Gratien Gélinas était visiblement un génie dès sa première pièce de théâtre. On comprend bien pourquoi elle a eu autant de succès.
Écrite en 1948, mais se déroulant à l'époque de la Deuxième Guerre mondiale, Tit-Coq nous parle d'Arthur Saint-Jean, un enfant bâtard qui rencontre la soeur de son meilleur ami Jean-Paul lors du party de Noël. Marie-Ange et Arthur vont s'amaroucher l'un de l'autre et vont même prévoir des plans de mariage. Cependant, la guerre va conduire à la fois Jean-Paul et Tit-Coq (Arthur) en Angleterre pour 2 ans.
Tout en vivant avec Tit-Coq et Marie-Ange l'attente, on aborde les réflexions autour de la bâtardise. En effet, les bâtards à l'époque étaient très stigmatisés même si leur existence n'était pas officiellement illégal. Cependant, ils se voyaient interdire par exemple l'accès à la fonction publique et au clergé. Tit-Coq n'entrevoit donc aucun avenir et c'est en Marie-Ange qu'il arrive à croire en la possibilité d'avoir une vraie famille.
Une excellente pièce de théâtre, très bien écrite avec un Arthur très confrontant et très "rentre-dedans". Le genre de caractère qui me plaît chez un personnage. Ça se lit bien et vite et on a droit à un portrait d'une famille typique québécoise de la Grande Noirceur.
La seule chose qui m'a dérangé est la misogynie. Je sais qu'elle était normale à l'époque, mais ça pique toujours à la lecture quand tu entends un homme dire qu'une femme lui appartient. Ça pique aussi quand le père de famille donne une claque sur les fesses de sa fille de 19 ans (the hell?) et quand le père de Marie-Ange dit de sa propre femme "que ça coûterait moins cher qu'elle mange moins que de refaire les cadres de porte si elle grossit" et que ce faisant, Marie-Ange pouvait revenir vivre avec eux parce que ça les forcerait à se serrer la ceinture et donc à moins manger.