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Voyez comme on danse (Roman)
"Deux ou trois étés de suite, nous avions lâché l'Italie pour l'une ou l'autre des îles grecques. Nous louions pour pas cher des maisons qui étaient loin des villages et tout près de la mer. Les voitures, les journaux, les faits divers, les impôts, les débats de société et les institutions, nous les laissions derrière nous avec Margault et Romain. A Naxos, notre fenêtre donnait sur un champ de lavande. A Symi, nous avions un figuier au milieu du jardin. J'écrivais à son ombre un livre sur mon enfance qui allait s'appeler Au plaisir de Dieu. Nous avions lu cette devise à Rome, Marina et moi, sur le linteau d'un oratoire tout rond bâti par un cardinal bourguignon à deux pas de San Giovanni a Porta Latina.
Nous marchions sur le sable, nous dormions beaucoup, nous ne voyions personne, nous nous baignions à tout bout de champ, nous nous nourrissions de tomates, de mezze, de feuilles de vigne farcies, de tzatziki. Les journaux de Paris arrivaient une fois par semaine au port où nous n'allions pas les chercher. C'était une vie magnifique. Rencontré par hasard un matin boulevard Saint-Michel, Gérard m'avait demandé avec une sorte de stupeur :
- Mais vous ne vous ennuyez pas, seuls, là-bas, tous les deux ? Non, nous ne nous ennuyions pas. Nous ne faisions presque rien. Nous nous aimions."
- GenresFrance
388 pages, Kindle Edition
First published September 17, 2001
About the author
Jean d'Ormesson
137 books191 followersJean Bruno Wladimir François de Paule Le Fèvre d’Ormesson est un écrivain, chroniqueur, éditorialiste et philosophe français. Ancien élève de l’École normale supérieure. Agrégé de philosophie. Directeur général du Figaro de 1974 à 1977. Secrétaire général, puis Président du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines à l’UNESCO. Élu à l‘Académie française, le 18 octobre 1973, au fauteuil de Jules Romains (12e fauteuil).
Jean Bruno Wladimir François de Paule Le Fèvre d’Ormesson is a French writer, journalist, columnist and philosopher. Alumnus of the École normale supérieure. Degree in philosophy. CEO of Figaro from 1974 to 1977. Secretary-General, then President of the International Council of Philosophy and Human Sciences at UNESCO. Elected to the Académie française (French Academy), October 18, 1973, chair of Jules Romains (12th chair).
Jean Bruno Wladimir François de Paule Le Fèvre d’Ormesson is a French writer, journalist, columnist and philosopher. Alumnus of the École normale supérieure. Degree in philosophy. CEO of Figaro from 1974 to 1977. Secretary-General, then President of the International Council of Philosophy and Human Sciences at UNESCO. Elected to the Académie française (French Academy), October 18, 1973, chair of Jules Romains (12th chair).
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Community Reviews
Displaying 1 - 10 of 10 reviews
August 9, 2026
Dizer que atinjo tudo o que este homem quer transmitir seria mentir, mas nem por isso deixo de me sentir transportada para um mundo de poesia, de profundidade e elegância. Jean d’Ormesson é daqueles escritores que podemos ler sem precisar de qualquer história, porque a beleza trespassa em cada palavra e, com isso captura a essência da vida, da morte, do tempo e da eternidade.
“Je ne faisais rien. Je ne lisais pas. J'avais emporté des livres que je n'ouvrais jamais. J'avais beaucoup travaillé pendant quatre ou cinq ans. Maintenant, j'apprenais à vivre. C'était une tâche à plein temps.
Il me semblait — avais-je tort? peut-être ma paresse s'inventait-elle des alibis? — que Meg Ephtimiou et sa fille de cinq ans m'apportaient plus que Platon et Spinoza et la Critique de la raison pure et Heidegger réunis. Quand je ne me promenais pas avec Marina sur la plage et les chemins de l'ile, je tournais autour de Béchir. Il était calme et taciturne. Il ne me recherchait pas et il ne me fuyait pas. Il m'intriguait. J'allais à la pêche avec lui. Il se taisait beaucoup. Sous le soleil qui tapait fort dès le matin, je faisais avec lui l'apprentissage de quelque chose de très rond que j'avais longtemps ignoré: c'était le silence.”
“Rompre avec les choses réelles, ce n'est rien; mais avec les souvenirs!... Le cœur se brise à la séparation des songes.”
