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Tout homme est une nuit

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Des hommes retournent sur d'autres la brutalité d'un ordre dont ils souffrent. Ils s'inventent à peu de frais de commodes ennemis. Certaines frayeurs en eux les agissent. Des questions vieilles comme le monde mais d'une brûlante actualité, auxquelles Lydie Salvayre donne ici forme littéraire. Un roman, donc, et d'une causticité jubilatoire, où vont se faire face, d'une part : un solitaire, un lettré, un pas-tout-à-fait-pareil, un pas-tout-à-fait-conforme, un homme malade qui a choisi de se retirer dans un lieu de beauté, et de l'autre : les habitants d'un paisible village que l'arrivée de ce nouveau, de cet intrus, bouscule et profondément déconcerte. Très vite surgiront, entre l'un et les autres, l'incompréhension et la méfiance, puis les malentendus et les soupçons mauvais, puis les grandes peurs infondées et les violences que sourdement elles sécrètent. Puisque tout homme est une nuit. Lydie Salvayre a écrit douze romans traduits dans une vingtaine de langues. Elle a obtenu le Prix Hermès du premier roman pour la Déclaration, le prix Novembre (aujourd'hui Prix Décembre) et le Prix du Meilleur Livre de l'année pour la Compagnie des Spectres, le prix François Billetdoux pour Hymne, et le Prix Goncourt pour Pas pleurer.

240 pages, Kindle Edition

First published October 5, 2017

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About the author

Lydie Salvayre

53 books43 followers
Lydie Salvayre is a French writer. Born in the south of France to Republican refugees from the Spanish Civil War, she went on to study medicine in Toulouse and continues to work as a practicing psychiatrist. She has been awarded both the Prix Hermes and the Prix Novembre for her work.
She won the Prix Goncourt 2014 for her novel Pas Pleurer.

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Displaying 1 - 17 of 17 reviews
Profile Image for Fatma Al Zahraa Yehia.
604 reviews983 followers
January 10, 2026
في تشريح عميق للعدوانية كسلوك بشري مدمر، تنقل لنا المؤلفة "سالفير" صورتان متقابلتان للضحية والجلاد. كان الضحية هنا "أنس" الضيف الذي حل على قرية فرنسية منغلقة على نفسها، فكانت ملامحه الشرقية واسمه العربي سبباً في اشتعال موجة من الرفض تجاهه من أهل تلك القرية. بمرور الوقت، يتحول الرفض الصامت إلى عدوانية صريحة لطرد ذلك الغريب الذي لا ينتمي إليهم.

كان الحوار أداة السرد الرئيسة على طول الرواية الذي انقسم بالتبادل بين الغريب "أنس" وبين أهل القرية الفرنسية. كان "أنس" فرنسياً من أصول إسبانية متواضعة، هجر زوجته وحياته كلها إلى تلك القرية بعد اصابته بالسرطان وبدء تلقيه العلاج الذي لم يكن يعول عليه كثيرا في إبقاءه على قيد الحياة. يُغذي المرض بداخله الغربة الذي طالما شعر بها تجاه العالم. يغلب حواره مع نفسه حواره مع الأخرون. تغذي عزلته افكاره السوداء عن ضعف مكانته في العالم الناجم عن أصله المتواضع ووضعه كغريب لا يُماثل اهل البلد الذي عاش فيه في لغته ولون بشرة أبناءه الأبيض.

كان حوار أهل القرية حوارا داخليا يماثل في انغلاقه حوار "أنس" الداخلي مع نفسه. اكتفى أهل تلك القرية الفرنسية المعزولة بالحوار بين بعضهم البعض داخل حدود مقهى القرية الذي يديره "مارسليين" الذي يمثل النموذج المثالي لغباء وتبلد الفكر العنصري. من خلاله، يرفض أهل القرية ويعادون كل مالا يعرفونه. فكل من هو غير فرنسي أبيض البشرة كاثوليكي الديانة قوي الجسد يمتلك عائلة ووظيفة وبيتا يشرب النبيذ ويعطي صوته في الانتخابات لليمين المتطرف، هو لا يستحق أن يدخل دائرة عالمهم "الفرنسي" المجيد.

