Il s'est fait des copains. Il travaille bien en classe. Il est poli et gentil. Il fait l'admiration de tous, parents et professeurs. On le donne en exemple. On dit qu'il est un modèle d'intégration. Il a treize ans et il mesure 1,38 m. Alors, pour rigoler, les autres l'appellent le nain jaune. Il est l'un des deux millions de Sud-Vietnamiens qui ont fui leur pays envahi par les troupes communistes du Nord en 1975. A l'époque, on les avait baptisés les boat people. Peu à peu, avec des moyens de fortune, sa famille a reconstruit sa vie en France, terre d'asile. Grâce aux rites, aux fêtes, aux bougies, aux photos, à l'encens, aux fruits de toutes les couleurs, elle enseigne au petit dernier à maintenir la tradition du bouddhisme. Lui, écartelé entre le passé et l'avenir, ne se sent ni intégré ni gardien des traditions. Il se sent perdu. Par éclairs, il revoit des images d'avant, des souvenirs de là-bas. Une barque sur l'eau calme, un pays entier à réapprivoiser, à rejoindre.
Lecture surprise du mois car livre au programme de 3ème de certains établissements scolaires. Je n'avais pas prévu de me faire un retour en arrière en mode "lectures d'élèves", mais pour 96 pages, je pouvais bien trouver du temps.
Lecture rapide. À la portée des élèves. Certains sujets évoqués peuvent donner lieu à des conversations sûrement plus poussées (attention à ne tomber dans le stéréotype et la caricature).
L'histoire est une fiction, inspirée de ce qu'a pu vivre l'auteur et de ce qu'il a entendu, connu par le biais de sa famille (voir post-face).
L'écriture peut rappeler un peu celle des auteurs du 20e. Coïncidence ? Pas forcément. L'auteur est enseignant universitaire. Pour ma part, ça me rappelle également un peu la littérature japonaise, où il ne se passe pas forcément grand-chose mais il y a de l'émotion, des moments de vie, etc. L'histoire se lit plutôt bien, après ça reste une lecture courte et c'est tant mieux.