Une méchante fée se serait-elle penchée sur son berceau ? Catherine Mavrikakis cherche à contrer le mauvais sort que les membres de sa lignée lui ont lancé. Elle n’est pas morte à 36 ans comme sa grand-mère dont elle a hérité le prénom et comme son père le lui avait prédit. Mais à quel prix ? Qu‘a t-elle sacrifié ? Quel rêve a-t-elle dû assassiner ? À travers ses souvenirs, Catherine comprend l’importance dans son entourage de présences féminines souvent tragiques. Ce sont ces femmes qui lui ont permis d’exister. Elle retrouve alors la petite fille aventureuse et terrorisée, fragile et puissante, désespérée et pleine de vie qu’elle a été. Comment vit-on en ne se soumettant pas à l’avenir que d’autres ont écrit pour soi? Que doivent inventer celles à qui on a dessiné un avenir? L’écriture sait-elle mettre fin au ressassement des souvenirs qui entravent le futur? Protège-t-elle contre les malédictions de toutes sortes ? Que reste-t-il de celle que Catherine n’a pas voulu être ?
Catherine Mavrikakis est née le 7 janvier 1961 à Chicago, d’une mère française et d’un père grec qui a grandi en Algérie. Elle a partagé son enfance entre Ville d’Anjou, Montréal-Nord, Villers-Bocage en Normandie et Bay City (Michigan) et a été élevée avec son plus jeune frère par le poste de télévision auprès duquel elle dormait. Elle a subi une éducation stricte dans un lycée français à l’ “étranger” où elle a appris beaucoup de choses, dont l’injustice. En 1979, elle choisit vraiment Montréal, où elle fait des études de littérature et une dépression, qui la conduira à de longues années de psychanalyse. Il lui en restera toujours quelque chose… Pendant dix ans elle a enseigné à l’Université de Concordia où elle était heureuse. Mais tout à dégénéré dans le monde après le 11 septembre. Elle s’est donc retrouvée en 2003 à l’Université de Montréal, ce qui lui laisse beaucoup de temps pour écrire: Depuis 2000, elle a publié quatre romans : Deuils cannibales et mélancoliques (Trois, 2000), Ça va aller (Léméac, 2002), Fleurs de crachat (Leméac, 2005), Le ciel de Bay City, (Héliotrope, 2008) et une pièce de théâtre Omaha Beach (Héliotrope, 2008). Elle a écrit un essai-fiction sur la maternité avec Martine Delvaux: Ventriloquies (Leméac, 2003) et rédigé un essai: Condamner à mort. Les meurtres et la loi à l’écran (PUM, 2005). Elle anime une émission “Rêvez pour moi” sur Radio-Spirale où les invités doivent parler de leurs rêves, ce qu’ils ne font pas toujours de bonne grâce.
Elle fait du yoga et de la méditation. Sa pose préférée est savasana. Elle a une fille de presque huit ans, un mari assez rustre, des amies roumaines, un filleul adorable et bavard et deux marraines extraordinaires pour sa fille. C’est pourquoi elle partage une devise avec les Républicains, des Conservateurs et les Grecs: Vive la Famille!
Je connaissais Catherine Mavrikakis de nom mais je n’avais pas eu la chance de lire un de ses écrits. Comme « première fois » ça fesse. J’ai adoré, un récit véridique (ou non peu importe), qui nous transporte entre autre dans l’Est de Montréal (Anjou et Saint-Leonard) dans les années 60-70. Trois souvenirs de l’auteur (c’est l’exercice de la collection III). Encore une fois: oui, oui et oui !
Roman de vie, de mort, de famille, d’oubli. Trois récits intenses de la vie de cette superbe autrice. Sur la nécessité d’oublier, parfois. Pour survivre.
C'est ce qu'on demande aux auteur.e.s de partager dans cette collection. Je l'ai déjà dit mais je vais le répéter, j'aime beaucoup ce concept. On laisse aussi planer le mystère si ces histoires sont toutes véridiques ou quelque peu transformées. Dans un cas comme dans l'autre, deux des trois récits choisis par Catherine Mavrikakis étaient troublants. Un peu comme un film d'horreur qui sortirait de la télévision pour s'inviter dans la vraie vie. Je ne me suis pas sauvée en courant alors je pense que ça démontre que le but de l'exercice n'était pas seulement de nous choquer.
3.7 J’ai bien aimé surtout son écriture dans ce tout petit livre qui parle d’elle. Elle revisite son enfance, son adolescence et sa vie adulte en 3 temps, 3 moments, 3 souvenirs. C’est assez spécial comme sentiments.
Ce qui restera est un court ouvrage de nature autobiographique magnifiquement écrit. Il s’agit d’un incontournable pour les amateurs de Catherine Mavrikakis, mais il reste parfaitement accessible à ceux qui ne l’auraient jamais lue. Qui plus est, le troisième souvenir est un brillant exercice de style où l'auteure utilise la répétition de manière subversive pour jouer avec les attentes du lecteur, notamment en enrayant le progrès narratif et en (cor)rompant le pacte de lecture. Review complète sur lilitherature.com.
Découvrez un extrait du troisième souvenir de Catherine Mavrikakis, soit celui dont elle ne veut pas se souvenir.