C'est un ouvrage assez complet pour s'initier au concept de crimes contre l'humanité.
Le premier chapitre, rédigé par Isabelle Fouchard, est très didactique et illustre bien l’évolution du crime contre l’humanité : il fait sa première apparition à Nuremberg, est repris par les tribunaux ad hoc créés par le Conseil de sécurité des Nations unies, et aboutit à la conception actuelle de ce crime, consacrée à l’article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
Le deuxième chapitre, rédigé par Emanuela Fronza et consacré à la transposition des crimes contre l’humanité dans le droit interne, constitue une étude très pertinente en matière de droit comparé. Ce chapitre permet de conclure que les ordres juridiques nationaux reprennent l’essence des crimes contre l’humanité ; toutefois, certains d’entre eux les adaptent en fonction de leur réalité politico-juridique, ce qui explique qu’il n’existe pas de transposition homogène des crimes contre l’humanité dans le droit interne.
Le troisième chapitre m’a semblé le plus novateur. Dans cette section, Leurent Neyret expose les défis auxquels sont confrontés les crimes contre l’humanité et se concentre sur leur relation avec deux concepts : i) les « crimes contre l’espèce » consacrés en France, et ii) les crimes environnementaux, dont l’écocide est le principal exemple. Ses réflexions s’avèrent extrêmement enrichissantes.
En somme, il s’agit d’un ouvrage très pédagogique, en particulier pour ceux qui n’ont pas de connaissances en la matière.