Une intéressante lecture un peu brouillon par moment dont certains passages me laissent dubitative. Je ne cacherai pas mon immense déception, alors que nous sommes quelques jours après l'annonce du retour en politique de l'auteur... au sein du Parti Québécois. D'autant plus décevant qu'il n'y a pas 1000 ans qu'il écrivait ceci, dans le présent ouvrage:
"Combien de fois me suis-je fait dire, au sein même d'un parti fondé pour faire du Québec un pays, que ce n'était pas le temps de parler de souveraineté...
Je me souviens d'une discussion avec un ancien ministre, quelques années après le Printemps érable de 2012. Quand, au détour d'un autre sujet, j'ai mentionné la gratuité scolaire, il m'a regardé, l'air estomaqué: «Quoi, t'es encore là-dessus, toi?» Comme si cette idée n'avait été à l'époque qu'un positionnement tactique pour courtiser une frange de l'électorat, et non une idée fondamentalement saine, qui vaut la peine qu'on la porte tant qu'elle ne sera pas mise en pratique." (p. 18-19)
"Autre conséquence du cynisme ambiant: ces gens qui se qualifient d'orphelins politiques. Si le sentiment est peut-être fondé pour certains, il n'en demeure pas moins que pour d'autres, les idées qu'ils recherchent se trouvent bel et bien dans des plateformes politiques existantes. Sauf qu'ils refusent de militer dans de petits partis, nécessairement plus éloignés du pouvoir (l'arrivisme existe même chez les orphelins, soyons-en bien surs), ou ils attendent la bonne occasion de se faufiler par une voie rapide dans un parti établi." (p. 28)
Difficile de ne pas sourciller en lisant ces passages. Ceci étant dit, Aussant a su raviver mes sensibilités souverainistes dans son chapitre de la fin qui vulgarise bien des arguments intéressants en faveur du projet de pays. À suivre...