L'historienne et critique d'art revisite, avec sa mémoire de témoin, les liens entre art et activisme durant les "années sida" en France et aux États-Unis. Composé de textes monographiques, d'entretiens et d'essais thématiques, cet ouvrage rédigé à la première personne rend compte d'une créativité artistique et activiste née de l'urgence de vivre et du combat pour la reconnaissance de tous·tes.
La plume de l'autrice est d'une très grande élégance et son propos sans nul doute brillant mais je n'ai pas pu aller au-delà dans la centième page car ce livre requiert une solide connaissance de l'art contemporain des années 70 à 90 dont je ne dispose malheureusement pas. Néanmoins, je recommande la lecture de ses beaux entretiens avec d'anciennes militantes d'Act Up Paris et New York.
Un livre qui présente en une dizaine de chapitres les artistes majeurs ayant travaillé sur les questions de genre, de sexualité, et du sida. Je dois dire que le chapitre sur Philippe Thomas m'a mis dans un quasi état de transe tant j'ai du plaisir à découvrir son travail. Cependant, le reste du livre m'a plutôt déçu, principalement je crois, à cause du style de son autrice. En effet, j'ai eu du mal de rentré dans les différents textes tant ma lecture a parfois été fastidieuse et peu fluide, à mon plus grand regret. De plus, je déconseille ce livre à toutes personnes n'ayant pas déjà de solides connaissances en art contemporain, au risque de se sentir englouti sous une vague de noms quelques fois trop peu approfondis. Les quelques passages parlant exclusivement du sida, centré sur des figures plus militantes qu'artistiques, aèrent agréablement le récit. Dommage que l'autrice ne rentre pas des fois plus en profondeur dans le travail de certain.e.s artistes qu'elle présente, et que le travail iconographique n'ai pas été plus rigoureux dans sa forme, par exemple en renvoyant directement le lecteur à toutes les images mentionnées dans le texte par exemple.
Une compilation très riche de textes un peu disparates. Peut se lire dans n’importe quel ordre et par intermittence. Je regrette un peu parfois le manque de recul de l’autrice par rapport aux références artistiques qu’elle cite, et avec lesquelles elle ne cache pas sa proximité affective (plusieurs des artistes cité.es font notamment partie de ces ami.es). Elle se fait le relais de ces voix, dont certaines ont aujourd’hui disparu. Ce livre n’est pas un manuel d’histoire de l’art au sujet d’une période clé, c’est le témoignage précieux d’une personne qui l’a vécue.