Très improbable, cette amitié entre un paludier misanthrope, ex-Parisien installé près de Guérande, et un agent immobilier ambitieux, prêt à tout pour « réussir ». Le premier mène une vie quasi monacale, déconnecté avec bonheur de toute technologie, tandis que le second gare avec fierté sa Porsche devant les boîtes de nuit. Liés à la fois par une promesse absurde et par une fascination réciproque, ils vont passer une semaine à tenter de s'apprivoiser, au cœur des marais salants.
Olivier Bourdeaut est né au bord de l’Océan Atlantique en 1980. L’Education Nationale, refusant de comprendre ce qu’il voulait apprendre, lui rendit très vite sa liberté. Dès lors, grâce à l’absence lumineuse de télévision chez lui, il put lire beaucoup et rêvasser énormément. Durant dix ans il travailla dans l’immobilier allant de fiascos en échecs avec un enthousiasme constant. Puis, pendant deux ans, il devint responsable d’une agence d’experts en plomb, responsable d’une assistante plus diplômée que lui et responsable de chasseurs de termites, mais les insectes achevèrent de ronger sa responsabilité. Il fut aussi ouvreur de robinets dans un hôpital, factotum dans une maison d’édition de livres scolaires – un comble – et cueilleur de fleur de sel de Guérande au Croisic, entre autres. Il a toujours voulu écrire, En attendant Bojangles en est la première preuve disponible.
L'ECRITURE EST INCROYABLE. Le vocabulaire est époustouflant, vraiment c'est un plaisir littéraire à lire. L'histoire est rocambolesque, une amitié entre un paludier misanthrope et un agent immobilier (que l'on pourrait penser hautain par moment), des excuses à tout-va pour des situations encore plus inhabituelles, des critiques de société toujours bien exprimés et cohérentes avec la thématique du livre. Ce n'est pas à la hauteur de "en attendant bojangles" (qui est un chef d'oeuvre), mais ça reste plaisant et attrayant comme lecture.
Après le succès phénoménal de En attendant Bojangles, on attendait Olivier Bourdeaut. En changeant totalement d‘univers, il gagne le pari du second roman.
Une histoire d’hommes. Tel pourrait être le résumé le plus succinct du second roman d’Olivier Bourdeaut. Il a choisi l’univers très particulier des marais salants et le caractère bien trempé d’un paludier pour digérer le succès de En attendant Bojangles, son demi-million d’exemplaires, ses trente traductions et son adaptation en BD et au théâtre. Un choix judicieux à mon sens, car il est difficile de comparer les deux romans. On est ici beaucoup plus proche des comédies cinématographiques comme L’Emmerdeur ou Les compères qui ont prouvé combien l’idée de faire se rencontrer deux personnes venant d’horizons totalement différents pouvait être judicieuse. Voici donc Jean occupé à récolter le sel de ses marais dans un cadre somptueux, entre Batz-sur-mer et Le Croisic, au bord de la presqu’île de Guérande. Nous sommes au mois d’août, au moment le plus crucial, celui qui décide si une année a été bonne ou non. Mais cette fois, les éléments semblent favorables, comme il l’explique lui-même : « ça fonctionne avec du vent comme pour les bateaux, du soleil comme pour les vignes, des efforts comme avec les femmes, de la patience comme avec les enfants et de la chance comme pour la vie… C’est une bonne saison cette année, nous avons de la chance. » Cela dit, la fleur de sel se mérite et il ne faut pas ménager sa peine pour trouver l’or blanc. Alors quand au petit matin, il découvre une porsche sur sa palude, un ivrogne endormi sur une bâche après avoir uriné sur la pyramide de sel, son sang ne fait qu’un tour. Il s’empare de sa pelle et s’en va régler son compte à cet homme. «Le tranchant d’acier s’arrêta net à cinq centimètres de la carrosserie. Non, finalement. Son inconscient avait décidé pour lui qu’il ne méritait ni la prison, ni de verser des dommages et intérêts faramineux pour cet homme. L’inconnu dormait toujours, indifférent au procès fulgurant qui venait de le condamner à la décapitation.» Il choisit de le recouvrir d’une bâche et de la laisser mariner dans son jus. À son réveil Michel ne comprend pas ce qu’il fait là, quel est l’importance de son forfait, mais il sent bien qu’il a failli mourir. Aux invectives de l’un répond l’incompréhension de l’autre. Et avant que les choses ne s’enveniment