“Qu'est-ce que c'était que ce truc qui nous filait entre les doigts, dont il était impossible de parler, et qui était au cœur de tout — et de nous-mêmes? Il était inutile de chercher des miracles dans le monde où nous habitions: le temps était le seul miracle — mais c'était un miracle. Un miracle perpétuel, un miracle de tous les instants. Et un miracle univer-sel, un miracle de tous les lieux.”
“Ce qu'il y avait de paradoxal dans l'éternité dou teuse du temps, c'était qu'il était l'image même de la mobilité. Le temps pouvait-il, à la fois, être l'immobilité et la mobilité? Pouvait-il couler sans cesse et se confondre avec l'éternel? Je ne croyais pas que le temps, icône du passager et du discontinu, pût jamais aspirer à la gloire de l'éternel. Dans le meilleur des cas, tout ce que pouvait espérer le temps, c'était d'être l'image harassée et le regret de l'éternité. Ilen était le reflet. Il en était le symbole, le messager, lan-nonciateur. Il en était aussi le sous-produit, torturé et complexe. Il était le bouffon de l'éternité.”
“Je ne faisais rien. Je ne lisais pas. J'avais emporté des livres que je n'ouvrais jamais. J'avais beaucoup travaillé pendant quatre ou cinq ans. Maintenant, j'apprenais à vivre. C'était une tâche à plein temps.
Il me semblait — avais-je tort? peut-être ma paresse s'inventait-elle des alibis? — que Meg Ephtimiou et sa fille de cinq ans m'apportaient plus que Platon et Spinoza et la Critique de la raison pure et Heidegger réunis. Quand je ne me promenais pas avec Marina sur la plage et les chemins de l'ile, je tournais autour de Béchir. Il était calme et taciturne. Il ne me recherchait pas et il ne me fuyait pas. Il m'intriguait. J'allais à la pêche avec lui. Il se taisait beaucoup. Sous le soleil qui tapait fort dès le matin, je faisais avec lui l'apprentissage de quelque chose de très rond que j'avais longtemps ignoré: c'était le silence.”
“Rompre avec les choses réelles, ce n'est rien; mais avec les souvenirs!... Le cœur se brise à la séparation des songes.”
“Qu'est-ce que c'était que ce truc qui nous filait entre les doigts, dont il était impossible de parler, et qui était au cœur de tout — et de nous-mêmes? Il était inutile de chercher des miracles dans le monde où nous habitions: le temps était le seul miracle — mais c'était un miracle. Un miracle perpétuel, un miracle de tous les instants. Et un miracle univer-sel, un miracle de tous les lieux.”
“Ce qu'il y avait de paradoxal dans l'éternité dou teuse du temps, c'était qu'il était l'image même de la mobilité. Le temps pouvait-il, à la fois, être l'immobilité et la mobilité? Pouvait-il couler sans cesse et se confondre avec l'éternel? Je ne croyais pas que le temps, icône du passager et du discontinu, pût jamais aspirer à la gloire de l'éternel. Dans le meilleur des cas, tout ce que pouvait espérer le temps, c'était d'être l'image harassée et le regret de l'éternité. Ilen était le reflet. Il en était le symbole, le messager, lan-nonciateur. Il en était aussi le sous-produit, torturé et complexe. Il était le bouffon de l'éternité.”
May 15, 2024
Jean d’ormesson un grand de la littérature française, vocabulaire dansant fleurissant, et un récit riche en personnages et en histoires qui jonglent du passé au présent.
March 25, 2018
Une douce invitation au voyage dans laquelle j'ai un peu de mal à entrer. Bien qu'il aborde certains thèmes que je n'apprécie pas (seconde guerre mondiale, guerre d'Algérie et mafia), le récit empreint de nostalgie de Jean D'Ormesson m'a transportée ailleurs. En Amérique un peu, en Grèce, beaucoup, à m'en griser l'esprit au point que je devais prendre deux minutes pour sortir de mon voyage mental. A Venise, aussi, que je n'aurais pu mieux apprécier que maintenant. Outre la beauté de l'histoire, il y a un petit quelque chose dans Voyez comme on danse qui nous incite à rêver toujours plus, et à suivre ses rêves dans une réalité tout ce qu'il y a de plus concrète, avant qu'il ne soit trop tard.
