« On devrait trouver des moyens pour empêcher qu’un parfum s’épuise, demander un engagement au vendeur – certifiez-moi qu’il sera sur les rayons pour cinquante ou soixante ans, sinon retirez-le tout de suite. Faites-le pour moi et pour tous ceux qui, grâce à un flacon acheté dans un grand magasin, retrouvent l’odeur de leur mère, d’une maison, d’une époque bénie de leur vie, d’un premier amour ou, plus précieuse encore, quasi inaccessible, l’odeur de leur enfance… » I. C.
Quand l’enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées de l’époque, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d’une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même. Une rare grâce d’écriture.
Comédienne de théâtre et de cinéma, Isabelle Carré poursuit depuis 1987 une carrière d’anti-star discrète au talent toujours plus reconnu. Les rêveurs est son premier roman.
Comédienne de théâtre et de cinéma, Isabelle Carré poursuit depuis 1987 une carrière d’anti-star discrète au talent toujours plus reconnu. Les rêveurs est son premier roman.
Je tenais à lire "Les rêveurs", car j'aime beaucoup Isabelle Carré et bien que je ne sois pas fan du mélange des genres, j'ai été agréablement surpris par ce premier roman.
Je vais être honnête : j'espérais en savoir un peu plus sur elle. Pour mieux comprendre ses choix artistiques d'une part, et pour mieux comprendre l'origine de la petite étincelle gravée dans son regard.
Et la rencontre a eu lieu grâce à ce roman (autobiographique) maîtrisé. Le texte est fluide, bien écrit, accessible. Il ne raconte pas seulement Isabelle Carré, son enfance, sa famille et son parcours. Il raconte également des époques passées, celles que nos aïeuls subissaient plus qu'ils ne les maîtrisaient, l'adolescence et ses difficultés insurmontables, l'accomplissement de soi, la réussite, et parfois la chute.
"Les rêveurs" est finalement un texte universel, un témoignage qui pourra faire écho à tous.
3etoiles 1/2 Le livre vaut largement 4 étoiles mais mes difficultés de visions m’obligent à écouter des livres et la lecture à voix haute de celui-ci qui incluait des détails de ponctuation du genre “points de suspension” ou “ouvrez les guillemets” ont un peu gâché mon intérêt.
J'aime beaucoup Isabelle Carré en tant d'actrice, donc j'étais curieuse de lire son premier roman.
J'ai trouvé cette lecture douce et délicate, à l'image même de son auteur. Pour moi, Isabelle Carré, c'est son personnage dans Les Emotifs Anonymes, et ça collait vraiment avec le personnage des Rêveurs. L'ouvrage est classé dans la catégorie "Fiction", mais c'est plutôt un roman autobiographie, ce qui fait qu'on ne sait jamais vraiment ce qui est vrai et ce qui est fictif. C'est un témoignage de vie qui permet de s'immerser dans le monde nostalgique des années 70 et 80 et qui sonne très sincère et touchant.
Note - merci à NetGalley et Grasset pour une copie gratuite de l'ouvrage en échange d'une critique honnête.
« Tout ça », c’est un peu la phrase qui me vient en ayant terminé le roman autobiographique d’Isabelle Carré. J’ai trouvé ça très bien (je l’ai d’ailleurs dévoré en une journée), elle aborde très justement beaucoup de sujets très compliqués, dont la santé mentale. Mais il se passe beaucoup de choses en 300 pages, entre l’internement en psychiatrie du personnage principal, sa défenestration à 4 ans, la fragilité psy de sa mère, l’homosexualité cachée puis assumée de son père, son emprisonnement… Ce tourbillon est prenant mais m’a un peu trop étourdie pour attribuer 4 étoiles. J’ai cependant très envie d’aller voir l’adaptation au cinéma, pour voir comment tout ça rend à l’écran :)
Un roman ? Une autobiographie ? On avance dans ce livre à la mesure des petites "bombes" qui explosent. Ce tumulte nous transporte dans la vie de l'héroïne chamboulée par autant de fardeaux sur ses frêles épaules. C'est parfois confus, trop de choses à écrire il semblerait !
