Je ne sais pas si ce livre est une liste de conseils, de consignes, de recommandations ou d’explications. Si c’est mon regard sur le monde, sur toi, sur moi, ou sur nous. Si ce sont des morceaux d’avenir ou des fragments de mémoire. Ou si, tout simplement, c’est une lettre d’amour, la suite du geste que je pose quand je te prends dans mes bras, ton long corps élancé que je ne peux plus attraper en entier, et que je te dis que je t’aimerai toujours…
Dans ce texte sensible, écrit à l’orée de l’essai, Martine Delvaux interroge son rapport à sa fille. Elle ausculte l’amour et réfléchit à ce qu’il y a de féministe en lui. Comment le féminisme l’informe, et comment cet amour (entre une mère et sa fille) informe la pensée féministe. Car peut-on penser le féminisme, demande-t-elle, sans penser l’amour ?
Martine Delvaux est née en 1968. Romancière et essayiste, elle a publié à ce jour chez Héliotrope trois romans remarqués : C’est quand le bonheur ? (2007), Rose amer (2009) et Les cascadeurs de l'amour n'ont pas droit au doublage (2012).
Aussitôt acheté aussitôt lu, entendre Martine Delvaux parler de ce livre de vive voix m’a mis les larmes aux yeux et le lire d’une traite, comme le souffle coupé, m’a fait pleurer à plusieurs reprises.
Quel immense livre, quelle beauté. C’est un livre d’amour, indéniablement, une déclaration puissante, politique et radicale à la relation tissée entre une femme qui se trouve être mère ainsi que féministe, et sa fille. Je suis touchée au-delà des mots parce que je réfléchis beaucoup en ce moment à la mère que je vais devenir.
Mais la beauté de ce texte il me semble réside dans un amour qui n’a pas besoin d’une filiation, en le lisant j’ai pensé à de nombreuses femmes qui aiment des jeunes personnes férocement, de ce care et de cette attention nécessaire, sans pour autant être leur mère. Il m’a semblé que quiconque est prêt·e à voir en les enfants et adolescent·es des personnes à part entière, sans hiérarchie sans ascendance (ce qui ne veut pas dire sans responsabilité), peut se retrouver dans ces mots.
C’est un texte qui parle de féminisme et de transmission, d’égalité, de savoir qui on est, et pour quoi se battre. Lors de la rencontre hier, l’autrice disait : « Je me situe, et de là, j’écris – contrairement à d’autres qui font semblant que ce ne sont pas eux qui écrivent. » Ça donne une grande honnêteté intellectuelle et émotionnelle, et plein d’autres voix convoquées comme un chœur d’inspirations et d’hommage.
Dans la forme et dans la cérébralité très sensible, j’ai retrouvé un peu de Maggie Nelson, mais plus accessible pour mon cerveau fatigué.
Je vais chérir ce livre longtemps, le lire et le relire. Je le sens déjà qui m’habite au plus profond.
lecture douce qui selon moi démontre qu'est-ce que doit être la relation mère-fille, l'acceptation de l'enfant inconditionnelle, le laisser aller mais aussi quel est le rôle de la femme dans la société et comment les plus jeunes ont le pouvoir de rendre le tout plus égalitaire. J’ai aimé l’ampleur des espaces pour les possibles, de la distance, de dire fuck à ce qui est conventionnel, d’être mal élevée, mais surtout qu’il n’y a pas de vérité infuse ou de clef du succès. J'ai tout aimé! Immense coup de coeur.
4 ans plus tard, c’est un livre toujours aussi essentiel. J’avais besoin d’espoir, de forces, de sororité, surtout de la puissance des mots. Je peux honnêtement dire que c’est un de mes favoris.
La parentalité n’étant pas un thème qui me rejoint aussi profondément que d’autres, je ne pensais pas autant apprécier ma lecture. J’ai beaucoup aimé la plume quelque peu « désintellectualisée », plus directe et poétique à la fois que met de l’avant Martine Delvaux dans ce livre, même que j’ai d’autant plus apprécié celle-ci. J’ai pu lire sans me perdre dans les idées, me laisser voguer et suivre le courant, qui m’était finalement beaucoup plus confortable que je l’aurais pensé. C’est que l’autrice aborde plus que le fait d’être mère, mais l’amour, l’envie de voir et laisser l’autre briller. Bien que le lien parental soit unique en soi, l’approche de Delvaux nous fait penser les choses au-delà de ça. J’ai particulièrement aimé que soit adressée la démonisation des adolescentes, qui ne sont que très rarement prises au sérieux; c’est une manifestation de la misogynie qu’on adresse encore trop peu, et pourtant. Bref, c’est brillant d’avoir l’habileté de mettre en mots des parcelles de vécu aussi riches et inexplicables, et j’ai adoré voir cette facette de l’écrivaine.
