Tout ici est vrai. Or, ça ne s'est pas passé comme ça. Enfonçons-nous dans l'histoire de la ville - Rosemont, le Mile End, les ruines sous l'échangeur en morceaux - tandis que les metteurs en scène se jouent des acteurs et que les têtes sautent, car la littérature est parfois mortelle. Qu'importe la grâce du saut de l'ange, il s'insinue bien plus que de l'air dans nos poumons, ou conspirent les dommages collatéraux, les oedèmes sublimes qui nous achèveront de l'intérieur, nous les semi-noyés.
Dans les sept histoires des Noyades secondaires, familles amochées, amours et amitiés fallacieuses, athlètes trahis par leur corps défaillant et artistes se mesurant à la puissance de l'art dressent un portrait vigoureux et amusé d'un Montréal chargé des traces fuyantes de son passé.
Wow, j'ai vraiment adoré ça. Un recueil d'histoires de grande qualité qui m'ont toute accrochée par leur style et leur originalité. Un auteur à découvrir!
Une fois de plus, envers et contre tous, je dois assumer, je n'ai pas aimé ce livre. L'écriture est belle, bien écrite, mais je l'ai trouvé sans rythme, très lente, trop pour des nouvelles à mon sens. Préférence personnelle, j'aime les nouvelles qui nous poussent, qu'on dévore et qui finissent avec une chute brutale, surprenante, troublante. Alors qu'ici il n'y a rien de cela. À mon sens, il s'agit plus de mini-roman que de nouvelles. Bien que je souligne le talent d'écriture, ce n'est pas suffisant pour faire de ce livre un succès.
Je termine sur une petite note éditoriale sur la littérature au Québec... Je trouve qu'on souligne, salut et cri au succès de trop de roman québécois (comme nos émissions de télé et nos chanteurs d'ailleurs avec nos prix/galas gémeaux, adisq et artist pour tout un chacun). Il se produit de bien bonnes choses au Québec en matière de culture, mais beaucoup de mauvaise aussi et à force de crier au génie pour tout et rien, on passe à côté des vraies perles qui se perdent dans une masse de célébrations pas toujours méritées. Je trouve également que l'on se donne de plus en plus un petit côté littéraire snobe/prétentieux si longtemps critiqué à nos cousins français en édifiant uniquement la «grande littérature» un prime la plume avant tout, ne me raconte rien, ne présente rien, mais écrit le bien... J'avoue préférer une bonne histoire, de grandes idées avant une plume, celle-ci demeure un élément de l'écriture, mais pas nécessairement le premier... C'est simplement mon opinion, mais je voulais vous la partager!
Depuis Atavismes, on sait que Raymond Bock est un grand écrivain. Je le salue ici pour la cohérence de sa construction narrative, il y a certainement une architecture à louanger, dans ce recueil aux échos symboliques et sémiotiques puissants.
Mais boy oh boy, ça m’a fait tout drôle de retomber dans un univers si masculin, si viril, si toxique. Un univers où toutes les femmes sont belles et lointaines, désirables par le fait même. Un univers où la violence, la perte de contrôle, n’est toujours qu’à une bière ou un shot de fort de distance.
J’imagine que c’est ça, le male gaze. Ça me fait énormément réfléchir à ma pratique.
D’une certaine manière, c’est un livre d’une grande tristesse. Et c’est un peu comme lire du Bukowski, mais sans l’autodérision.
La construction est savamment pensée et donne une belle cohérence au livre. On a souvent un sourire en coin pas loin, que ce soit dans les nouvelles plus réalistes, ou celles qui frôlent le "fantastique". Je renoue avec l'auteur d'Atavismes. Bref, c'est fort.
Le pouvoir de la nouvelle réside dans deux ingrédients : la plume et la chute. Alors que le second n’est pas toujours mis en valeur dans LES NOYADES SECONDAIRES, le premier est de haut niveau. Très haut. Maxime Raymond Bock exploite savamment les mots pour amener le lecteur à plonger dans les mondes qu’il créé. Des mondes où la chronique quasi hyperréaliste côtoie parfois le mystique, voire le fantastique. Les descriptions sont suffisantes: détaillées lorsque le récit le requière et brèves lorsque davantage aurait été superflu. Des mots à usage discret sont parfois utilisés (merci Google de m’accompagner), variation de temps de verbes, tout comme la longueur des phrases, des paragraphes et des chapitres. Bref, le lecteur n’est pas prisonnier d’une convention. Il est plutôt captivé par la fraîcheur de la proposition.
S’agissant d’un recueil de nouvelles, l’auteur y ajoute même un troisième ingrédient : un habile lien entre les textes. Montréal.
