" Fais tout de même attention. C'est quand on baisse la garde que les chiens attaquent. " Le temps où Marie se rêvait en justicière insoumise appartient au passé. Arrachée à sa campagne natale, condamnée aux artères viciées de la ville qui accueille la Brigade des jeunes victimes, où elle officie en tant que lieutenant, la jeune provinciale avale des couleuvres. Car sur le terrain, la justice est un concept. Suicides, harcèlements, disparitions, viols... Et comme si la cruauté du monde ne suffisait pas, Marie doit au plus vite se faire une place au sein d'une équipe de flics à vif. Qui est l'homme dont Zolan crie le nom chaque nuit ? D'où vient cette fureur qui dévore Sophie ? Pourquoi, chaque premier jeudi du mois, le commandant reçoit-il toujours la même carte postale ? Voilà autant de secrets dissous dans les ténèbres urbaines au fond desquelles Marie espère enterrer le sien... Si le monde selon Gipsy Paladini se donne sous ses atours les plus noirs, ne vous fiez pas aux apparences : sa voix est lumineuse et perce avec rage l'obscurité.
Ce livre, je l’ai attendu avec impatience. J’ai découvert Gipsy sur le tard, alors qu’elle avait déjà publié ses deux premiers romans, « Sang pour Sang », et « J’entends le bruit des ailes qui tombent » . Je les avais adoré, et c’est d’ailleurs la lecture de Sang pour Sang qui m’avait donné l’envie d’ouvrir ce blog. A l’époque, les livres avaient été publiés en auto-édition. C’est désormais publiée chez Fleuve (maison d’édition, entre autre, de Franck Thilliez, s’il vous plait ) que Gipsy Paladini revient dans les librairies.
Le format « Vices » se présente sous un format particulier. Depuis quelque temps déjà, fleurissent en numérique les « séries » littéraires. Des histoires se déclinant en épisodes plus ou moins courts, sur un même thème, reprenant les mêmes personnages. Cette tendance fait écho à la mode des séries télévisées. J’en ai déjà chroniqué ici. Si les deux premiers épisodes de « Vices » (il y en aura huit au total) sont réunis en un seul et même volume papier, c’est séparément que vous les lirez sur votre liseuse puisqu’ils sont vendus à l’unité en numérique. Les épisodes sont indépendants, à la manière d’un épisode de série télévisée policière. En effet, chacun d’entre eux présente une seule enquête. Mais, comme pour leur pendant audiovisuel, il est préférable de les lire dans l’ordre afin de bien saisir l’essence et l’évolution des personnages. L’auteur nous indique en début d’épisodes, les musiques qui l’ont inspirée lors de l’écriture, et nous conseille de visionner les clips afin de s’immerger dans l’ambiance. C’est de plus en plus fréquent chez les auteurs, et je trouve ça formidable. Certains, comme Maxime Chattam, publie une playlist complète sur Internet.
Les enquêtes Alors que Gipsy nous avait habituée aux bas-fond de New York et à la noirceur des années 60, elle nous parachute cette fois dans une France contemporaine au ciel couvert de grisailles, parfois percé par quelques éclaircies. Elle prends d’ailleurs le parti (fortement apprécié pour ma part) de pas nommer la ville où se situe l’action et d’inventer totalement une brigade afin de ne pas s’embarrasser de détails techniques et procéduriers à respecter, qui, parfois, entravent la liberté d’un auteur (et l’adhésion du lecteur éclairé). La Brigade des Jeunes Victimes s’occupe, comme son nom l’indique, d’enquêtes dans lesquelles les victimes sont jeunes. Enquêtes variées donc, puisque la seule condition est l’âge de la victime.
Maintenant que le cadre est posé, allons dans le vif du sujet.
Le traitement des enquêtes est, à mon goût, classique, déjà vu. Peut-être un peu trop. J’ai l’habitude de parler de « clone » en littérature pour parler des romans qui ne font que reprendre une recette pour coller à un genre. J’ai eu vraiment cette impression en lisant ces deux premiers épisodes. Pour être honnête, je me suis même demandée un instant si ce n’était pas dû au changement de statut de l’auteur, qui est passé d’auto-édité, à publiée par une (grosse) maison d’édition, et à des demandes de retouches et de « lissage » pour mieux coller à un lectorat du polar à la Harlan Coben (J’en fais partie, je ne porte aucun jugement, c’est juste un constat. Les bouquins de Harlan Coben comportent tous les mêmes « ingrédients », comme ceux de Marc Lévy, et bien d’autres.) Peut-être est-ce simplement dû à mes deux précédentes lectures, très sombres, qui m’ont vraiment pris les tripes et desquelles j’ai du mal à sortir. Je n’ai pas la réponse, mais je suis toujours honnête dans mes retours. J’aurai pu vous dire que Vices était le meilleur livre de l’univers, ou même simplement qu’il était génial juste parce que j’adore Gipsy (sincèrement, et elle le sait) et que ses deux premiers bouquins font partie de mes livres préférés. Mais alors que je m’attendais à du très lourd, j’ai été un peu déçue. Sans doute la faute peut-elle être aussi en partie attribuée au format choisi pour cette publication. Le cadre doit être posé, les personnages doivent être mis en place, et tout ça prend du temps. Le choix d’enquêtes plus « lisses » pour les premiers épisodes a pu être délibéré pour ne pas perdre le lecteur. Il y a beaucoup de personnages, ils ont pour la plupart une histoire personnelle bien chargée. Alors ajouter des enquêtes complexes et trop chargées en émotion aurait pu être contre-productif.
