Le weekend dernier, j'ai terminé ma lecture du récit « Cinq balles dans la tête » écrit par Roxanne Bouchard.
Tout d’abord, je dois dire que j’ai un immense respect pour le travail de Roxanne. J’ai été estomaqué par ses démarches, son cran et sa volonté de donner un visage à tous ceux et celles qui portent cet habit kaki. De voir réellement et sincèrement qui sont les hommes et les femmes qui se camouflent derrière leurs habits de combat.
L’armée, vu de l’extérieur semble assez complexe, il y a tant d'équipe, de centres, de groupes qu’il est facile pour un civil de s'y perdre, mais eux, ils connaissent parfaitement leur rôle, leur zone d'intervention, leur devoir, leur mission et ils sont ultras efficaces. C'est impressionnant !!! Leur expertise à tous les niveaux est tout simplement incroyable.
J’ai vécu tellement d’émotions en lisant ces pages et ces histoires, tantôt chamboulée, impressionnée, fière, reconnaissante, émue, admirative, choquée, surprise et ce tout au long ma lecture que je recommande fortement à tous.
Pour toutes ces raisons, je remercie Roxanne et tous les hommes et les femmes qui ont participé à la rédaction de ce livre puisque grâce à eux, j'ai non seulement mieux compris la "mission" du Canada en Afghanistan mais surtout la réalité de ceux qui ont embarqué dans la « Roto de l’enfer ». J’en avais des frissons, simplement à écouter les histoires et imaginer la tâche que cela pouvait représenter pour Roxanne de vivre ces émotions et de devoir les transcrire tout en conservant l’essence des paroles de chacun.
Quand on pense à la guerre, on s'imagine des morts, des bombes, des tirs par centaine. Mais jamais on ne pense que cette peur, cette rage, cette colère ressentie par les militaires peut également être associée à l’impuissance.
Certains militaires l'ont invoqué et Roxanne l’a mis en mot dans son livre. C'est inhumain de demander à quelques-uns de regarder l'horreur, la vraie, en lui interdisant de lever le petit doigt. Aujourd'hui, en lisant ces mots je comprends qu'il y a eu tellement pire pour eux que d’appuyer sur la gâchette ... Et ce fut parfois de ne pas pouvoir le faire.
Au fil des pages, on peut ressentir la dureté et la tragédie derrière leur propos et de leurs histoires. Malgré les craintes et la peur du jugement, on sent que certains ont besoin d’être écoutés, entendus et compris. Parce que je nous voilons pas la face, mais les règles en temps de guerre ne me sont pas les mêmes. On doit comprendre les règles du jeu avant de juger.
Quand on prend connaissance des histoires, malgré les petits brins d’humour ajoutés par certains, on arrive à imaginer le stress constant qu'ils ont vécu. Garder la mission en tête, rester en vie, protéger ces hommes, rester en vie, repérer l'ennemi, rester en vie, suivre les ordres, etc. et bien sûr rester en vie. Une force incroyable émane de ces hommes et de ces femmes. Peu importe la pression, la mission passe toujours en premier.
Merci Roxanne, pour ton dévouement incroyable. Je ne peux qu’imaginer tous les obstacles, difficultés, émotions, pleurs, rires, rencontres et remises en question au travers lesquels tu as dû passer durant cette longue période d’écoute, de recherche et d’écriture.
Merci à tous les militaires pour votre dévouement et vos partages.