La guerre entre les catholiques et les protestants a laissé La Rochelle dans un état précaire. Joachim Reguindeau doit quitter cette ville où il n’a plus d’attache. Grâce à de faux papiers, l’orphelin se fait engager par les marchands Grignon, Gaigneur et Masse et se rend en Amérique. Arrivé à Trois-Rivières, il se trouve un emploi de domestique dans une riche famille. Il y fait alors la connaissance du gouverneur Pierre Boucher de qui il se lie d’amitié. Lorsque, quelques années plus tard, Boucher quitte la gouvernance pour fonder Boucherville, il lui fait une offre qu’il ne peut pas refuser…
Germain Gauthier est prédisposé à devenir un tisserand. Cependant, il rêve d’actions et d’aventures. Il s’engage alors dans l’armée, malgré la désapprobation de son père. Ses qualités militaires uniques lui permettent d’adhérer rapidement aux rangs du plus prestigieux régiment d’Europe, lequel est envoyé en Amérique pour combattre les Iroquois. Après le traité de paix de 1667, le régiment est démantelé. Contrairement aux autres, Germain entreprend de faire la tournée des villages de Nouvelle-France pour organiser une milice paroissiale pouvant rétablir l’ordre dans la colonie. À la demande de Boucher, il établit son quartier général à Boucherville…
De part son format (un mélange de narration de lettre et de dessins) ce livre se lisait très rapidement et très facilement. J'ai beaucoup apprécié la grande quantité de recherche que l'auteur a fait pour écrire ce livre. La réalité des conditions de vie difficile des habitants de ce qu'on appelait à l'époque la Nouvelle-France était bien illustré et j'ai mieux l'impression de comprendre cette partie de l'histoire de mon pays. Cependant, j'ai ressenti un certain malaise tout au long du roman du fait que je trouvais que le choix du vocabulaire et des tournures de phrase manquaient parfois un peu de compassion pour les peuples autochtones (qui ont vu leur population et leur territoire grandement réduit à cette époque) et aussi pour les femmes de la colonie (qui ont été les principales victimes de la politique de peuplement massif de la Nouvelle-France). De plus, je me serais passé des justifications que l'auteur donne au fait que des fillettes de 12 ou 13 ans soient mariées par leur parents à des hommes ayant 3 fois leur âge (je sais que ça faisait partie de la réalité de l'époque mais ça m'a rendu certain personnage beaucoup moins sympathique). Au final, j'ai bien aimé ce livre et tout particulièrement les petit détails historiques comme la description de la modification de la prononciation du français en Nouvelle-France au cours des décennies.