« La manière dont on devient féministe est une chose mystérieuse. On pourrait croire que ça se fait principalement par le biais de textes, de mots, d’actions, d’une implication directe dans la société. Mais on tend à oublier que ça passe aussi par l’amour et le désir, par le désir et l’admiration que des filles peuvent éprouver pour d’autres filles et pour des femmes, pour des filles ensemble qui partagent le même amour pour les mêmes femmes, qui sont hantées par elles, et qui peut-être auront envie de faire quelque chose de cette hantise. » (p. 137)
« Je ne sais pas quel genre de vie tu vas mener, mais j’espère que tu n’oubliera jamais que tu as le droit d’en changer le cours. Le droit de te dire, un jour, en regardant autour de toi: Ceci n’est pas ma vie. Et de tout faire pour te remettre à bouger et recommencer à respirer. »
J’ai trouvé ça difficile de lire les mots de Martine Delvaux. J’avais les yeux qui baignaient dans l’eau. Le coeur secoué et gonflé d’amour. Ça résonné fort en moi. Je me suis vue à plusieurs reprises dans cette maternité remplie de respect, de confiance et de force. Depuis la naissance de ma fille, je me questionne davantage, me renseigne et j’ouvre encore plus mes horizons. J’essaie de mettre à sa portée tout ce dont elle aura besoin pour s’épanouir, s’affirmer et développer sa propre personnalité, ses goûts et son ouverture d’esprit.
Quand je la voie mettre un de ses tutus pour jouer avec ses hot wheels, je souris fort intérieurement.
Le monde est à elle. ♥️
À lire sans hésiter !!
« Je n’ai pas cherché à faire de toi quelque chose en particulier. J’ai seulement voulu t’aimer, le mieux possible, essayer de te donner de quoi avancer dans le monde avec les pieds bien plantés, avec l’assurance de mon amour, de ma fidélité à cet engagement-là, dans ma vie: ma vie avec toi. Te placer, toi, au centre. »
touchant pour toute maman qui a une, ou deux, ou trois filles qui sont passées par l'adolescence. ne pas commencer à lire dans un parking de la sepaq, en attendant une blind date. à lire surtout sur recommandation d'une de ses filles.
Quand j'ai commencé ma lecture, j'ai rapidement trouvé le ton grandiloquent, et ça m'a agacée. J'avais l'impression que l'autrice se disait "J'écriiiiis pour la postéritéééééé" [avec une voix d'outre-tombe]... Ça entravait ma lecture. J'avais l'impression de sentir l'intention de l'autrice. Puis, vers la fin (le livre n'est pas très long), j'ai cru remarquer un changement de ton. L'écriture semblait plus naturelle, plus fluide. Ça faisait du bien. J'ai aussi beaucoup aimé que Delvaux parle de l'adolescence de façon différente des jugements habituels. Et il y a cette citation, que je voudrais que le monde entier lise : "Et si ton corps s'exprime, que ta peau rougit, que tes yeux s'assombrissent, que ton débit s'accélère, que tu te mets à trembler ou à pleurer, sache que c'est parce que c'est nécessaire, ce n'est pas une tare, un péché ou une maladie. N'oublie pas que tu as le droit d'exister." (p. 129)
Bref, une bonne lecture. Ça se lit rapidement et c'est somme toute assez agréable.