تكشف "سالفير" أصل الشعور بكراهية الأخر، فالخوف يولد الكراهية، والجهل بحقيقة الأخر يولد بدوره مشاعر الخوف تجاهه. يجهل أهل القرية حقيقة كل غريب يحل على وطنهم، يجعلون من هولاء الغرباء "كبش فداء" لكل مصائب بلدهم الحقيقية من فساد وظلم. يسقط أهل القرية على "أنس" كل مخاوفهم وفشلهم وجهلهم، ويجعلون من طرده هدفا يجعل منهم ابطالا في حياتهم الخالية من أي معنى.

كانت محدودية المكان والزمان لأحداث وأبطال تلك الرواية عاملا كبيراً في احساسي بالحميمية الشديدة تجاهها والتي جعلتني أقرأها لثلاث مرات متتابعة. كنت في كل قراءة اتعمق بشكل أكبر في دواخل كل شخصية واقترب بشكل أكبر منها. وبالتدريج أشعر بالتعاطف مع "الليل" الذي يسكن بداخل كل منهم. ذلك الليل الذي يحولهم لجلادين قساة على أنفسهم وعلى الأخرين.

رواية مختلفة ورقيقة كانت واحدة من حصيلة مشترياتي المخزية هذا العام من معرض الكتاب والتي لم تتجاوز الكتابان. اشتريتها متعجلة ودون أن اعرف أي شىء عنها سوى ان الغلاف والعنوان جذباني لشراءها بسعرها البسيط ككتاب مستعمل.

واحدة من المفاجأت القرائية السعيدة التي لم أكن اتوقعها على الاطلاق رغم بعض نقاط ضعفها مثل الميل الى "الخطابية" في بعض الأجزاء، ورغم معاناتي في بداية القراءة في تتبع أسماء الشخصيات المتعددة لسكان القرية. أرشحها لكل من يريد قراءة بسيطة هادئة تثير بداخله الكثير من المشاعر والتساؤلات.
Profile Image for Frey.
948 reviews63 followers
January 12, 2023
Je ne sais pas trop.

J'aime l'idée, je trouve l'exercice intéressant, il y a de bonnes idées et de belles phrases.

Mais je n'arrive pas à me dire que j'ai aimé.

Ce n'est pas trop une histoire de personnages, plus d'écriture.
Profile Image for Lysda Smythe.
788 reviews22 followers
October 18, 2020
Ce court roman raconte en deux point de vue l'arrivée d'un homme, le narrateur, dans un petit village dans le sud de la France, proche de l’hôpital où il doit se faire soigner pour son cancer. A sa narration en italique à la première personne s'ajoute des parties de discours d'hommes du village rassemblés au Café des Sports, qui s'interrogent sur l'étranger et le soupçonnent progressivement de tous les maux possibles, en faisant voir un racisme et une misogynie très violentes.
Ce roman terrifiant est vraie ment important à lire, mais ne donne pas beaucoup d'espoirs en l'humanité. De plus je pensais que toute la tension bâtie allait aboutir à un épisode beaucoup plus violent que la fin que j'ai lu ici.
Profile Image for Karine Mon coin lecture.
1,727 reviews301 followers
October 13, 2022
3,5. J'aime toujours la plume de l'autrice et ce roman nous plonge dans la xénophobie d'un petit village de Provence. Effet de groupe, peur de l'étranger, les discussion du café font peur parce qu'elle représentent certaines façon de penser. Toutefois, c'était un peu long et j'ai moins adhéré à la fin.
Profile Image for Virginy.
372 reviews11 followers
July 27, 2018
Ce roman expose deux points de vue: celui d’un homme seul, venu s’installer dans un village et celui de tous ceux qui vont voir en cet homme un intrus. Lydie Salvayre prend le parti de nous exposer une scène devenue bien trop ordinaire, bien trop banale mais en nous donnant les deux versions de l’affaire. C’est ainsi qu’à force de méfiance, de malentendus, de soupçons, le nouvel arrivé dans le village, cet intrus, devient une sorte de catalyseur de haine et de violence, lui qui n’aspire qu’à la tranquillité, au repos.
Le lecteur assiste à cette montée de xénophobie, de racisme, en découvre les mécanismes. Comment une situation aussi anodine que l’arrivée d’une nouvelle personne dans une communauté peut engendrer autant de ressentiment, de colère? Bientôt cette attitude s’empare des habitants du village, les contrôle, les dirige, ne faisant d’eux que de vulgaires pantins haineux qui suivent un leader sans se poser de questions. Le nouvel arrivant se retrouve encore plus isolé et ne comprend pas qu’on ne lui laisse pas une chance de s’exprimer, ni toutes ses rumeurs qui courent dans son dos. Heureusement, certains s’interrogeront sur la légitimité d’un tel rejet d’un être humain, juste parce qu’il est différent, étranger à la communauté.
C’est de la méchanceté gratuite, sans fondement, une manière d’extérioriser la peur, les peurs devrai-je plutôt dire. Alors on trouve un exutoire, un bouc émissaire, et on lui attribue tous les maux du monde, toutes les responsabilités dans les malheurs qui nous arrivent. Tout est excuse à médire, à se défouler sur l’autre.
Ce récit paraîtra peut-être dépourvu d’intérêt à d’autres lecteurs, parce qu’il ne s’agit après tout que d’une retranscription de ce que l’on peut croiser tous les jours. Ce n’est pas mon cas. J’ai trouvé au contraire sa construction intéressante, qui nous permet d’avoir les deux points de vue d’une même histoire. Et grâce à mon expérience de lecture audio de ce roman, c’était d’autant plus accentué puisqu’il y a deux lecteurs pour donner vie à cette histoire. C’est un tableau, une scène ordinaire, et c’est justement cela que le récit dénonce, la banalité de ce genre de choses, de cette xénophobie, ce racisme ambiant que certains alimentent au détriment d’autres et qu’en simples spectateurs, nous laissons faire en passant notre chemin, comme si nous étions extérieur à ce qui se passe devant nos yeux. J’ai vraiment été emballée par cette histoire, je regrette juste une fin en happy end théâtral pas vraiment crédible à mes yeux.
747 reviews
August 20, 2018
Des hommes retournent sur d'autres la brutalité d'un ordre dont ils souffrent. Ils s'inventent à peu de frais de commodes ennemis. Certaines frayeurs en eux les agissent.