I picked up Les Rêveurs without knowing anything about Isabelle Carré, mistakenly expecting a novel rather than an autobiography! But even without any background on her I was quickly drawn in. The way Carré writes is effortlessly poetic and lined with such sensitivity that it’s easy to let yourself be carried along by it. To be noted, I found much of the book’s charm relies on the reader’s connection to a french childhood nostalgia. One of those books that works best in its original country of publication!
Les Rêveurs vient d'entrer dans mon panthéon personnel, aux côtés de En attendant Bojangles, Dysfonctionnelle et Rien ne s'oppose à la nuit. Le genre de récits que j'aurais aimé lire étant adolescente.
J’ai adoré comment le livre est écrit c’est très doux et fluide beaucoup de moments émouvants qui m’ont fait versé des petites larmes 😗 Ça m’a donné envie de voir des films avec cette actrice je recommande 👍🏼👍🏼 le titre du livre prend tout son sens des le début
J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre: poignant et poétique, sincère sans jamais tomber dans le voyeurisme ni mettre le lecteur mal à l'aise. Elle sait trouver les mots justes pour décrire des choses très dures ou difficiles à définir. Une très bonne lecture.
Quelle belle surprise que ce récit d'Isabelle Carré ! Ce n'est pas un livre anecdotique d'une actrice qui joue à écrire. Les mots sont percutants, mesurés, le découpage, bien qu'il puisse surprendre par le fait qu'il est non chronologique, ne provoque aucune frustration à la lecture. On s'attache à la narration, poétique, aussi fort que s'il s'agissait d'un roman. D'ailleurs je serais curieuse de lire un roman d'Isabelle Carré maintenant car le style et les idées sont là ( Je précise que j'aime bien cette actrice sans pour autant me. considérer fan ! Mon jugement est bien celui d'une lectrice.)
Well-known award-winning French actress Isabelle Carré’s autobiography adopts a style which seems popular with French writers. It is fragmented and anecdotal, often putting more emphasis on minor rather than major incidents, fictionalising events without making it clear when this is the case. The author sometimes writes about herself in the third person, sometimes adopts the viewpoint of a third party to imagine or interpret the memory of an occurrence, even from before she was born.
So it is that she begins with a description of the unmarried pregnant teenager who turns out to be her mother. Forced to hide away alone in a Parisian flat by her hardhearted aristocratic parents, she refuses to hand the child over for adoption, and is “saved” by marriage to the young art student, son of a railway worker, who has become infatuated with her resemblance to a Fra Angelico madonna. This gives a flavour of an unorthodox upbringing in the 1970s, when conventions were breaking down anyway.
Isabelle Carré may devote a whole chapter to a stranger in the Metro who reminds her of someone she once knew, or to the behaviour of a family on the beach compared with her own, without ever explaining how she established herself as an actress, or whether she has a husband. This approach seems to stem from creative writing advice that it is better to select memories, rather than attempt to “cover everything”, since in childhood in particular, one’s impressions tend to be partial and subjective.
In interviews, she speaks of the importance she attaches to dreams, since real life without them can seem too “brutal”. She is fond of the image of one’s life as an iceberg, in which only a small part is visible. Another preoccupation is the eternal tantalising question of “what might have been”, inspiring her to play with a situation and develop it along a different path from what really happened. Yet in what is essentially an autobiography we are not told when this is the case.
French readers will no doubt gain a warm sense of nostalgia from the frequent cultural references. I found looking them up a good way of maintaining my interest in a narrative which often seemed quite tedious, despite some dramatic incidents. So it was that I discovered the “Les Neiges du Kilimanjaro”, rated one of the best French pop songs of the 1960s. The author’s tendency to express her feelings in snatches from past pop songs or quotations from plays became rather trying after a while, also giving the sense that she conceals herself behind the words of others, that is, forever acting.
Clearly a highly imaginative child, she injured her leg badly jumping out a window in an attempt to fly. Was the overdose which landed her in a psychiatric hospital aged fourteen, a result of “nature” or dysfunctional “nurture” or a mixture of the two?
Her mother seems clinically depressed, perhaps through a combination of her own mother’s neglect, living in an apartment with a red décor and large collections of African masks, and a husband who comes out as a homosexual when it is still barely legal. This culminates symbolically in his painting the outside of the front door with the naked figures of two men, running to freedom along a beach, which unsurprisingly arouses the neighbours’ wrath even more than his elder son’s loud piano-playing.