davantage, il lui faut promettre de dégager son bolide avant la fin du jour. Après quelques opérations immobilières fructueuses à Nantes, Michel entend conquérir Paris et se constituer un joli magot. Pour l’heure, il passe ses vacances dans un palace et noie sa solitude dans l‘alcool. Au fil du récit, on va comprendre que Jean a suivi l’itinéraire inverse, a quitté Paris pour retrouver de vraies valeurs et une activité qui l’épanouit même si elle lui permet tout juste de joindre les deux bouts. Sans doute n’imaginait-il pas qu’il serait appelé à changer de locution latine. Après avoir fait sien A fluctibus opes (La richesse vient de la mer), il trouvera au bout de quelques rebondissements le sens de Amicitia pactum salis (l’amitié est un pacte de sel). Car Michel va devenir l’employé saisonnier de Jean. Pour poursuivre la métaphore cinématographique – on imagine du reste fort bien la belle adaptation possible de ce roman – on ajoutera deux rôles secondaires : celui d’un certain Henri, inventeur et seul représentant du «Dédé» le débauché de droite. Il est en quelque sorte le grand frère ou le père spirituel de Jean. «Leur état civil affichait seize ans d’écart, mais le gouffre qui les séparait se mesurait en siècles. La passerelle était jetée, l’histoire pouvait commencer.» L’adjudant Jules Kédic connaîtra lui aussi son heure de gloire. Jusque là spécialisé dans l’élucidation des vols de bicyclettes, il va se retrouver brutalement face à un cadavre à moitié enfoui dans le marais salant. Habile réflexion sur le sens de la vie, sur le rôle du statut social, sur la solitude du célibataire au mois d’août, Pactum Salis est aussi une très agréable plongée dans les tréfonds de l’âme humaine où un pacte peut très vite être remplacé par un autre. N’en déplaise aux critiques qui font la fine bouche, dans doute plus par mode et plus pour se mettre eux-mêmes en avant que par honnêteté intellectuelle, ce second roman est également très réussi. https://collectiondelivres.wordpress....
Paraxodalement j'ai apprécié la lecture de ce roman qui donne vie à des personnages auxquels, du début à la fin, je ne m'identifie absolument pas. Olivier Bourdeaut dépeint deux hommes de plus de 30 ans clairement en pleine crise existentielle et tentant d'affirmer leur masculinité (une certaine vision, en tout cas). Je comprends qu'on puisse dénoncer le sexisme ambiant. Cela dit cela s'inscrit dans la construction de ces personnages dont les relations sont toxiques, que ce soit leur relation à eux-mêmes, à la vie ou leurs relations interpersonnelles et ce, sans tomber vraiment dans une caricature. Je comprends que cela dérange, que cela puisse choquer mais est-ce une raison pour ne pas l'écrire ? Personnellement j'arrive à passer outre car ce n'est pas comme si il y avait un narrateur omniscient qui avait des propos dégradants vis à vis des femmes, ce qui en ferait un roman profondément misogyne. Par ailleurs le style est particulier, les descriptions sont parfois un peu alambiquées mais les dialogues sont plus francs, donnant aux personnages une sacré répartie. Je me suis surprise à rire...
(Prévenez moi quand Paul Kalkbrenner passe à Guérande)
3.5 J'aimais bien le style, le décor "Fleur de sel de Guérande" ... Les dialogues sont un peu trop du tac au tac pour être authentique, mais ils rythment bien le livre. L'aspect polar qui traîne quelque part au fond, sans qu'on sache exactement quel est son rôle, rajoute aussi un chouette élément au déroulement des événements, ainsi que les deux articles journalistiques mystérieux à la fin du livre. Ce qui m'a un peu dérangé, c'est cette amitié improbable, qui passe d'affection à haine à affection sans véritable raison. Même si l'auteur fait beaucoup d'efforts pour étoffer ses personnages, ils restent assez caricaturaux.
Un deuxième livre un peu désarçonnant d’Olivier Bourdeaut. Pas dénué d’un charme un peu étrange que lui donne cette petite touche de sel de Guerande.
Après un début aux trop nombreux adjectifs qui empâtent d’un style pédant son écriture, le récit prend du corps et de l’envergure. Michel et Jean se retrouvent sur les marais salants et s’affrontent dans un combat de coqs, à celui qui aura la plus grosse, le dernier mot, la plus cinglante répartie, à qui mettra la plus belle paire de baffes.