Des questions vieilles comme le monde mais d'une brûlante actualité, auxquelles Lydie Salvayre donne ici forme littéraire.

Un roman, donc, et d'une causticité jubilatoire, où vont se faire face, d'une part : un solitaire, un lettré, un pas-tout-à-fait-pareil, un pas-tout-à-fait-conforme, un homme malade qui a choisi de se retirer dans un lieu de beauté, et de l'autre : les habitants d'un paisible village que l'arrivée de ce nouveau, de cet intrus, bouscule et profondément déconcerte.

Très vite surgiront, entre l'un et les autres, l'incompréhension et la méfiance, puis les malentendus et les soupçons mauvais, puis les grandes peurs infondées et les violences que sourdement elles sécrètent. Puisque tout homme est une nuit.

Lydie Salvayre a écrit douze romans traduits dans une vingtaine de langues. Elle a obtenu le Prix Hermès du premier roman pour la Déclaration, le prix Novembre (aujourd'hui Prix Décembre) et le Prix du Meilleur Livre de l'année pour la Compagnie des Spectres, le prix François Billetdoux pour Hymne, et le Prix Goncourt pour Pas pleurer.
Profile Image for Lisa.
244 reviews3 followers
May 24, 2024
Anass, jeune homme gravement malade, part s'installer à la campagne pour se soigner et satisfaire son besoin de solitude. Les piliers de bars du village où il s'installe, eux, regardent d'un œil méfiant cet "étranger", quitte à lui attribuer tous les maux du monde.

Je trouve l'idée du roman fascinante, mais son exécution m'a déçue. Le trait est beaucoup trop grossi, des deux côtés d'ailleurs, entre le jeune intellectuel, ses grandes idées, son vocabulaire, son expression à grand renfort d'imparfait du subjonctif, et les ploucs du village, qui pourraient difficilement être plus bêtes et méchants (mais ont parfois un vocabulaire surprennamment riche : est-ce que l'autrice ne peut pas s'empêcher de montrer son champ lexical, ou veut-elle nous montrer qu'ils ne sont pas si idiots qu'il paraît?).

