"Le goût, c’est bon pour les amateurs de vin et les cuisiniers. L’art n’a rien à voir avec le goût." Figure centrale de la Sécession viennoise, Gustav Klimt (1862-1918) est le peintre emblématique de la Vienne fin de siècle, celle de Sigmund Freud, Gustav Mahler et Arthur Schnitzler, tous fondateurs de la modernité européenne. Il fit exploser les normes académiques et permit à l’art autrichien de s’ouvrir à l’impressionnisme et au symbolisme. Il fut aussi l’ami et le protecteur des jeunes expressionnistes Oskar Kokoschka et Egon Schiele. Ornemaniste de génie, portraitiste renommé de la haute société et paysagiste introverti, Klimt, enfin, ne cessa de représenter les métamorphoses de la femme. À la fois classique et scandaleux, il restera comme le peintre des grands mystères de la sexualité et de la mort. Son Baiser vient se placer au premier rang des œuvres les plus célèbres de l’histoire de l’art.
Un peu déçue par cette biographie car je pensais pouvoir entrer davantage dans l'intimité du peintre. Un goût de pas assez. J'ai découvert tout de même beaucoup de choses. L'auteur donne des détails intéressants sur l'entourage de Klimt et le contexte historique. C'est malheureux de lire que beaucoup des œuvres de Klimt sont parties en fumée et que l'on ne peut même pas rêver les voir un jour en vrai. En tout cas, cela m'a permis de confirmer un point essentiel : Vienne sera une de mes destinations après le Covid.
Mais plus que l'illustration d'un mythe, Klimt exprimait dans ces œuvres sa vision poétique, et inquiète, d'une féminité en communion avec le monde élémentaire. Si ses créatures espiègles faisaient écho à la légende, elles n'en étaient pas moins réelles.
Contrairement aux naturalistes, qui s'evertuaient à reproduire l'apparence des choses, Klimt proposait une incursion dans l'arrière plan métaphysique de la conscience humaine, un territoire où les symboles vivent leur mystérieuse existence de toute éternité. Des 1898, il était parfois appelé le peintre de l'inconscient.
Qu'avait voulu dire Klimt? On essayait de le comprendre en lisant le bref commentaire du catalogue : "groupe de gauche : la naissance, la fécondité et la disparition. A droite : la sphère et l'énigme de l'univers. Émergeant au dessous, un personnage illumine : le savoir" On cherchait. On se grattait la tête. La vie se résumait-elle à ce cycle deprimant? On naît. On aime. Et puis l'on meurt. Et encore, l'amour n'est il qu'une illusion, un piège fabriqué par la nature qui ne vise égoïstement qu'à se perpétuer ?