Les personnages Je suis complètement charmée par les personnages. La noirceur, la complexité, le glauque, l’authenticité… tout ce qui m’avait plu dans les précédents livres de l’auteur se retrouvent dans Marie, dans Zoltan, dans Sophie, et les autres. Leurs histoires personnelles sont distillées par bribes au fur et à mesure de leurs interactions. Chacun lutte à sa manière contre ses propres démons, et c’est finalement ici que se trouve tout l’intérêt de Vices. Ici que l’on reconnait le style Paladini. Marie, la petite nouvelle, femme aux milles facettes et au secret bien gardé. Zoltan, qui cristallise à lui seul le côté bohème de l’auteur et ses attaches personnelles à la culture slave. Sophie, la grande méchante toujours en colère qui cache forcément des blessures profondes. La douleur sourde et invisible du commandant. Jusqu’à l’origine de la passion pour la K-pop de la geek de service (et là, nous retrouvons, au choix, Abby de NCIS, ou Pénélope d’Esprits Criminels…clones, ingrédients…tout ça, tout ça 😉 mais soyons bons joueurs/lecteurs, il s’agit là des codes du genre, et ça plait ) jusqu’à l’arrivée inopinée du tout nouveau psy/profiler qui est imposé par la hiérarchie pour une raison obscure. Bref, chacun des personnages à un intérêt, et pique, à un moment ou à un autre, la curiosité du lecteur.
Finalement, les enquêtes ne seront que des prétextes. Des cadres pour la mise en scène des personnages. Des mises en situation. Avec le recul, je crois qu’elles ont le droit d’être lisses. (Même si, qu’on soit d’accord vous et moi, je préférerai le contraire). Un livre, une histoire, a le droit d’avoir des points faibles. Parce qu’ils mettent en valeur ses points forts. Et parce que parfois, c’est le cas ici, le charisme, le style de l’auteur, sonne comme une promesse. Comme un baiser légèrement appuyé qui annonce la passion future et qui dit : « Pas tout de suite. Sois patient, on a tout notre temps »
Parce que ce n’est que le début, et que tout commence demain.
Un livre qui se décline en deux parties. Deux histoires pour la même brigade. La BJV, Brigade des jeunes victimes. Une équipe avec ses histoires, ses alliés et ses presque ennemis. Ceux dont il faut se méfier. Un petit air de "Polisse" de Maïwenn. Un grand air de Paladini ! J'avais déjà été happée par les précédents écrits de Gipsy: Sang pour sang et J’entends le bruit des ailes qui tombent mais alors là...Putain le truc ! (Me voilà à nouveau dans les gros mots mais parfois ça ne peut pas se dire autrement !) Vices c'est deux histoires aussi terrible, aussi dramatique l'une que l'autre: Trois petits singes et Zabulu. Vices c'est des personnages fabuleusement travaillés. Attachants et excellents: Marie, petite jeunette qui débarque de sa campagne, fan d'Eastwood. Zolan le ténébreux au grand cœur. Bia, fan de pop culture asiatique, experte en informatique. Amir, pour qui tout est bon à faire la fête. Marcus et Sophie la jalouse maladive. Chaque personnage poursuit ses propres démons et tente d'évoluer et de les chasser. Ils cheminent chacun à leur manière sur les voies de la vérité. Une première histoire, une première affaire pour Marie: la pendaison d'Amélie. Une histoire qui pourrait être celle de n'importe qui. La vôtre... La cruauté à l'état brut cachée sous une pseudo jeunesse qui n'est pas supposée comprendre. Une jeunesse déchue par les réseaux sociaux. J'ai trouvé là plus de haine, plus de violence dans ce récit presque quotidien, devenu presque banal que dans certains récits de tueur en série... Certaines scènes m'ont bouleversée et m'ont clairement foutu les frissons. Laissée pantelante comme après une grosse soirée, un matin d'hier après cette première histoire. Ce n'était pourtant que le début... On part pour une deuxième affaire: Djibril, 16 ans a disparu, une femme africaine est brûlée vive après avoir été rouée de coups. On plonge cette fois-ci dans les cités avec tout ce qu'elles peuvent apporter. La misère au quotidien dans toute sa splendeur ne générant pas grand choses d'autres que le vice sous toutes ses formes. Un univers à part, un autre monde...quoique...vos voisins, les gens juste là-bas...Le tout baigné par les croyances