Jeunesse et vieillesse, amour et abandon, joie et souffrance, souvenir et oubli. Entre ces rives de l’existence, des êtres se croisent, se cherchent, parfois se rapprochent, parfois se perdent, découvrant toujours, au bout du compte, ce qu’ils savaient confusément mais n’osaient se dire : qu’ils ont besoin à la fois de s’aimer et de se fuir pour que la vie, en eux, continue de palpiter encore, et que le temps qui les emporte ne leur soit pas trop inhospitalier. Marcel a soixante-neuf ans. Il a tout connu de l’amour et se sait parvenu au-delà de toute aventure. Pourtant, il retrouve Marie-Ange, l’amie d’autrefois, qui l’accueille en ami. Près d’eux, Marin, le fils de Marcel autrefois délaissé, a du mal à trouver sa place dans le monde. Entre ces trois êtres va se tisser une étrange conversation, à travers laquelle il ne s’agit pas tant de tout se dire que de retrouver, pour chacun, le chemin de sa propre vérité, qui est aussi le chemin de la compassion et de l’acceptation de l’autre. Jusqu’à l’ultime réunion, jusqu’à l’ultime séparation. On aura reconnu, dans cette thématique, l’univers si particulier de Gilles Archambault, qui explore de nouveau ici, avec un art parfaitement maîtrisé, ces zones incertaines de la conscience où l’individu, placé face à soi-même et aux êtres qui l’entourent, aperçoit peu à peu, comme à travers une lumière mêlée de brouillard, la matière à la fois irremplaçable et infiniment fragile de ce qu’il est, avec, en filigrane, toujours, le sentiment de l’échec inexorable qui le guette. Tendresse et ironie, espérance et regret, temps qui passe et temps qui a passé, telles sont les rives entre lesquelles il erre, entre lesquelles nous errons tous.
Né à Montréal en 1933, Gilles Archambault fête en 2008 ses quarante-cinq ans d’écriture. Réalisateur mais aussi animateur d’émissions sur le jazz et la littérature, il a travaillé à Radio-Canada de 1963 à 1992. Son émission «Jazz soliloque» fait aujourd’hui figure de référence dans le domaine. Chroniqueur à l’émission de Joël Le Bigot (CBF Bonjour), il poursuit maintenant une carrière de journaliste pigiste et d’écrivain. Il a aussi collaboré à différentes émissions de télévision ainsi qu’à deux longs métrages, dont l’un était l’adaptation de son roman La Fleur aux dents. Il a créé avec Jacques Brault et François Ricard les Éditions du Sentier qui ont existé de 1978 à 1986.
En 1981, il a reçu le plus grand prix littéraire du Québec, le prix Athanase-David, pour l’ensemble de son œuvre, et en 1986, le Prix du Gouverneur général du Canada pour son recueil de nouvelles L'Obsédante Obèse et autres agressions.
Un autre bon roman de Gilles Archambault. Un amalgame de personnes, un groupe plus complexe que ce qu’on retrouve habituellement dans ses livres. J’ai aimé l’histoire et l’écriture comme toujours avec cet auteur était magnifique. Bien que je sois un fan finit, je suis capable d’admettre que ce n’est pas son meilleur roman, mais cela demeure un excellent livre tout de même!