Très improbable, cette amitié entre un paludier misanthrope, ex-Parisien installé près de Guérande, et un agent immobilier ambitieux, prêt à tout pour « réussir ». Le premier mène une vie quasi monacale, déconnecté avec bonheur de toute technologie, tandis que le second gare avec fierté sa Porsche devant les boîtes de nuit. Liés à la fois par une promesse absurde et par une fascination réciproque, ils vont passer une semaine à tenter de s'apprivoiser, au coeur des marais salants.
On ne retrouve pas la magie de « En attendant Bojangles » mais il y a de très bonnes trouvailles dans les dialogues. Pas une amitié à proprement parlé, mais une camaraderie forcée par des circonstances rocambolesques entre un promoteur immobilier aussi creux que les bâtisses qu’il achète et un paludier à tendance misanthrope ce qui nous vaut un bon documentaire sur la récolte de la fleur de sel . « En attendant son troisième livre « ....
Dans un tout autre registre que Bojangles, ce deuxième roman de Bourdeaut reste plein de poésie avec la description des paysage et la plume de l'auteur nous livre une histoire "facile" à lire, dans laquelle on plonge comme dans la mer. Certe parfois les personnages sont un peu caricaturaux mais l'histoire est plaisante et les scènes de vie très bien décrites.
Une plume travaillée et Des dialogues Très bien écrits (un peu à la façon d'Amélie Nothomb), mais un peu trop, ce qui ne les rend pas du tout crédibles. J'ai quand même pris plaisir à lire cette histoire comme on prend plaisir à regarder une petite comédie française...
Le lieu de l’histoire est si bien décrit et le côté loufoque (du premier roman de l’auteur) se retrouve à certains moments ! Une lecture très fluide et une histoire dénonçant bien certains mauvais aspects de notre société.
Well written most of the time with baroque and funny, sharp descriptions but the story itself is not convincing or interesting. Great vocabulary, I needed my little French dictionary but often the words weren’t there. I guess the various male characters were alter egos of the writer.
Un deux fort ou bien un trois faible au choix. Le livre a un gros problème à aucun moment je n'apprécie aucun des personnages (principaux ou secondaire), le récit est agréable, l'histoire crédible mais les personnages sont tous ennuyants et inintéressants.
Vraiment non. Le style est lourd, se noie dans les descriptions agrémentés d’adjectifs à rallonge. Je n’ai pas aimé la représentation de la femme, les scènes de beuverie qui n’ont rien de « romantique » et cette histoire d’amitié toxique.
Temática curiosa en un escenario más curioso aún: las salinas de la costa francesa y el oficio des "paludiers". Muy bien descrito el entorno y la caracterización psicológica de los personajes. El final lo mejor.
Soms heb je zin in een boek waar de karakters zwelgen in zelfmedelijden. Maar meestal is er dan wat meer verhaal dan dit. Het is een wat flauw geheel van karikaturen in voorspelbare situaties.
2 sterren. Jammer dat dit niet is wat het kan zijn.
On ne retrouve certes pas la magie et l'émerveillement de Bojangles, mais il y a de l'originalité dans cette histoire improbable et on s'attache à ces deux personnages que tout oppose.
Belle écriture et ambiance très fantaisiste. Malheureusement cette fantaisie met parfois trop à mal la vraisemblance de la relation entre les deux protagonistes.
Un livre concentré sur deux hommes trentenaires pas très drôles, je dois pas être la bonne audience.. Dommage j'avais énormément aimé son premier livre "en attendant bojangles"
Ceux qui ont aimé « En attendant Bojangles » seront heureux de retrouver la plume d’Olivier Bourdeaut. Il sait toujours trouver les bons mots pour vous faire sourire et dépeindre ses personnages avec originalité. Ici, il emploie tout son style à la description de deux hommes très différents. L’un est un agent immobilier prêt à tout pour réussir. L’autre un ermite des marais salants, un paludier coupé du monde. Quand les deux se retrouvent à travailler ensemble pendant une semaine, une histoire d’amitié entre homme se dessinent, accompagnée de savoureuses joutes verbales et de belles descriptions. Ce second roman se dévore. Je le verrai bien adapté en pièce ! et j’ai hâte de voir le concept de « Dédé », soit le débauché de droite, vienne faire de la concurrence au Bobo.