J'ai été conquise par cette première lecture, et je compte relire ce livre
J'ai été conquise par cette première lecture, et je compte relire ce livre
September 4, 2020
Il y a très peu de livres qui m’ont donné autant d’envie d’écrire moi-même. Le style D’Ormesson est du nouveau pour moi – plusieurs histoires liés, tissés ensemble dans une toile complexe, fascinante et captivante. C’est mon troisième D’Ormesson est pas mon dernier.
June 24, 2022
Très agréable à lire, érudit mais fluide, mêlant histoires personnelles et Histoire du monde, j'ai beaucoup aimé ce récit d'une époque qui rappelle aux lecteurs que la vie est faite de nuances infinies, entre bonheurs et malheurs.
September 17, 2022
Un d'Ormesson crépusculaire et mélancolique ?
Danse autour d'un cercueil et des souvenirs qui y sont attachés.
Les hommes, les femmes, la méditerranée... toujours
Danse autour d'un cercueil et des souvenirs qui y sont attachés.
Les hommes, les femmes, la méditerranée... toujours
June 1, 2025
3.75✩
April 20, 2026
oui bon d’accord j’ai pleuré bien entendu que j’ai pleuré
March 7, 2013
Avec d'Ormesson, tout est dans la manière. Son style est gracieux, frais, léger, souvent marqué par de brusques chutes tragiques, brèves et sans conséquences. L'auteur est doué pour le bonheur. Par ailleurs, ses romans ne sont que prétextes à pérégrinations historiques et autres souvenirs insouciants dont il est généralement l'acteur principal. De l'auto-fiction avant la lettre pourrait-on dire, mais faite avec talent, ce qui est rarissime.
D'Ormesson, c'est vraiment une affaire de goût. Moi j'aime bien ce vieil aristocrate. Il a publié deux formidables livres : Le juif errant, un nouvelle mouture de cette légende médiévale et, surtout, La gloire de l'Empire, un livre absolument étonnant, riche d'une fausse érudition, bâti comme un vrai livre d'histoire, avec références et bibliographie, c'est magnifique, magique, et ce livre a complètement emporté mon adhésion..
Avec Voyez comme on danse, c'est un d'Ormesson moins en forme qu'on retrouve. Qui marche sur l'erre d'aller, un d'Ormesson qui fait du d'Ormesson, et qui, de cette imposture, perd de sa légèreté, de sa gaieté, au profit d'un alignement de scènes plus ou moins allongées et de petits détournements historiques. Le roman met en scène un SS musulman (ils ont existé) assistant aux dernières heures d'Hitler, à son mariage avec Eva Braun, à la rédaction de son testament politique, puis de son suicide. Or, d'Ormesson commet un grand nombre de bourdes sur des faits avérés, erreurs qu'une recherche historique un peu approfondie lui auraient certainement évitées. À mes yeux, c'est une négligence impardonnable.
Et le roman s'étire, s'étire, sans donner l'impression de mener quelque part. Comme dit le proverbe : Ennui poli... demeure ennui.
Novembre 2008
D'Ormesson, c'est vraiment une affaire de goût. Moi j'aime bien ce vieil aristocrate. Il a publié deux formidables livres : Le juif errant, un nouvelle mouture de cette légende médiévale et, surtout, La gloire de l'Empire, un livre absolument étonnant, riche d'une fausse érudition, bâti comme un vrai livre d'histoire, avec références et bibliographie, c'est magnifique, magique, et ce livre a complètement emporté mon adhésion..
Avec Voyez comme on danse, c'est un d'Ormesson moins en forme qu'on retrouve. Qui marche sur l'erre d'aller, un d'Ormesson qui fait du d'Ormesson, et qui, de cette imposture, perd de sa légèreté, de sa gaieté, au profit d'un alignement de scènes plus ou moins allongées et de petits détournements historiques. Le roman met en scène un SS musulman (ils ont existé) assistant aux dernières heures d'Hitler, à son mariage avec Eva Braun, à la rédaction de son testament politique, puis de son suicide. Or, d'Ormesson commet un grand nombre de bourdes sur des faits avérés, erreurs qu'une recherche historique un peu approfondie lui auraient certainement évitées. À mes yeux, c'est une négligence impardonnable.
Et le roman s'étire, s'étire, sans donner l'impression de mener quelque part. Comme dit le proverbe : Ennui poli... demeure ennui.
Novembre 2008
August 25, 2011
The first Jean d'Ormesson I ever read, & it began my passion. Whenever I go to Paris, I have to look for the latest one.
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