Au lendemain de la guerre, une jeune fille élevée dans le meilleur monde se laisse épouser par un hobereau de la Haute-Auvergne. Tournant le dos à une existence parisienne vouée à la mondanité, elle ira vivre avec lui dans la retraite anachronique d’un vieux manoir de famille, au coeur des Bois-Noirs, petit massif forestier perché entre la Loire et l’Allier, et que le temps semble avoir oublié. Dans ce lieu d’un autre âge, elle découvre avec quelque stupeur un monde qui n’a pas encore dépouillé son antique barbarie – monde auquel elle décide, tant bien que mal, de s’adapter. Elle y sera aidée par l’amitié affectueuse – et bientôt passionnée – de son beau-frère. Mais leur inclination, d’abord inavouée, ne tarde pas à s’opposer à la sauvagerie native du mari, personnage taciturne, emmuré dans sa solitude, et qui nourrit pour sa femme un sombre et insatiable amour. Au point de devenir à son tour, poussé par ses démons, le ministre d’un destin qui a fait séculairement de la vieille demeure le royaume de la Mort la plus cruelle.
Un roman sombre, dur, où la haine monte comme une nécrose inévitable - il y a presque un petit côté "Hauts de Hurlevent" dans cette noirceur. À la fois, la lecture est agréable tant la protagoniste est charmante et touchante, surtout tant que persiste sa fraîcheur; les autres personnages, complexes et bouleversants à leur manière, apportent une profondeur intrigante au récit. Quant à la plume, elle est absolument sublime. J'ai adoré les superbes descriptions géographiques, dignes d'un Julien Gracq !
Je me suis totalement laissée entraîner dans ce sombre roman. Tout doucement, sans qu'on s'en rende compte, on fonce vers le drame final sans pour autant s'en douter avant de l'avoir sous le nez. Le talent de l'auteur dans ce roman est de réussir à décrire les sentiments enfouis des personnages et les conséquences que ces non-dits ont sur les gens et les destinées. Il y a de la bonne volonté partout mais à force de frustrations et d'imagination débridée, les choses prennent un tournant terrible. C'est un fantastique roman pour cette période de l'année !
1,5/5 Je ne m'attendais pas à ça... D'un côté, j'imagine que c'est bien d'être bousculée dans mes attentes mais de l'autre, je ne peux m'empêcher d'être déçue. Je me suis beaucoup ennuyée et les envolées lyriques de la plume de l'auteur n'ont pas réussies à me charmer. J'ai trouvé le style aussi lourd que l'encombrant Gustave. Une histoire décontenançante et je pense que ça passe ou çasse...
Sans Masse Critique, je n'aurais sans doute jamais découvert ce roman et je serais passée à côté de quelque chose ! Ce roman sous forme de "huis clos" où les personnages semblent prisonniers du Château est très efficace. Déjà, les personnages sont parfaitement travaillés : de la lourdeur de Gustave qui cache ses sentiments, jusqu'à la lumière d'Hélène qui, en dépit, de ses déceptions continue à espérer tirer le meilleur de son mariage et de sa nouvelle existence, les personnages sont très nuancés et complexes. On perçoit tout le dégout d'Hélène pour Antoine, par exemple (alors qu'au final, on réalise qu'Antoine n'est pas aussi mauvais qu'on le croit ). J'ai aussi apprécié la manière dont l'auteur "donnait la parole" à ses personnages en fonction de l'évolution de l'histoire : c'est toujours judicieux, tout particulièrement dans la dernière partie : celle de l'enquête. La relation de Fabien et Hélène est jolie et on les voit tomber amoureux (comme Mme Dupin), surtout parce que Gustave est incapable de communiquer, sa femme et lui ne se comprennent jamais. Je n'en dévoilerai pas plus de l'histoire mais je l'ai trouvé passionnante et vraiment bien écrite
Ce que j'aime : les descriptions, le scénario, la caractérisation des personnages, la fin
Ce que j'aime moins : le destin d'Hélène
En bref : Un magnifique roman d'incompréhension, de passion et de jalousie. Un petit bijou !
Le Château des Bois-Noirs m’a de suite intrigué et attiré grâce à son caractère et son résumé promettant un roman gothique des plus intrigant ainsi qu’à l’ambiance des plus mystérieuse et porté par une plume qui semble avoir séduit bon nombre de lecteurs. Malheureusement et derrière ses louables promesses, le résultat n’a pas été totalement au rendez-vous me concernant.
Pourtant tous les ingrédients du genre répondent présents à l’appel. A commencer par le cadre lugubre et sinistre que se dessine être le fameux château. J’ai été très emballé par l’environnement sombre et froid dévoilé par Robert Margerit. Sans être des plus effrayant, j’ai été sensible à l’atmosphère lourde et pesante des différents lieux dévoilés et j’ai été envoûté par l’ambiance qu’il s’en dégageait. D’autant plus que les paysages de notre pays sont cette fois-ci à l’honneur et plus particulièrement l’auvergne. Ainsi, j’ai apprécié ce voyage en pleine nature. Néanmoins, les environs ne font pas tout le succès du genre et l’absence d’une intrigue prenante et haletante a fortement desservi celui-ci. En effet, le récit m’a semblé souffrir d’un manque de tension et de rythme et ce surtout en milieu de récit. Les premières pages m’avaient pourtant plus que convaincu mais la monotonie du quotidien de cette famille et de ses environs auront eu raison de moi. Allant jusqu’à m’ennuyer par moments et seules les dernières pages rattrapent le tout. Il m’a fallu attendre l’élément déclencheur qui viendra troubler la quiétude de nos hôtes et dont s’en suivra alors une série de péripéties et quelques retournements de situations fort pertinents. Ce dynamisme m’a d’ailleurs tenu en haleine jusqu’à la dernière page et j’aurais apprécié le retrouver tout le long de cet ouvrage. La conclusion se veut d’une morosité et d’une mélancolie touchante et démontre que la plume de Robert Margerit n’est pas à remettre en cause. D’autant plus que celle-ci se dévoile d’une simplicité épatante et d’une fluidité de lecture appréciable. Ainsi et quand bien même la sauce n’a pas totalement prise, j’ai vraiment apprécié découvrir cet auteur de la littérature française.
