Depuis déjà plusieurs années, nul ne peut plus ignorer les trop nombreux cas de disparitions de femmes autochtones. Fidèle à sa promesse, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a annoncé en décembre 2015 la tenue d’une enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées. Les attentes du grand public quant aux résultats qui seront dévoilés sont élevées…
C’est dans ce contexte qu’Alex Caine, infiltrateur de renom, s’est donné le mandat de traquer les auteurs de ces crimes infâmes. Accompagné dans ses recherches par l’ancien journaliste et auteur François Perreault, il a fait des découvertes qui choqueront les lecteurs les plus endurcis. De l’existence d’une usine où transitaient des femmes servant de bétail pour le trafic d’humains à la révélation d’expériences sordides ayant été pratiquées sur les enfants de pensionnats,les découvertes mises en évidence dans ce livre identifient des coupables multiples, dont certains que vous n’auriez jamais osé soupçonner. Chaque jour, les auteurs font de nouvelles trouvailles qui les laissent sans voix.
En s’intéressant de plus près aux injustices vécues au sein d’une communauté, ils mettent au jour le crime organisé autochtone et ses représentants. Les ramifications de leur enquête les poussent sur les traces d’organisations criminelles établies dans toute l’Amérique, et bien au-delà de ces frontières. Ils livrent ici le fruit de leurs recherches, qui jetteront sans nul doute un nouvel éclairage sur les dossiers qui alimentent les manchettes.
L'énorme problème de cet ouvrage est de reléguer aux oubliettes les violences faites aux femmes par des gens non-autochtones, et de lancer dans l'imaginaire collectif la notion que le problème se trouve uniquement au sein des communautés autochtones.
De plus, expliquer le territoires des réserves en fonction de leur facilité d'accès pour la contrebande et les activités illicites est fallacieux et quasiment criminel lorsque l'on considère que ces territoires étaient occupés des siècles avant que les colons, et avec eux la notion de contrebande ou de capital, aient investi et volé les territoires sacrés de ces peuples.
Davantage un dossier de recherche qu’une enquête. le tandem d’auteurs énumère plusieurs pistes prometteuses sans établir de lien clair entre elles, ni en poursuivre une de manière satisfaisante.
Un ouvrage qui a totalement chamboulé ma manière de voir toute la question autochtone lors de sa lecture il y a quelques années.
On entend souvent parler dans les médias des tentatives de réparation des gouvernements avec les peuples autochtones pour des gestes ayant été commis il y a «des centaines d’années» alors qu’en réalité, un pourcentage significatif de ces atrocités ont été commises il y a quelques années à peine.
L’ouvrage est évidemment imparfait et ne se penche pas beaucoup sur les solutions aux problèmes si brillamment exposés, mais je recommande chaudement sa lecture, d’autant plus qu’il y a relativement peu de documentation à ce sujet bien précis au Québec.