Que c’est beau. Ma première oeuvre de Martine Delvaux. Une lettre touchante à sa jeune fille qui reflète une belle relation mère-fille, un safe space. Martine donne des conseils à sa fille que j’aurais aimé recevoir à cet âge là. J’aime qu’elle rappelle à celle-ci à quel point elle est privilégiée et qu’elle ne doit jamais l’oublier, que notre travail en tant que femme blanche est de s’assurer que le féminisme inclut TOUTE LES FEMMES! Femmes trans, femmes racisées, femmes noires, femmes autochtones, femmes à minorités visibles, femmes avec un handicap, femmes qui ne correspond pas nécessairement aux standards de beautés, femmes du Moyen-Orient, de l’Asie, de l’Afrique, de l’Amérique Centrale et Sud!!!! Bref, toutes les femmes oppressées de ce monde. Hâte de lire ces autres oeuvres.
En cette Journée internationale des droits des femmes, j'avais envie de lire un bouquin inspirant. Quelque chose qui porte à réfléchir sur le féminisme, le vrai, pas celui qui laisse certaines femmes de côté. Et j'ai trouvé cet essai!
J'adore la façon dont Martine Delvaux ramasse, ressasse ses idées, fait le tour d'un sujet en explorant tous ses aspects individuellement et réunit dans ses œuvres celles d'autres femmes qui ont inspiré sa vision du monde. Sous cette couverture, en particulier, je retrouve certaines de mes autrices préférées. C'est chaud, doux, rassurant. Quoiqu'il arrive, quelles que soient nos luttes, on est ensemble. On existe en même temps.
Cayó por casualidad en mis manos este librito de 120 páginas de la feminista canadiense Martine Delvaux y, en tres palabras, me ha fascinado. Se trata de una carta a su hija adolescente en la que, con todo amor, le ofrece un legado de pensamientos sobre los valores de las mujeres y de cómo defenderse en un mundo heteropatriarcal. Está muy bien escrito y en cada página se encuentra un mensaje maravilloso sobre el verdadero sentido de la maternidad. Muy inspirador.
Ce livre a tellement résonné en moi. Il m’a apporté son lot de réflexions. Je peux reprendre une phrase du livre et dire que c’est exactement ce que ce livre m’a fait vivre.
« Des livres qui nous tirent vers le haut parce qu’ils nous obligent à penser. »
J’ai envie d’acheter le livre et de le mettre dans la boîte souvenir de ma fille, en lui écrivant une note personnelle au début. J’aurai aimé écrire ce livre, tant je m’y suis reconnu en tant que mère et féministe.
« Les femmes représentent une quasi-majorité minorisée, et tu seras sans doute consciente, toi aussi, qu'il te faut sans cesse survivre (Ta-Nehisi Coates). Mais à l'intérieur de cette minorité, tu représentes une majorité. Tu cours bien moins que d'autres le risque de ne pas être entendue et représentée. Tu cours bien moins que d'autres femmes, autochtones, racialisées, trans, économiquement défavorisées, vivant avec un handicap, le risque d'être violentée. Ta survie est plus assurée que celle d'autres êtres humains, et tu dois avancer dans le monde animée par cette conscience. Tu dois chercher d'autres visages que ceux qui te ressemblent. Et tu dois protester contre cette beauté unique partout affichée. Si tu n'as pas décidé du corps que tu as, tu peux décider de la manière dont tu l'habites. »
Ce petit livre, à mi-chemin entre le journal intime et l'essai, m'a vraiment beaucoup touchée. Il m'a fait réfléchir un peu sur la question de la parentalité, mais surtout sur mon propre féminisme. Je ne m'étais jamais arrêtée à l'importance de l'amour dans l'idée même du féminisme. Les mots de Martine Delvaux sont tantôt doux, tantôt romantiques et plus tard vifs et passionnés. Ils m'auront réchauffée en ce froid mois de janvier. Cela se lit tout seul et c'est plutôt court.
Que vous vouliez ou ayez des enfants ou non, ce petit livre est une main tendue à réfléchir sur notre vivre-ensemble.
Magnifique livre. Parle beaucoup de féminisme. De l’instant présent de 2017. De l’amour d’une mère pour son enfant, de l’amour de la liberté et de tout ce qu’elle souhaite lui transmettre. Beaucoup de liberté d’être soi. C’est une bouffée d’air frais, même quand on a pas d’enfant car ça nous rappelle, nous ordonne la permission d’être soi, pleinement et totalement soi, sans compromis. Un livre unique, qui se picore et se dévore. Une très belle lecture.