Une progression plus subtile et sans raccourcis gratuits aurait gagné en crédibilité et été bien moins agaçante. C'est vraiment dommage, certaines parties d'Anass étaient magnifiquement écrites... Puis le soufflé retombe laborieusement, parce qu'on retombe sur un extrait ou Dédé et Marcelin lâchent leur haine entre deux blagues salaces. Alors oui, c'est fait exprès, le contraste est recherché... Mais c'est trop.
176 reviews1 follower
Read
June 21, 2020
Lydie Salvayre touche un point sensible dans ce roman. Dans le village, Anass est étranger. Son prénom (que certains imaginent arabe) et le fait qu'il soit un peu typé avivent l'imagination. Au café, les hommes supposent, cancanent, excitent leur haine (dont ils ignorent la cause) contre ceux qu'ils considèrent comme différents d'eux. Au début, une chose m'a gênée: tous ces hommes qui s'énervaient après Anass semblaient une masse indistincte de laquelle personne ne se démarquait. Ils avaient tous l'air d'abrutis ne sachant réfléchir. Heureusement, l'auteur corrige assez vite cela. Gérard, un habitué, fait parfois valoir qu'à Anass en tant que lui-même, on n'a rien à reprocher. L'auteur s'applique à montrer la bêtise des raisonnements de ces hommes d'abord en leur faisant dire des énormités, souvent d'une voix avinée, tout en montrant leur peu de sens commun. De plus, elle leur oppose Gérard et Jacques. Ce dernier a un esprit plus critique (du moins l'affirme-t-il davantage) que Gérard, et il analyse très bien les syllogismes et les préjugés dans lesquels sont fièrement englués ces piliers de bar. On dira que Lydie Salvayre exagère.[...]Lire la suite sur:
Profile Image for Flapidouille.
888 reviews3 followers
April 24, 2021
Énorme et désolant ratage! Pompeux, prétentieux et truffé de fautes de français tout en prétendant à un style supérieur revendiquant l'imparfait du subjonctif (exemple: que je vivasse !!!)
Ajouter incohérences et invraisemblances: le résultat est une idée, plutôt intéressante au départ, grossièrement traitée et beaucoup trop longuement, finalement totalement pervertie.
Je ne suis allée jusqu'au bout que parce que c'en était devenu presque réjouissant à force d'inanité...
Dommage.
104 reviews
September 5, 2020
Les dégâts que provoquent l’entre-soi et la peur de l’”étranger”, qui est uniquement un homme malade venu se ressourcer dans un petit village du sud. Racisme, stéréotype, intolérance... un beau livre qui va au coeur de comment se forme et se développe le populisme!
1,360 reviews
January 22, 2018
La bêtise humaine est incommensurable, et l'auteur l'analyse avec une grande justesse. C'est quand même sinistre !
Profile Image for Julie.
17 reviews
February 18, 2018
Belle leçon sur la bêtise humaine. Comment l’effet d’entraînement peut créer la haine envers un innocent, et lui gâcher l’existence.
36 reviews5 followers
May 2, 2019
In times of intolerance, this book speaks volumes.
Profile Image for Moé.
145 reviews5 followers
September 6, 2024
j’ai trouvé le sujet assez grossièrement traité et jsp peut-être que je suis passée à côté du livre mais en tout cas ça m’as pas du tout plu
82 reviews1 follower
July 9, 2022
On se demande si le terme 'homme' dans le titre se réfère à toute personne. Dès le début de la lecture il devient évident qu'il s'agit d'une étude de l'espèce masculine. Et ce sous la plume d'une femme. Lydie Salvayre traduit d'une façon détaillée les soucis, les questionnements, les préjugés des uns et des autres. Ce journal quotidien voire au passage des heures apporte le côté dramatique à l'évolution des rapports qui s'enveniment sans que rien ne semble espérer un dénouement autre qu'une collision fatale. Cette histoire racontée par un homme aurait-elle été tracée différemment ? En quoi tient le regard féminin ?
Lydie Salvayre apprécie les subtilités de la langue française. Elle se sert largement de l'imparfait du subjonctif. Ce temps du verbe sert à exprimer la possibilité par rapport à une action passée plutôt que la certainete, que ce soit dans l'esprit de l'écrivaine ou celui du protagoniste. On évite d'être catégorique. Autre dimension de la 'nuit'.
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