Tout comme j’ai apprécié découvrir les personnages peuplant ce roman. En effet, ces derniers sont le dernier ingrédient essentiel au gothique et j’avoue les avoir trouvé remarquablement et finement construits. J’ai adoré retrouver en Hélène, notre héroïne, la crédule et jeune femme isolée de tous et de tout dans un sombre univers dans lequel celle-ci se sent désorientée et dans lequel de mystérieux et curieux faits croiseront sa route. Sans pour autant parler d’attachement envers cette dernière, j’ai pris plaisir à suivre sa conséquente évolution de bout en bout. Aussi maladroite et innocente semble-t-elle, celle-ci ne cessera de grandir et de s’affranchir au fil de ses curieuses et douteuses découvertes. Il faut dire que son mari ne ressemble plus à l’image de l’homme qu’elle a épousé auparavant. Depuis son arrivée au sein de son imposant et défraichi domaine, Gustave se dévoile aussi taciturne qu’hystérique par moments et aussi passionné que violent à d’autres, offrant un savoureux et délicieux contraste. Sans jamais tomber dans le cliché, Robert Margerit dresse le portrait d’un antihéros complexe et maladroit dont la profondeur est merveilleuse à découvrir. D’autant plus que sa famille et ses proches se veulent tout aussi fièrement construits et n’ont cessé de m’intriguer. Ainsi, de la douce et aimante mère, au frère attentionné et bien d’autres, chacun des personnages réservent quelques surprises, même si certaines étaient quelque peu prévisibles.
En somme et malgré ses aspects de roman gothique, Le Château des Bois-Noirs n’est pas parvenu à me maintenir en haleine et m’a parfois ennuyé. La faute à une atmosphère prenante en début d’ouvrage mais dont l’ambiance pesante retombe aussi vite que l’intrigue dont seuls les derniers chapitres ravivent le rythme. Néanmoins, j’ai fortement apprécié la plume de l’auteur ainsi que la profondeur et la finesse de ses personnages.
Cette lecture a été réalisée à l’occasion du Challenge Cottagecore – 2022 : Menu Rêveries au bord de l’eau / Méfiez-vous de l’eau qui dort.
Une terrible histoire de mariage d'argent où les deux époux sont malheureux et se morfondent jusqu'à ne plus se parler et souffrir de leurs pulsions de mort. C'est un vieux roman, écrit à une époque où on romançait volontiers les violences conjugales, y compris les viols. Il a été extrêmement pénible à lire, d'une misogynie crasse. Je pensais que je me lançais dans le Rebecca de la littérature française mais que nenni, j'étais déçue et dégoûtée par ma lecture. J'ai survolé les derniers chapitres. Je ne relirai pas de livre par Robert Margerit.
Petite pépite ! J'étais un peu perplexe au début face au style un peu ronflant, mais on se laisse très rapidement prendre par l'atmosphère générale et par les mécanismes implacables de la narration, jusqu'à l'inéluctable. La rotation des points de vue, qui nourrit notre compréhension des perspectives des différents personnages, et les nombreuses références historiques, participent également au charme du roman. Je l'ai lu pour ma part quasi d'une traite !
Un coup de coeur pour cette histoire parfaitement menée et sombre qui explore les sentiments humains J'ai adoré l’atmosphère gothique, sombre, solitaire et glaçante qui est parfaitement retranscrite. L'importance accordé à la nature et au château participe à l'immersion dans le roman et reflète les sentiments et les tourments des personnages Pendant tout le récit, on ressent la violence latente et la tension qui monte entre Hélène et les deux frères.
Les charmes vénéneux de la forêt et des paysages auvergnats alliés à une demeure et des domestiques effrayants ne sont pas sans rappeler Daphné du Maurier... L'auteur décrit avec sensualité la mort et la naissance des sentiments.
Un roman psychologique qui sort de l'ordinaire, une belle écriture, une atmosphère oppressante, ténébreuse et angoissante et des personnages très travaillés.Je n'avais jamais lu cet auteur et je suis agréablement surprise. Je chercherai ses autres livres.
J'ai mis beaucoup de temps à rentrer dans ce roman, mais au bout d'un moment, une sorte de déclic s'est produit en moi. L'histoire est tout de même très prenante, les personnages sont fascinants, l'ambiance est lourde et pesante. Ce n'est pas une lecture angoissante, mais plutôt une lecture qui fascine de par son aspect quasi morbide. L'écriture de Robert Margerit est très très chouette, c'est très beau, et un peu daté. Bref, une chouette lecture.
j'ai beaucoup aimé ce roman car l'auteur a totalement réussi à m'entraîner dans ses bois ! J'adore ces histoires dans lesquelles il se cache des secrets de famille, des caractères dissimulés et des amours impossibles.