africaines, leurs rituels et leurs habitudes. Aucun temps mort. Magistral de bout en bout. Des émotions, des sentiments à la pelle...non au tractopelle. Un livre d'une réalité crue et sans faux semblant. La violence, Gipsy la décrit avec un réalisme puissant qui vous laissera sur le carreau ! Et sa plume ? Que vous dire de sa plume ? Une poétesse du noir. Le noir foncé, le noir obscure...pas le noir clair ! Acérée, piquante, à vous transpercer les mirettes... Allez je vous avoue mais chut ne le dites pas plus loin...C'est la deuxième fois après celui de Norek que j'ai lu un livre avec la boule dans la gorge et les larmes au bord des yeux. Faut que ça cesse ! Bon, c'est pas tout ! Alors ? A quand la suite de la brigade des jeunes victimes ? Sortie le 9 novembre mais chronique publiée en avance avec l'accord de Gipsy et de son éditeur en exclusivité mondiale puisque Gipsy nous fait le plaisir et l'honneur d'être présente ce week-end au festival Lausan'noir. Les ptits suisses auront pour une fois la primeur 😜 Ne ratez pas cette super occasion ! Ce sera pour moi, une première rencontre que j'attends depuis des lustres et pas besoin de vous dire que je me réjouis à fond les manettes !!!!
Je le finis à l'instant et si j'avais eu une appréhension au départ et un avis plutôt mitigé, la 2ème enquête me fait changer littéralement d'avis. Les enquêteurs sont plutôt banales mais les personnages de la Brigade sont juste époustouflants et je n'ai qu'une hâte, avoir la suite.
Ce livre ne m’interpelle pas du tout et mon enthousiasme vis-à-vis des critiques élogieuses s’est rapidement estompé. Les personnages sont assez banals et sans profondeur, l’intrigue est insipide et prévisible. En bref, vide.
Vices de Gipsy Paladini est un livre étonnant en bien des points. Le premier que je vais citer est déjà son format. En effet, la préface nous indique que le roman est composé de deux « épisodes ». Le qualificatif est bien choisi, car j’ai réellement eu l’impression de suivre une série. Attention, je parle d’une bonne série, celle aux personnages si attachants qu’on frémit pour eux, une série dont la fin nous laisse furax, parce qu’on veut en savoir plus.
C’est globalement ce que j’ai ressenti, et j’ai beaucoup apprécié me retrouver dans l’action dès les premières lignes. L’auteure ne délaisse pas pour autant les descriptions, elle les saupoudre au fil des pages et permet au lecteur de faire connaissance plus personnellement avec chaque personnage en cours de route. La façon de faire est géniale, car on n’est jamais ralenti dans le rythme de l’enquête.
Les deux épisodes que contient ce roman sont très différents, dans le sens où ils n’abordent pas du tout le même genre de sujets. Le premier tourne autour du harcèlement scolaire, tandis que le second part d’une disparition d’enfant. Dans les deux cas, j’ai été agréablement surprise de la tournure des événements et j’ai vu les images défiler devant mes yeux pendant que je lisais. C’est très agréable et poignant.
Les nombreuses ellipses d’un chapitre à l’autre peuvent être parfois quelque peu déstabilisantes, mais, à l’instar d’une série, permettent l’ajout de petits suspenses sur tel ou tel personnage. Telle la main inconnue qui se saisit de l’arme en gros plan, on veut savoir, mais on ne sait pas… Je vous rassure, une bonne partie des réponses nous sont données après coup, mais pas toutes. Et là, je peux vous dire qu’il y a une bonne dose de matériel prêt à l’emploi pour une bonne dizaine d’épisodes, tant le contenu est riche ! Je me réjouis déjà de lire les futures enquêtes de ce groupe d’intervention particulier, qui m’a fait rire à maintes reprises.
Les mots-clés de ce roman ? Rafraîchissant, captivant, intrigue, dénouement inédit et « format série » qu’on ne lâche pas.
Je n'ai pas adhérer à ce livre. Je pense que cela tiens au vocabulaire qui est trop vulgaire pour moi. Je n'avais pas d'attrait pour les personnages qui me semblaient fades. C'est dommage. Du coup je n'ai pas réussi à rentrer dans l'histoire qui avait l'air très intéressante. J'ai beaucoup apprécié le petit mot de l'auteur au début pour nous présenter les différentes façons d'aborder son livre à travers la musique.