Isabelle seems to harbour resentment against her mother’s coldness and lack of maternal feeling, and show more of a rapport with her father with whom she chooses to live when her mother eventually insists that he leaves. Alone aged fifteen in the flat he buys her, holidaying with him in situations where she is the only female present with his gay friends, could have destabilised her further, but perhaps simply fed her versatility as an actress, finding consolation by immersing herself in acting out imaginary lives.
Following up the reference to her father’s design of a spherical record player used in a film starring Serge Gainsbourg, revealed that her father is the well-known French designer, Alain Carré. Since in later life he went on to run a successful company employing 90 people, one wonders how he reacted to her descriptions of his previous Walter Mitty-type loss-making projects, his quest for happiness with a male lover, his imprisonment for fraud, and subsequent alcoholism.
In interviews, Isabelle Carré appears somewhat intense, but charming, charismatic and humorous. Admitting that she wrote the book primarily for herself, is discussing it really just another role for her to play? Quoting a playwright she explains, “J’écris pour qu’on me rencontre”, but to what extent is this true? How much of her do we actually “meet”?
La vie et rien d’autre Pour ses débuts en littérature, Isabelle Carré nous livre un roman d’apprentissage étonnant et détonnant.
Une fois n’est pas coutume, commençons par la dernière page du roman d’Isabelle carré, celle des remerciements, pour noter d’abord qu’elle a participé à l’atelier d’écriture «Marcher sur la queue du tigre» de Philippe Djian. Quand ce dernier explique qu’il n’apprend pas à écrire à ses élèves «mais à éviter les écueils, à gagner du temps et à réfléchir à ce qu’ils font à l’aide d’exercices dont ils doivent respecter l’énoncé. Il n’y a pas de manière d’apprendre à écrire, plutôt une façon d’apprendre à ressentir», on ne peut que constater ici combien elle a pu faire son miel de ces conseils. En remerciant sa mère, qui «a compris ce qu’elle voulait faire», Isabelle Carré nous livre une seconde clé. Comme elle l’a expliqué au micro de Léa Salamé sur France Inter, elle n’a pas voulu une «vérité vraie», mais raconter des impressions. «Ce sont beaucoup plus des émotions que des faits» expliquera-t-elle en revendiquant sa subjectivité. Concrètement, cela donne un premier chapitre où la petite fille qu’elle est encore se promène main dans la main avec sa mère jusqu’au moment où cette dernière lâche sa petite menotte. «Ma mère ne me voit pas, elle ne me sauvera d’aucun danger, elle n’est pas vraiment là, elle ne fait que passer, elle est déjà passée. Elle s’en va.» Ne cherchons pas plus loin l’explication du titre du roman. Tous les acteurs de cette tragi-comédie sont des rêveurs. La mère qui vit dans un monde parrallèle, fait plus de dépressions que d’exaltations. Le père qui va se transformer au fil des ans physiquement et mentalement jusqu’à finir par avouer son homosexualité et quitter le domicile pour rejoindre son ami. Et Isabelle qui ne trouve pas sa place dans ce tourbillon et choisit de rêver sa vie plutôt que de l’affronter. C’est ainsi qu’elle choisit, par exemple, de prendre son envol du second étage de son domicile… La dure réalité, la chute qui s’en suit, aura pour conséquence de briser sa carrière de danseuse. Une autre tentative de suicide, par la prise d’une grande quantité de pilules, l’obligera à séjourner dans un hopitâl psychiatrique. Où elle fera une belle rencontre. Car c’est bien à un roman d’apprentissage que nous avons affaire, à l’étude d’un parcours qui – pour dramatique qu’il soit – a fait d’Isabelle Carré l’actrice «discrète et lumineuse» que l’on connaît. En explorant ses souvenirs, elle va refuser la narration chronologique pour laisser les fortes impressions dominer, pour essayer d’attrapper ces moments intenses avant qu’il ne soit trop tard : « le temps ne fera que nous en