Le 22 juin 1963 à Paris, quatre adolescents assistent, place de la Nation, au concert donné à l'occasion du premier anniversaire de Salut les copains. Trois garçons : François, rocker au coeur tendre, tenté par les substances hallucinogènes ; Antoine, fils d'ouvrier qui ne jure que par Jean Ferrat ; Lorenzo, l'intellectuel, fou de cinéma et champion de 800 mètres.Une fille : Michèle, dont tous trois sont amoureux, fée clochette merveilleuse, pourvoyeuse de rêve et féministe en herbe.Commencé au coeur des Trente Glorieuses et se clôturant sur la « marche républicaine » du 11 janvier 2015, ce livre pétri d'humanité, virevoltant, joyeux, raconte, au son des guitares et sur des pas de twist, l'histoire de ces baby-boomers devenus soixante-huitards, fougueux, idéalistes, refusant de se résigner au monde tel qu'il est, et convaincus qu'ils pouvaient le rendre meilleur.
Gérard de Cortanze is a French writer, essayist, translator and literary critic. He won the Prix Renaudot in 2002 for his historical novel Assam. He was awarded chevalier of the Legion of Honor in 2009.
He is President of the Jury Prize for the Jean Monnet prize, European department of Charente, awarded annually since 1995, to reward a European writer for a book written or translated into French.
Le titre, je le fredonne encore, ainsi que d'autres chansons des années yé-yé.
La maison d'éditions a eu la géniale idée d'accompagner le roman d'une play-list et d'une compil de 3 cd et 98 titres pour revivre pleinement l'époque en musique et chansons.
Le livre débute le 22 juin 1963. On y découvre nos quatre protagonistes adolescents , tous présents à la nation pour le concert organisé par SLC Salut les copains. Les idoles des jeunes sont au rendez-vous : Danyel Gérard, les Chats sauvages, Richard Anthony, Dick Rivers, Les chaussettes noires, Sylvie et Johnny... toute une génération, actualité oblige qui malheureusement nous quitte peu à peu.
Le concert sera interrompu par l'arrivée de blousons noirs.
Le ton est donné, Gérard de Cortanze nous propose ici une fresque mettant en scène l'évolution de notre société de 1963 à 2015.
Quatre adolescents, issus de milieu différents:
- François : fils de cadre, blouson noir à la recherche d'artifices, drogues pour s'évader et trouver sa voie.
- Lorenzo, fils de commerçant, plus cérébral, il est fou de cinéma et de littérature, il écrira le livre de sa vie
- Antoine, fils d'ouvrier qui aura sa revanche avec l'accès aux études, il est passionné de politique
- Michèle, issue de la bourgeoisie , féministe , en quête d'émancipation et de liberté.
Quatre ados qui deviendront les quatre mousquetaires, les amis inséparables durant leur adolescence. Leur rencontre sera le fil rouge de ce roman. Avec eux, nous allons parcourir cinquante années d'histoire.
Adolescence, c'est en 1963 que naît ce terme. Nos amis ont quinze ans, tout est permis ou presque. C'est la première génération à réellement s'opposer à l'autorité des parents, La génération des baby-boomers en quête de liberté, de changement.
Ils ont connu mai 68, l'accès aux études, l'assassinat de JFK, l'arrivée de la contraception, de la libération sexuelle, de l'avortement, les yé-yés, les beatniks, la guerre du Vietnam, love & peace, les drogues, les communautés.... C'est cette longue première partie que j'ai préféré apprenant un maximum de choses sur les années de ma petite enfance. C'est super bien documenté.
Mais l'histoire ne s'arrête pas là, le lien est l'amour porté pour les trois garçons à Michèle dont ils sont tous éperdument amoureux, on suivra leurs retrouvailles au fil du temps, continuera à parcourir les années Mitterrand, la Perestroïka ( Gorbatchev), la chute du mur de Berlin jusqu'à nos jours et les attentats de Charlie Hebdo.
Un livre bien documenté, roman choral aux couleurs musicales. C'est une génération, celle des baby-boomers qui nous est présentée avec nostalgie et qui semble désenchantée.
J'ai moins apprécié la seconde partie mais j'ai malgré tout passé un excellent moment. Merci à Babelio et aux éditions Albin Michel pour cette découverte.
Ma note : 8.5/10
Les jolies phrases
Une génération, la première, à n'avoir jamais eu à craindre sérieusement la mort. Pas de famine. Pas d'épidémie. Pas de guerre.
On se voit quand on veut se voir. Le hasard plie les feuilles du temps qui passe à sa guise;
Lorenzo sait bien qu'il a un rapport étrange à la lecture. Qu'on lui reproche - son père, sa mère - d'avoir toujours "le nez dans ses bouquins". Mais pour lui les livres sont comme des amis dont il sait qu'ils ne le tromperont jamais. Qui le sauvent de la solitude. Qui agrandissent son âme.
Il y a des musiques, des chansons qui nous touchent au plus profond et celles qui nous permettent de dire : Voilà, on appartient à cette génération. Le twist, le madison font partie de cette deuxième catégorie.