Wow. Wow. Et, re-wow! C’est la première fois que je plie autant de pages. J’ai écrit dans les marges, j’ai souligné et j’ai mis des cœurs. Ce roman, je voulais me l’approprier pour garder certains passages touchants. ❤️
Je suis tombé sous le charme de cette lettre émouvante, de son analyse sensible et sans prétention de la relation mère-fille. Je suis infiniment touchée. Le féminisme se doit d'être inclusif, la lutte se doit d'être intersectionnelle. Et surtout, le féminisme vient au fond, que d'un profond sens de la justice et de l'équité, et donc, d'un amour pour les autres plus fort que tout. Je relirai ces pages, souvent. Et je les ferai lire aussi, à ma peut-être futur progéniture, pour qu'elle sache, qu'elle le lise noir sur blanc, que ces mots agissent comme un écho à l'infini : « Tu as le droit d'exister. » 5/5!
« L'amour comme manifeste féministe. La déclaration d'amour comme manifestation féministe. Est-ce quon peut penser le féminisme sans penser l'amour? » (Le monde est à toi, Martine Delvaux, p. 23)
Martine Delvaux transmet un puissant message à sa fille, et par le fait même, un enseignement nécessaire aux femmes. Comment mettre au monde une jeune fille, et plus tard une adolescente? Comment la guider dans un monde encore formaté par le patriarcat, hanté par la constante menace de la culture du viol et de la masculinité toxique, qui influencent encore trop les relations sociales et les représentations cinématographiques? Elle livre un message puissant, emprunt d’amour et d’un activisme féministe.
Uqàm je t'aime de m'avoir offert des professeures qui dans des livres mauves avec des DocMartens dessus écrivent : "J'ai collé sur le mur de mon bureau une série de portraits de toi. Comme des talismans contre la cruauté, la méchanceté, la médiocrité, pour me rappeler pourquoi je suis là, marquer que je ne suis pas là pour afficher mon savoir, m'installer bien à l'aise dans une tour d'ivoire, mais pour interroger sans cesse ma propre pensée, me laisser fragiliser" (merci Martine).
Llevo un tiempo siguiendo a la editorial Firmamento, me llama mucho la atención su línea editorial y, cuando me ofrecieron leer este libro no dudé en aceptarlo.
La verdad es que pensaba que me iba a encontrar un ensayo donde hablara de la maternidad y del feminismo, cómo educar desde esta perspectiva. Pero ya os digo que con las primeras páginas queda claro que no, la propia autora lo aclara: "Nunca he creído que tuviese derecho a decir a las madres cómo educar a sus hijas en el feminismo. ¿Quién puede permitirse afirmar algo así? ¿Desde qué posición y desde qué privilegios? ¿Quién soy yo para atreverme a hacer eso?".
Este libro de 119 páginas muestra los pensamiento de una madre, pasando por distintas etapas de su vida: cuando ella era adolescente, cuando su hija es un bebé, adolescente, sus primeras palabras, etc; y todos los pensamientos e inquietudes que le suscita lo relacionado con la maternidad y su educación. Los lazos que unen a la madre con su hija, ese concepto de posesión que la autora rechaza de plano y cómo intenta que su hija descubra el mundo con sus ojos. No cree en los patrones ni en las reglas de oro en la educación, se cuestiona si esos manuales de instrucciones (o de consejos) con recetas infalibles para criar son útiles. Habla de las series que veía ella en su época y las que consume su hija (Por trece razones).
A lo largo de estos breves pensamientos, la autora incluye frases de distintas celebridades entre ellos: Virginia Woolf, Martin Luther King, Ursula Le Guin, Chimamanda Ngozie Adichie, Ariana Grande, Beyoncé, etc. Y cita referencias a distintos artículos y documentales, e incluso referencias artísticas («La chica sin miedo» que estaba delante del toro de Wall Street).
No solo se centra en el feminismo, también hablará del racismo, la integración y de si la sociedad es tan «abierta» como se piensa.
La verdad es que me ha durado un suspiro, el planteamiento de la autora ha sido bestial. Desde el primer momento traslada su experiencia a través de pensamientos, de sus propias dudas y de cómo ha evolucionado. En todo momento es como si estuviera hablando con el lector, pensando juntos. Conjugando vivencias propias con citas inspiradoras y momentos conocidos por todos. No busca aleccionar al lector ni en ningún momento hace amago de reconducir el pensamiento del que está leyendo, ella cuenta su experiencia y suelta "datos", invitando a reflexionar al lector.