éloigner, à moins d’être un bon rêveur, celui qui se souvient toujours de ses rêves, de rêves si clairs et précis qu’ils permettent de s’y attarder encore, d’entrer à nouveau dans ces pièces de l’enfance, sans autre clé que le désir constant d’y revenir. » Les parfums et les odeurs, les lieux et les personnes: la romancière nous propose un concentré d’émotions qui par vagues successives vont dessiner le portrait de cette famille très particulière. Dont elle aimerait beaucoup trouver le mode d’emploi. Jusqu’au moment où elle comprend que c’est mission impossible, qu’elle ne changera pas son passé et que ce roman est aussi celui de sa «vraie» vie. « Puisque tout est vrai, et que les acteurs "font semblant de faire semblant", comme l’écrit Marivaux.» http://urlz.fr/6oQz
et bien par où commencer ? ce livre est magnifique, isabelle n’aurait pas dû être actrice, bien que cela lui aille parfaitement, mais écrivaine. La façon dont ses pensées se chevauchent plus vite que les mots ne sortent, c’est le bazar tout en étant assez organisé..? On ressent, on vis ses mots Merci Isabelle pour cette belle lecture, pleine de rêves, d’imagination, de tout ce qui passe par la tête, de réflexions, pas mal d’overthink aussi?? therme à la « mode » venu des états unies je me retrouve dans tous les personnages ou presque c’est incroyable ! le fait que son père soit gay, sa mère souffrant de tca? même si aucun mots n’est poser dessus.. mais surtout isabelle, ça façon de penser, d’écrire de réfléchir.. et toutes ces références d’acteurs, de films ou musiques chers à mon cœur.. j’étais tombée sur ce livre sur une aire d’autoroute, en partant où rentrant de vacances je ne sais plus. J’avais 12 ans je crois, et quand je l’ai vu il m’a interpellé et je l’ai directement acheté pour une raison tout autre que pour le livre en lui même. A la base, je pensais que c’était l’histoire du film « the dreamers » de bertolucci, qui m’avait frappé quand je l’avais vue pour la première fois. Une histoire de rêveurs un peu folle avec une fille qui s’appelle Isabelle. J’ai lu 10 pages, je ne comprenais pas grand choses, j’ai juste compris que cela n’avait rien à voir avec le film.. 5 ans plus tard je le ressors avec une folle envie de le lire.. et c’est le coup de cœur! j’étais juste trop jeune j’imagine, mais comme quoi, c’est sur une petite air d’autoroute des années plus tôt que j’ai trouver ce que je cherchais sans le savoir bref j’ai adoré !
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L’actrice Isabelle Carré nous raconte sa vie dans son premier roman « Les rêveurs ». Elle parle de sa mère qui, tombée enceinte trop jeune, oppose sa famille et décide de garder son enfant. Ainsi elle reste seule à trouver sa place dans la vie avec un enfant et sans appui familial. La petite fille rêve toujours d’être vue, remarquée, aimée – mais la mère ne peut pas lui donner l’amour dont elle a tant besoin. Puis, les rêves – être danseuse, être actrice, vivre des aventures... comment vivre dans la réalité si les rêves sont beaucoup plus intéressants et fascinants ? D’autre côté : comment réussir dans la vie sans les rêves qui motivent et nous animent ?
Isabelle Carré raconte son histoire en alternant entre sa vie et ses pensées d’aujourd’hui et ceux de la jeune fille qu’elle était. Elle arrive bien à créer l’atmosphère de son enfance quand elle se sentait seule et abandonnée, en même temps, et comprend sa mère et pourquoi celle-ci n’était pas capable d’être la mère dont elle avait besoin. Une vie bâtie sur la conclusion qu’elle n’arrivera jamais à attirer l’attention de sa mère et que celle-ci ne la sauvera d’aucun danger – il ne surprend pas qu’un suicide tenté et un séjour dans un hôpital psychiatrique sont le résultat.
L’auteur suit ses souvenirs, ainsi le récit n’est pas tout à fait chronologique, mais il a un rythme particulier qu’on aime suivre. Le narratif m’a plu beaucoup, parfois très direct sans cacher où embellir quelque chose, parfois vraiment rêveur et poétique et plein de mélancolie.