Tous ces gens n'ont rien compris. C'est la jeunesse de la France qui a voulu bouger, l'enjeu n'étant pas le capital mais le pouvoir de décision. Les adultes n'ont pas su sortir de leur monde, comme d'habitude. Mai, c'est la crise d'une génération qui n'a pas trouvé une vision du monde qui lui apporte une raison de vivre.
Voilà une génération sans espoir, qui se sent impuissante à refaire le monde, s'y résigne, et se consacre à la recherche égoïste du bonheur quotidien. "L'avenir, pour moi, a déclaré un élève de terminale, c'est de vivre heureux dans une société qui vous offre toutes les chances de ne pas l'être."
J'ai longtemps pensé que la vie était une ronde. Que les gens se croisent et se recroisent en vertu d'un plan secret qui nous échappe. Que parfois ils se frôlent, sont à quelques mètres l'un de l'autre et ne s'en apercevant pas repartent chacun de son côté.
Commencé au coeur des Trente Glorieuses et se clôturant sur la " marche républicaine " du 11 janvier 2015, ce livre pétri d'humanité, virevoltant, joyeux, raconte, au son des guitares et sur des pas de twist, l'histoire de ces baby-boomers devenus soixante-huitards, fougueux, idéalistes, refusant de se résigner au monde tel qu'il est, et convaincus qu'ils pouvaient le rendre meilleur.
Après l’onde de choc provoquée par les décès de Johnny Halliday et France Gall, ce roman permet de revivre l’âge d’or des ces idoles de la chanson.
Quand Gérard de Cortanze s’est mis à l’écriture de ce roman, il ne se doutait sans doute pas combien l’actualité des derniers jours viendrait lui donner une dimension toute particulière. Quelques semaines après le décès et l’hommage national à Johnny Hallyday et quelques jours avant les obsèques de France Gall dont la chanson donne son titre au livre, Laisse tomber les filles vient nous offrir l’occasion de retrouver cette génération qui a émergé dans les années soixante avec Salut les copains. Avide de changement, elle est montée sur les barricades en mai 1968 avant de voir ses rêves s’envoler et, bien des années plus tard, se retrouvera à battre le pavé parisien après les attentats qui ont ensanglanté le pays. Une chronique portée par quatre personnages, trois garçons et une fille dont nous allons suivre le parcours au fil des années. Lorenzo, Antoine, François et Michèle se retrouvent pour l’événement que l’on peut considérer comme l’acte de naissance des yéyés, ce concert de 1963 à la Nation. Venus de leur banlieue, le fils d’un cadre, celui d’un ouvrier et celui d’un commerçant vont s’enflammer pour cette nouvelle musique autant que pour les beaux yeux de leur amie. Commence alors un combat de coqs pour cette bourgeoise bien plus libre – et égoïste – qu’eux! Le plus cérébral du groupe, Lorenzo, se veut le grand témoin d’un monde qui bascule. Fou de cinéma et coureur de demi-fond, il va noircir les pages de son grand livre pour témoigner du formidable bouillonemment de la société qui « est en train de changer, de bouger lentement, comme un continent qui dérive. Pour Lorenzo, la musique exprime clairement cette dérive, ce décrochement irréversible. Satisfaction est un appel au plaisir immédiat, au rejet des conventions amoureuses traditionnelles. » Pour François la liberté est synoyme de paradis artificiels. Mais la drogue va finir par l’enchaîner. Entre les deux, Antoine n’a pas le temps de se poser trop de questions. «Il n’a pas le temps libre que donne l’argent. Il milite. Il travaille. Et il écoute Barbara». Le fils d’ouvrier va toutefois aussi voir son jour de gloire arriver. Mais Michèle n’est pas exclusive et, alors que cette page de l’histoire de la France contemporaine s’emballe, l’amour libre n’exclut pas les jalousies et les rivalités. Racontée d’une plume alerte et sensible, cette histoire d’amour à quatre est surtout l’occasion d’une superbe fresque sociale, de l’utopie soixante-huitarde aux trente glorieuses, puis aux désenchantements des années de crise et d’instabilité jusqu’au grand rassemblement de janvier 2015 à la Place de la République. Ce roman est en quelque sorte la suite des Zazous (qui sort en livre de poche début février) et qui – sur une trame semblable – nous proposait une grande fresque de la France sous l’Occupation. J’ai beaucoup aimé ce «portrait étincelant d’une jeunesse parisienne qui résiste à la barbarie», pour reprendre les mots de Thierry Voisin dans Télérama. Autre trouvaille très sympathique des éditeurs et de l’auteur: une bande-son qui comprend quelque 98 titres vient compléter ce roman. Intitulée «Yé Yé», elle nous offre près de quatre heures de musique, allant de Johnny Hallyday à Sylvie Vartan en passant par Françoise Hardy et Claude François, sans oublier ceux qui n’ont pas connu la même notoriété tels Les Cousins, Les Dangers ou encore Les Pingouins. Seule faute de goût : l’absence de France Gall au générique de cette compilation. Mais ce panorama rappelera à la génération des années 60-70 les artistes qui ont baigné leur enfance et permettra au plus jeunes de découvrir ces années pleines d’énergie et de liberté. https://collectiondelivres.wordpress....