No es un manual sobre cómo educar a vuestros hijos para llegar a una sociedad más tolerante e inclusiva, es un libro para analizar el momento que estamos viviendo y cómo nos queremos ver en un futuro, y a partir de ahí aportar nuestro granito de arena para los que vendrán más adelante.
Martine Delvaux le escribe un libro a su hija en el que le da una serie de máximas para vivir su vida desde una perspectiva feminista, algo que al parecer a su hija no le hace falta porque lo tiene interiorizado aunque no se obsesione con ello, como si lo hace su madre.
Delvaux vive inmersa en un mundo en el que todo tiene que pasar por el tamiz del feminismo para ser aprobado, o en caso contrario directo a la cultura de la cancelación (incluyendo al padre, que sabemos que existe por una simple frase del libro, pero que al parecer no pinta nada en la educación de su hija). Debe ser muy aburrido tener que vivir así, al igual que le pasará a los que dedican todo su cerebro a tamizar la realidad con un sesgo nacionalista, animalista, fascista o lo que sea. Cada una de las decisiones que hay que tomar en la vida, según Delvaux, tienen que hacerse con un filtro feminista, no simplemente porque sí, de manera natural, como lo hace su hija.
Su obsesión recuerda a la de los protagonistas de "Un dios salvaje", de Yasmina Reza, que se reúnen para hablar sobre el comportamiento violento de sus hijos, y mientras los padres van cayendo en una situación absurda y enredándose con todo tipo de discursos demagógicos, los niños están tan tranquilos jugando juntos.
Delvaux además comete el que, a mi parecer, es un error, que es intentar utilizar el lenguaje de los adolescentes para estar a su nivel. Cuando lo hace, queda totalmente ridículo, y parece una caricatura de Los Simpson.
El problema del libro, en definitiva, es que la autora se toma demasiado en serio lo que su hija ya sabe de sobra ("No pasa nada, mamá", lo entiendo, decías justo antes de ponerte los auriculares en los oídos) y además hace pensar que si en lugar de una hija hubiera tenido un hijo no le habría escrito nada en absoluto.
Être mère, et plus que cela, être une mère féministe : qu'est-ce que cela signifie aujourd'hui ? Quel est l'impact sur l'adulte en devenir ? Comment l'adolescente se structure-t-elle dans ce type de schéma-là ?
Forcément je me suis reconnue dans ce roman autobiographique (je suis mère d'ado) avec parfois les mêmes questionnements ou façons de faire (j'ai aussi cette idée, ancrée en moi, que l'écriture apporte grandement sa contribution, comme si quelque chose passait à travers elle presque sans le vouloir…).
Mais Martine Delvaux ne nous sert pas un énième témoignage ou un guide de ce qu'on devrait dire ou faire avec nos filles en tant que féministe (ça n'est pas le propos, et elle ne considère pas non plus sa fille comme un sujet d'étude, même si elle l'observe beaucoup évidemment en tant que mère). En vérité ce livre elle ne l'a pas écrit pour nous, elle l'a écrit pour sa fille. Et cela se voit.
Elle disserte sur ses rapports mère-fille, raconte des anecdotes, nous donne à voir un petit bout de sa vie mais toujours en respectant celle de sa fille (et ce qu'elle veut bien donner à voir ou entendre d'elle-même).
Une sorte de lettre que l'adolescente lira (peut-être) aujourd'hui ou demain. Aucune obligation, au final rien que de l'amour pur entre une mère et sa fille, qui aura à suivre son propre chemin, prendre ses propres décisions…
On dirait une longue lettre d’amour qu’une mère écrit à sa fille. Un espèce d’héritage pour apprendre à mieux se connaitre en tant que femme, mère, fille. En même temps, une réflexion sur ce qu’est ou pourrait être le féminisme.
