Comme dans le précèdent volume paru en 2007 dans la Blanche, ce nouveau « Microfictions » est un livre hors normes qui rassemble cinq cents petites histoires. Les textes sont classés par ordre alphabétique, d'«Aglaé» à «Zéro baise». Le livre juxtapose le banal de vies ordinaires tout à la fois touchantes, cruelles, monstrueuses, à travers, par exemple, le drame d’un couple qui élève une enfant autiste, le quotidien d'un enseignant désabusé par ses élèves, les hallucinations d’une femme qui voit un ange se poser sur son épaule avant de l’emporter vers l’au-delà, un père et sa fille atteints tous les deux d’un terrible cancer, un banquier qui a raté sa vie, le combat d’un vieil homme qui ne veut pas que son fils l’euthanasie pour se débarrasser de lui... C’est également la description surprenante de personnages pris en étaux dans notre époque, des histoires à la fois édifiantes et dérisoires, un directeur de maison de retraite aux méthodes peu conventionnelles, une femme qui est privée de la garde de ses enfants à cause de ses addictions, le directeur d’une clinique de chirurgie esthétique fasciné par les qualités de ses prothèses sexuelles, un couple qui exploite le manège du Luxembourg jusqu’à s’en rendre malade, ou un enfant mal aimé qui poignarde sa mère… Des situations banales qui dérapent en fait divers, des personnages ordinaires qui sont autant d’incarnations successives d'une humanité minée par la mégalomanie, le désespoir, et qui pourtant se bat et continue d’espérer en une situation meilleure. Avec ce livre, l’auteur renoue pleinement avec la fiction. Le dispositif mis en oeuvre ici s’apparente au précèdent « Microfictions ». On traverse le livre comme on traverse une foule. On y reconnait les multiples visages de notre contemporain, comme autant de fragments de vie compilés. Régis Jauffret recherche l’effet d’accumulation pour amplifier le réel. Il fait jaillir du drame, le cocasse, ou de l’amour, la cruauté. Dans ces « mircrofictions 2018 » on perçoit les nouveaux contours de ce monde qui a été presque totalement arraisonné par le numérique depuis dix ans et où les situations les plus ordinaires menacent en permanence de déraper dans le conflit et l’absurde. Régis Jauffret est né en 1955 à Marseille. Il a publié une quinzaine d’ouvrages aux Éditions Gallimard, en particulier Asile de fous, prix Femina (collection blanche, 2005, Folio n° 4496), Microfictions (collection blanche, 2007, Folio n° 4719), Lacrimosa (collection blanche, 2008, Folio n° 5148).
Régis Jauffret is the author of numerous novels, including "Universe, Universe" (2003) for which he was awarded the "Prix Décember" and "Insane Asylum" (2005) for which he won the "Prix Femina". In 2007, his book "Microfictions" was awarded the "Prix France Culture / Telerama" and the grand prize of black humor Forneret Xavier.
Régis Jauffret est l’auteur de plusieurs romans, dont Histoire d’amour, Clémence Picot, Fragments de la vie des gens, Univers, univers, prix Décembre 2003, Asiles de fous, prix Femina 2005, Microfictions, prix France Culture-Télérama 2007, et Lacrimosa (2008). Il a également publié une pièce de théâtre, Les gouttes.
Decisamente il secondo a livello del primo: per nulla effetto 'brodo allungato' né 'minestra riscaldata', chiaramente l'ispirazione era ancora ben presente e vive le cose da dire
Uno dei libri più importanti che io abbia mai letto. Non vedo l'ora di leggere il secondo volume.
Jauffret ha senza dubbio colpito nel segno con questo tipo di format: 500 racconti di una pagina e mezza che ti lasciano completamente spiazzato. La capacità dell'autore di chiudere ogni singolo racconto in poche secche parole e in modo diretto, dando un finale più o meno crudo alla vicenda, è sicuramente ciò che rende questo libro di grande impatto. Mi sono rivista in molti dei protagonisti di queste 500 Microfictions, nelle loro situazioni e nelle loro emozioni.
Il bello di questo libro è priorio la maniera cruda e diretta in cui vengono raccontate la vita di ogni giorno, le emozioni che le persone provano, le sensazioni, le paure, le difficoltà, i desideri più profondi che fanno capire al lettore di non essere solo nelle sue indecisioni, che tutti a volte vorrebbero mollare tutto e cambiare la propria vita.
La lettura di questo libro è sicuramente poco impegnativa da un punto di vista di "lunghezza dei capitoli" ma molto faticosa dal punto di vista emotivo: spesso e volentieri mi è capitato di dovermi fermare alla fine di un racconto e metabolizzare ciò che avevo appena letto, proprio perché la chiusura del racconto in una brevissima riga ha avuto la capacità di lasciarmi senza fiato e con sensazioni contrastanti, alcune positive e altre di sgomento.
500 histoires ; une foule de destinées ; une myriade de personnages et 1100 pages de plaisir. Voila les ingrédients de ce Monument littéraire : Microfictions. Monument par sa structure ; par sa technique et surtout par sa richesse. Un livre bruyant ; où les faits divers y défilent à la vitesse de la vie. Une question revient en Boucle : quand on passe à l’acte ; quand on se lasse de l’état d’acceptation paisible ; placide et flegmatique ? quand on délaisse l’état du martyr solide et convaincu pour se muer dans la révolte ; l’ouragan voire même le désastre. Le passage à l’acte est lui-même intriguant. Serait-il houleux ; mouvementé ou simple et naturel sinon prévisible. Est-ce que la psychologie du crucifié chronique, de la victime abaissé serait la condition de l’acte brutal irréversible et définitif. Quelque part la déflagration est un aboutissement mais est-ce que c’est inéluctable ; est-ce la conclusion invariable ? La force pure du style de Jauffret se place dans sa capacité à l’intromission de tant d’émotion dans deux pages à chaque histoire. Jauffret a aussi le don de décrire de manière crue des images impossibles ; réelles ; intenses et insolents. Et puis parfois on arrive à rire de sarcasme ; de banalité et même d’anecdotes et de situations loufoques. Ce livre est un monstre. On s’en délecte, on le met à côté ; il nous maltraite ; on s’en détourne puis on s’y jette corps et âme ; parfois il nous boude ; d’autres fois nous le boudons. Il s’arrange pour nous gifler ; nous faire rire ; nous affliger des douleurs et des idées tordues ; nous électrocute. Ce livre nous entraine dans la vase de l’existence ; nous expulse de notre torpeur. L’eau stagnante n’est pas nécessairement immuable. La tragédie n’est pas assurément théâtrale. L’amour n’est pas idyllique et surtout la vie n’est nullement simple. C’est des évidences mais dont les manifestations ne sont pas évidentes du tout.
Apprezzabile l’inventiva e la verve, ma cinquecento variazioni sul tema “racconto in due pagine”, neanche l’equivalente letterario di Bach sarebbe riuscito a cavarle fuori. Per apprezzare meglio quest’opera suggerisco di diluirne la lettura nell’arco di qualche settimana o mese: una decina di racconti al giorno possono evitare quella sensazione di ripetitività che, altrimenti, è in agguato.