Nommé au poste de Premier ministre à la veille d’une campagne présidentielle inédite, Bernard Cazeneuve verra se produire de multiples événements que l’on n’attendait pas. Lorsque le temps d’un gouvernement est contraint, lorsque le contexte historique est singulier, l’engagement ne se compte pas en mois ni le dévouement en semaines. L’engagement et le dévouement ne cherchent pas la récompense. Ils s’estiment en réformes poursuivies, en actions menées, en progrès accomplis. Chaque jour compte alors, et le temps limité donne à l’exercice de l’État un supplément de densité. Écrit avec élégance et finesse, ce livre est le récit de ces cent cinquante jours trépidants, vécus au coeur de la machine Matignon.
Avec ce livre nous accompagnons Bernard Cazeneuve dans les 150 jours passés à Matignon. Tout en luttant contre la menace terroriste toujours présente, il tente de maintenir l'unité gouvernementale dans l'ambiance particulière de la fin du mandat présidentiel, et assiste avec inquiétude à la montée des populismes, en Europe et dans notre pays. Une phrase qui revient très souvent "j'ai dit ce que je croyais juste"... et qui ne donne pas toujours satisfaction à son interlocuteur. On découvre le sens de l'autodérision du personnage, visible en particulier dans le récit de la rencontre avec le Premier ministre albanais. On découvre aussi que l'élégance, chez Bernard Cazeneuve, loin d'être une notion purement vestimentaire, est une exigence constante qui structure la pensée et le comportement. On pense aussi à la "sombre fidélité pour les choses tombées" évoquée par Victor Hugo. La lecture ne peut qu'inspirer ou renforcer le respect qu'on a pour Bernard Cazeneuve. Alors pourquoi trois étoiles seulement ? Parce que l'équilibre équidistant trouvé par cet ouvrage entre un récit réellement au jour le jour, qui eût été plus factuel et nerveux, et une vrai prise de recul, en forme de testament politique, laisse le lecteur un peu sur sa faim.