Une autobiographie romancée où l’actrice nous raconte l’histoire de sa famille dysfonctionnelle. Celle d’une mère mise à l’écart de sa famille bourgeoise parce qu’elle a « fauté », celle d’un père coincé dans le costume qui lui a taillé par sa famille bigote. On est au début des années 70’ juste après mai 68’ et ses échos. Il l’épouse et accepte l’enfant comme le sien. Ils croient s’aimer. Mais la mère vit dans sa bulle, toujours au bord du gouffre rêvant une autre vie et le père, artiste reconnu, lui, fait son coming-out sur le tard. Ils aiment le rouge, le vert, la mer, le désordre et les enfants cherchent leurs équilibres au milieu de tout ce grand bordel désorganisé. Isabelle Carré nous parle de ses tentatives de suicide, de ses rêves de danseuse, d’hôpital, de ses frères, de ce père qui se cherche, de cette mère qui se perd et de ce théâtre qui la sauve. C’est joliment écrit, tout en pudeur, mais c’est aussi extrêmement confus. J’adore les sauts dans le temps, les retours en arrière. Mais ici, ils n’ont pas vraiment de logique et j’ai du m’accrocher pour savoir à qui l’auteur faisait référence. Cela tue un peu l’émotion qu’aurait pu susciter ses mots. Seules quelques scènes avec son père ont réussi à me toucher, mais ca reste très en surface. Dommage Ceci dit, ca reste une jolie plongée dans les années 70’ à 90’ et un touchant déclaration d’amour malgré tous les travers des uns et des autres.
J’aime beaucoup l’actrice pour sa douceur et sa simplicité, alors forcément, j’étais très intriguée par son premier roman que j’ai eu envie de découvrir. L'exercice est toujours très délicat lorsqu’on sort de son “rôle principal” et Isabelle Carré va être plus observée et attendue du fait de sa notoriété comparé aux autres auteurs qui publient un autre premier roman.
J’ai beaucoup apprécié sa façon d’écrire que j’ai trouvé assez proche de la personne que j’imagine : sensible, fragile et pudique. Le tout est très doux et elle va nous évoquer ses souvenirs de manière simple tout en ayant conscience des odeurs, des couleurs qui l’entourent. Par contre j’ai été parfois désarçonnée par le fouillis de l’histoire, on passe parfois d’un personnage à un autre, d’une époque à une autre. Elle l’a dit elle-même sur une émission de radio où, justement, elle parlait de ce côté désordonné de son écriture. Cela fait parti de son style, de son histoire et il nous permettra de mieux la comprendre.
Malgré un début un peu laborieux, la suite est passée un peu mieux et nous donne un premier roman prometteur et touchant.
Dans ce roman autobiographique, Isabelle Carré raconte son enfance, son adolescence, sa vie dans une famille décalée. Sans chronologie, sans noms propres, juste ses souvenirs.
L'autrice a visiblement vécu de manière atypique. En commençant par les parents, qui eux même sont ailleurs, cherchant qui ils sont, chacun de leur côté. Entre eux, il y a trois enfants qui font leurs expériences. Ils développent des peurs, des angoisses, des questionnements, des joies; ils grandissent. Ce livre est un méli mélo de souvenirs, de pensées raconté par une enfant, une ado puis une femme. Pour moi c'est un journal intime un peu trop bien ficelé.
L'auteure a une plume magnifique, douce, rêveuse. Elle nous emportent dans toutes ses pensées et ses rêves. Mais je n'ai aimé le récit. Il n'y a, à mon avis, aucune raison d'en faire un roman. Certes, elle a une famille et une enfance un peu tordue. Mais qui n'en a pas ? Tout le monde a un passé, une histoire à raconter, des anecdotes à ne pas oublier. A vouloir être différents, ils en deviennent banals.
Je salue tout de même l'écriture de la dame qui est superbe.
