionnel comme dans exception et dans rarement. Chaudement recommandé.
Profile Image for Louis-Philippe Codère.
41 reviews2 followers
February 3, 2020
Ça m'a pris du temps embarquer dans l'histoire, mais une fois le contexte compris/saisi, l'histoire se déroule rapidement. Le vocabulaire et la syntaxe peuvent être un frein pour les personnes qui sont moins à l'aise en français, mais rajoute à la «mysticité» du roman.
Profile Image for Catheriine.
400 reviews
August 6, 2023
Décevant, malgré la qualité d'écriture, qui finit par être prétentieuse d'ailleurs. Tout le monde s'envoie en l'air avec tout le monde dans ce livre? Un ouvrage prétexte aux fantasmes lesbiens d'artistes. Dialogues irréalistes. Aucun intérêt, j'ai abandonné.
Profile Image for Alex.
91 reviews6 followers
January 30, 2025
Un thriller superbement écrit. Rien de renversant, mais très intelligent. Une lecture divertissante à souhait avec un narrateur qui semble toujours nous raconter l’histoire avec un petit sourire en coin.
Profile Image for Susie.
373 reviews5 followers
May 6, 2019
Ton léger, badineur. Des espions, un diamant, un pays en révolution, un frère et une soeur. Simone, qui est dessinatrice érotique, se trouve mêlée à toute une aventure abracadabrante. Amusant à lire.
Profile Image for Magaly.
223 reviews4 followers
May 5, 2019
3.5 estrellas
Fue una historia muy peculiar que al final me terminó por gustar bastante. Sobre todo sus protagonistas, y cada personaje fue muy característico. Aunque a veces la historia suele ser un poco enredada y no se sabe lo que está pasando realmente. De todos los libros que tenía que leer obligatoriamente para mis clases, este fue el que más me gustó y eso fue un gran acierto.
En general lo disfruté mucho, con ese toque a los James Bonds representado por el personaje de Fabrice Mansaré (que fue mi favorito) y mezclado con el mundo del arte. Creo que algún día más adelante lo volveré a leer, ya que este es de ese tipo de libros que hay que releerlos para entenderlos mejor.
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