Quelques citations :
« Angelou écrit ses mémoires doublées de conseils pour celles qui la liront : Fais tout ton possible pour changer les choses qui te déplaisent et si tu ne peux opérer aucun changement, change ta façon de les appréhender. Tu vas trouver une solution. Ne geins pas. Gémir informe la brute qu’une victime est dans les parages. Fais-en sorte de ne pas mourir sans avoir accompli quelque chose de merveilleux pour l’humanité. », p. 56
« Être féministe, ce n’est pas, comme certains individus se plaisent à le caricaturer, se complaire dans une position de victime. Être féministe, c’est être vigilante, curieuse et à l’affut, critique et soupçonneuse des discours dominants. C’est regarder derrière pour voir devant, et continuer à rêver, par des paroles et des gestes militants, un monde plus tolérable, un monde où l’on vivrait mieux. » p. 69.
p. 69 "Être féministe, ce n'est pas, comme certains individus se plaisent à le caricaturer, se complaire dans une position de victime. Être féministe, c'est être vigilante, curieuse et à l'affût, critique et soupçonneuse des discours dominants. C'est regarder derrière pour voir devant, et continuer à rêver, par des paroles et des gestes militants, un monde plus tolérable, un monde où l'on vivrait mieux."
p.130-131 "Que cesse ce cycle infernal où les filles, dès leur plus jeune âge, se pensent moins intelligentes, moins compétentes que les garçons, des garçons dont certains deviendront des hommes politiques médiocres qui ne cesseront de refuser qu'on atteigne la parité par la mise en place de quotas de crainte que ne soient élues des femmes simplement parce qu'elles sont des femmes, des femmes incompétentes, comme si eux n'avaient pas été élus parce qu'ils sont des hommes, comme si être un homme garantissait qu'on est capable, fiable, juste, honnête, digne de confiance..."
"Enseigner a à voir avec l'acte de poser des questions bien plus qu'avec celui de fournir des réponses."
Quand j'ai choisi ce livre à la bibliothèque, je ne m'attendais pas du tout à ce que ça me fasse autant de bien de le lire!
Martine Delvaux aborde cet essai comme une sorte de lettre qu'elle adresse à sa fille, qui avait alors 14 ans.
Si vous avez des ados et surtout, qui aiment lire, je crois que vous pourriez doubler le plaisir de cette lecture en faisant une lecture commune avec iels et en partageant vos avis ensemble.
"On pourrait penser qu'être une mère féministe, c'est emmailloter son enfant de discours militants, et le faire tout le temps. J'ai plutôt l'impression que c'est toi qui m'as emmaillotée d'enfance, m'imposant une distance nécessaire, de l'espace et du temps, ce qu'il fallait pour te permettre de grandir et pour m'empêcher, moi, d'être avalée par le monde."
Journal ou essai intime déconstruit où il est facile de se perdre dans le labyrinthe de pensées de l’autrice qui sont adressées à sa fille. Des passages répétitifs, surtout dans la première partie, qui s’attardent à la quête d’une justification de cet essai pour l’autrice. Bien que ces passages visent à nous introduire avec authenticité dans son intimité, ils se retrouvent à la longue à être plutôt ennuyants. Si certains éléments sur la relation mère-fille sont renversants, touchants et souvent plus que pertinents, je note une dissonance entre les propos de l’autrice qui dit vouloir laisser sa fille être et faire ce qu’elle veut, mais qui finit par lui donner une série de conseils (à l’impératif) sur ce qu’elle doit faire et être.
Je pense définitivement que ce genre de livres (essai) n’est pas pour moi. C’était pourtant prometteur: une lettre d’amour remplie de féminisme (trop?) d’une mère à sa fille de quinze ans. Je n’ai pas du tout été touchée. Peut-être parce que je n’ai pas été capable de me reconnaître dans l’auteure, étant mère de garçons? Pourtant, je m’attache à d’autres personnages qui sont encore plus à l’opposé de moi…je ne sais pas. Je pense que ca nous touche, nous accroche ou pas. Pour moi, ça n’a pas fonctionné. Quelques passages m’ont tout même fait sourire.
On a pas tout à fait la même vision du féminisme, Martine Delvaux et moi, mais qu’importe. J’ai bien aimé les citations (je me demande : pourquoi jamais de majuscules à bell hooks ?) C’est mimi tout cet amour pour sa fille qui transparaît
L’autrice a très bien résumé mon expérience du livre : « Tu traverserais sans doute ces pages rapidement, en lirais certains morceaux avec attention, et d’autres distraitement » J’ai trouvé le début un brin ennuyeux, mais j’ai quand même lu le livre en 2 traites