Récit de voyage accompli par Coatalem et un de ses amis en Corée du Nord, ce livre commence par un compte-rendu parfois amusé de l'itinéraire hautement surveillé, chronométré et millimétré conçu par l'Etat pour le représentant d'une agence de voyage qu'il prétendait être. Foin de musées grandioses, de visites de villages ou de fêtes traditionnelles, la réalité est beaucoup plus sordide.
Les conditions de vie sont affreuses, la pénurie alimentaire se fait sentir pour (presque) tous, l'impression ressentie est que ce peuple vit la tête basse (ou au garde-à-vous), sans oser regarder autour de soi ou dire quoi que ce soit de peur des représailles.
L'amusement tourne assez rapidement à la colère, voire à la dépression - forcément, raconter ce qui se passe sous une dictature n'est pas gai.
Je n'ai pas appris grand-chose que je ne savais déjà, mais étant donné les conditions dans lesquelles se sont déroulées ce voyage surveillé, j'en ai plus retenu une sensation d'étouffement. Coatalem, à la fin, pense d'ailleurs à ses guides/agents de surveillance en se demandant si ce livre ne va pas leur retomber dessus...
Une anecdote : un jour, il lit un ouvrage qui tombe dans la baignoire. Le livre étant impossible à sauver, il le jette à la poubelle. Plus tard, sur la route, coup de fil, contrôle, pourquoi a-t-il laissé ce livre dans sa chambre, dans quelle intention ? Evidememnt, parce qu'il était mouillé et illisible. Mais, par mesure de prudence, l'ouvrage sera détruit.
"Quant aux livres du département français [du Palais des Etudes du Peuple, à côté des 50 oeuvres complètes reliées et traduites en diverses langues de Kim Jong-il], il nous a été déposé non sans fierté sur une table (conçue par Kim Jong-il en personne) un ouvrage sur la cuisine romande, un album à dos spiralé sur la botanique des Alpes, et un précis d'électromécanique pour les machines-outils, ce qui nous a peu servi."