Allégorie de personnages, de fascinantes intrigues, parsemées d’humour noir, d’amitié et de tendresse. Et toujours ce Montréal, ces montréalais.
J’aurais aimé mieux connaître la métropole pour visualiser davantage les références, mais, par ses fines descriptions, l’auteur a eu la délicatesse d’user de mots qui ont fait couler les décors et le folklore dans mon imaginaire.
On exige à un recueil d’être constant dans la qualité des textes. Ici, il l’est.
Mes préférés : « La ville invisible 1, Charles à rebours » et « Noyade secondaire 2, Rosemont de profil ». La dernière, « Noyade secondaire 3, Pneumothorax » est suffisamment longue et solide pour être publiée sous forme de novela.
Une belle lecture.
« Dans l’ivresse maladroite, ils tentèrent d’apaiser leur détresse. Ce fut brouillon et sans volupté, mais ils admirent qu’il vaudrait sans doute la peine de se donner une nouvelle chance bientôt. Ils firent un peu mieux le lendemain. »
« Elle était presqu’aussi grande que moi. Une très belle femme, de loin plus belle en réalité que sur les photos que j’avais vues d’elle sur la page internet. Ses cheveux noirs étaient détachés. Elle avait un corps de maman, un peu gras, une généreuse expérience de la vie parfaitement proportionnée. »
Une recueil d'histoires issues d'une grande imagination et écrites avec une langue qui s'assume : du passé simple, des sacres, des phrases à grand déploiement ou courtes et précises, le tout campé dans un Montréal que je connais.
Un livre qui fait exploser les têtes, un pneumothorax qui fait réfléchir, une urne dans une pièce de théâtre, un embouteillage durant une canicule qui finit en exploration d'un pilier de l'échangeur Turcot, des retrouvailles ratées à cause de l'étouffement d'un bébé...
Quelques histoires étaient moins captivantes, mais elles avaient toutes un petit quelque chose qui donne envie de continuer. Une très bonne lecture, ponctuée de réflexions sur la vie d'une grande valeur, et de remarques et de retrouvailles touchantes. L'histoire de Julien m'a vraiment bouleversée.
Dans les premières pages :
"car on se consacre à vivre le bonheur et non à le documenter, le bonheur incandescent qui ne laisse jamais de trace."
Dans la 1ere partie, nommée Noyade secondaire, le recours immodéré à des lieux précis de Montréal m’a excédé; je me disais « ah non! Pas encore cet nombrilisme montréalais (Québec), cette mélancolie! ». Cependant, dans les parties qui suivent le tout devient moins envahissant et on se laisse porter par la narration.
J’ai notamment appris que la rue perpendiculaire Gilford (ainsi, peut importe la direction que l’on prend, on ne peux éviter de croiser cette artère) fait référence à un dénommé Joseph Guibord. « Le nom Gilford est une déformation du patronyme Guibord. « Ce dernier nom fut mal transcrit sur les plans de Montréal préparés par Henry W. Hopkins en 1879 (après la conquête des Anglais sur la Nouvelle-France); cette erreur fut reproduite par la suite sur d'autres plans » (Wikipedia).
La partie « La ville invisible 2 » n’es pas sans rappeler l’oeuvre 1Q84 de Haruki Murakami, avec quelques pages en moins… ;)
Sept histoires qui se font écho, plus ou moins discrètement. Un peu rebutée au départ, par un style qui m'a d'abord laissé perplexe, bizarrement alambiqué, plein de contournements. Ça se place (ou je m'habitue), et je progresse dans ma lecture avec beaucoup plus d'enthousiasme. Souvenirs, réminiscences, on revient toujours au passé. Montréal comme toile de fond, ou plutôt au premier plan et des personnages féminins assez plates et effacés, sauf quand il est question d'écrire un roman qui fait exploser les tronches. Une lecture le fonne, surprenante. La dernière histoire s'étire, avec un peu d'impatience, j'ai attendu que la boucle se boucle pour laisser les noyés entre eux et poursuivre ma route.
Meh! Mes attentes étaient peut-être démesurées, mais j'ai progressé lentement dans cette lecture. Certaines parties m'ont intéressé... d'autres pas du tout. Je perçois de belles qualités dans cette oeuvre. Toutefois, je m'en tiens à cette note, car je ne suis pas parvenue à être absorbée le moindrement par ce récit.
Un si petit livre qui devient interminable tant il est source d'ennui. On croirait que l'auteur a fait ses premières découvertes sur l'anatomie humaine et a voulu pondre un livre pour y faire l'étalage de ses apprentissages. Un ramassis d'histoires lassantes, dénuées de rythme avec des personnages inattachants.