Paris, 1812. Malet est un ancien général incarcéré, plutôt génial et certainement fou. Il a fait un peu de tout dans sa vie, mais avec une constante : Malet conspire. De sa prison, il pense avoir trouvé le meilleur moyen de réussir un coup d’état : annoncer la mort de Napoléon ! Pas besoin que ce soit vrai, car le plus important, c’est que tout le monde le croie ! Il s’acquiert la fidélité de quelques officiers renégats, fait rédiger des faux plus vrais que nature, s’évade de sa prison et annonce la nouvelle.Et le pire, c’est qu’on y croit ! « On », c’est la garnison dépêchée pour arrêter les dignitaires de l’Empire et le peuple qui fête la mort du tyran ! Mais Malet est entouré de bras cassés, et lui-même a du mal à ne pas se laisser déborder par l’enthousiasme causé par la réussite de son plan…Une bande dessinée exceptionnelle par la maîtrise du noir & blanc, de la narration, du découpage dont l'auteur fait preuve… On se laisse totalement emporter par cette histoire parfaitement documentée, basée sur des faits réels.
En 1812, Napoléon envahit la Russie et la campagne tourne à la catastrophe. Un obscur général décide alors de monter un coup d'état comme on n'ose l'imaginer: il va faire croire que l'Empereur est mort et tenter de s'emparer du pouvoir. C'est la conspiration du général Malet, si souvent citée mais rarement évoquée dans ses détails. Nicolas Juncker nous propose ici une version romancée avec le style dont il a lui seul le secret.
L'idée de faire une bande-dessinée sur la conspiration du général Malet est bien inspirée. En effet, qui parmi les amateurs de l'histoire napoléonienne ne souhaiterait pas découvrir cet événement farfelu dans un format amusant? Amusant, oui. Car malgré le drame de la situation et certains aspects assez sordides, le scénario de Juncker est également assez comique. Les personnages, dont l'auteur nous assure qu'ils ont vraiment existés, sortent tout droit du cirque. Des généraux dégradés qui finissent en prison ppur corruption, un autre qui n'avait aucun scrupule à prostituer son épouse, un soldat alcoolique, et surtout, un Malet qui était enfermé dans un asile. Bref, avec une troupe comme cela, le coup d'état en question avait peu de chances de réussir. Et pourtant! Malet n'en est pas à son premier et il est surprenant qu'autant de gens se soient laissés entraîner. On se délecte de voir comment Malet joue son cinéma pour convaincre son auditoire et là encore, les scènes comiques ne manquent pas.
En bref, on passe un agréable moment de lecture avec des personnages tout à fait étranges, ce qui nous fait oublier que pour Napoléon, cela n'a pas dû être amusant du tout. Le plus drôle peut-être est que l'Empereur n'a pas dû sévir trop sévèrement à son retour étant donné ses propres déboires en Russie. L'éponge fut donc vite passée.