Le hasard a fait que j'ai lu Ariane juste après avoir revu l'un des films cultes de mon adolescence : Thirteen. On y retrouve le même point de départ, à savoir l'adoe populaire qui va (on ne sait pas vraiment pourquoi) s'intéresser à l'adoe mal fagotée. Cette dernière change son look pour s'intégrer, et une amitié fusionnelle, voire de l'amour passionnel, s'installe entre les deux protagonistes.
Elles deux contre le reste du monde, sauf qu'ici l'héroïne nous raconte l'histoire de son point de vue adulte, et qu'on apprend assez rapidement qu'Ariane n'a pas atteint l'âge adulte. Il y a également le point de rupture, les parents qui voient d'un mauvais œil la relation, le jeu avec les garçons, les bêtises, les mutilations, etc.
Certes, Thirteen n'avait pas non plus inventé l'adolescence emo et les amitiés amoureuses entre filles, mais le fait que les deux aient été si rapprochés pour moi n'a pas joué en faveur du roman. J'ai trouvé que certains points n'étaient pas assez creusés, voire balayés et de fait discriminants : la santé mentale, l'adoption transraciale (qui, à mon avis, explique beaucoup de choses ici), le fait de devoir cacher son homosexualité...
Même adulte, la narratrice reste sur des positions d'adolescente mal renseignée, notamment homophobes, grossophobes, validistes... Bref, j'ai sûrement un œil trop acéré sur ces questions maintenant, mais ça ne passe pas.
Peut-être que le roman était finalement trop court pour pouvoir explorer tout cela. Mais j'ai apprécié le fait d'avoir un recul d'adulte sur cette relation, sur la peur qui a suivi, et sur les conséquences sur les relations de couple suivantes.