"Les rêveurs" d'Isabelle Carré ( 304p) Ed. Grasset. Bonjour les fous de lectures….. Alors….. Autant j'apprécie l'actrice, autant cette lecture m'a ennuyée et, je referme le livre fort perplexe! Pour commencer, je n'ai pas bien compris la dénomination "Roman autobiographique" , alors qu'il est clair que ce récit est l'histoire de l'enfance et de l'adolescence de l'actrice au sein de sa famille assez "bizarre", à la fois marginale et fragile. Ensuite, le récit est certes touchant mais surtout soporifique et assez brouillon (absence totale de chronologie) et on s'ennuie très vite malgré l'écriture fluide. Donc Isabelle carré nous dévoile sa famille le long de ces 300 pages. Une mère dépressive d'origine aristo. Un père gay Une adolescence fragile avec tentatives de suicide et séjour en HP. Le théâtre comme porte de secours. Ce livre a peut-être servi de thérapie pour l'actrice mais est loin de m'avoir convaincue. Quel était, en fait, le sens de sa démarche ? Madame, continuez à jouer sur scène ou au cinéma, cela vous sied tellement mieux
« On devrait trouver des moyens pour empêcher qu’un parfum s’épuise, demander un engagement au vendeur – certifiez-moi qu’il sera sur les rayons pour cinquante ou soixante ans, sinon retirez-le tout de suite. Faites-le pour moi et pour tous ceux qui, grâce à un flacon acheté dans un grand magasin, retrouvent l’odeur de leur mère, d’une maison, d’une époque bénie de leur vie, d’un premier amour ou, plus précieuse encore, quasi inaccessible, l’odeur de leur enfance… » I. C.
Quand l’enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées de l’époque, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d’une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même. Une rare grâce d’écriture.
Isabelle grandit dans les années 70 dans une famille de rêveurs qui part un peu à la dérive. Elle nous dépeint son enfance, en version romancée, et une époque. Parfois insouciante parfois malheureuse, c’est le théâtre qui va l’aider et la sauver.
Ce livre est un premier roman d’une grande sensibilité, nous suivons un fil de souvenirs qui peut paraître sans but mais qui nous entraines dans une époque et raconte l’histoire d’une famille, la sienne, mais pas seulement, c’est toute une époque qui transparait à travers ce récit. J’ai lu ce livre dans le cadre du Grand Prix des Lectrices Elle et c’est une très belle découverte.
« J’ai six ou sept ans, et ce rêve revient de plus en plus souvent. Je sais bien que ce n’est qu’un cauchemar, mais il semble contenir une vérité que je ne saurais ignorer : ma mère ne me voit pas, elle ne me sauvera d’aucun danger, elle n’est pas vraiment là, elle ne fait que passer, elle est déjà passée. Elle s’en va. »
C’est avec l’histoire de sa mère que l’on commence le récit et j’ai beaucoup aimé ce démarrage ; commencer pas seulement par son passé mais par son histoire, celle de sa famille. C’est le point de départ et de là, nous suivons cette famille, comment elle se construit et les rêves des uns et des autres, réalistes, réalisables, réalisés, ou non. Pour mon avis complet: https://chronicroqueusedelivres.wordp...
Récits de l’enfance, de l’adolescence et de la vie adulte de l’autrice et de sa famille. Une traversée décousue depuis le début des années 70 jusqu’à nos jours où presque, remplie d’anecdotes, de pensées et reflexions, d’impressions, d’un peu de la grande Histoire aussi.
Il y a beaucoup de tristesse dans ce texte, beaucoup d’incompréhension face à des événements à la fois ordinaires et extraordinaires, aux souffrances de ne pouvoir être soi qui se transmettent entre les générations, aux injustices ressenties. Je me retrouve mon moi enfant, puis adolescente et adulte dans beaucoup des interrogations d’Isabelle Carré. Est-ce générationel (nous n’avons que quelques années de différence), des expériences communes (quoi que les miennes me semblent moins dramatiques), ou une proximité des âmes ? Elle semble avoir vécu plus que moi, mais je l’égale sûrement en intensité des émotions.
L'actrice dévoile son enfance, ses errances, celles de sa famille pour le moins torturée. Autobiographie qui lui ressemble toute en sensibilité et un peu décousue: elle passe d'une période à une autre, de son enfance à celle d'une mère fragilisée par l'absence et la dureté de sa propre mère, de la quête identitaire d'un père qui mettra des années à accepter son homosexualité à la sienne: au théâtre qui, après ses essais déçus de ballerine, la dévoile et lui permet de donner sens à sa vie. Il s'agit d'une pudique mise à nu. Née d'une famille soixante-huitarde comme moi, je me suis beaucoup retrouvée dans certaines descriptions de l'époque. Ça a fait remonter des sensations jusqu'à certaines odeurs de mon enfance.
C’est dans un murmure retenu et décousu qu’Isabelle Carré nous raconte son histoire toute en délicatesse. L’écho de son récit siffle encore à nos oreilles après avoir refermé le livre. « Mon récit manque d’unité, ne respecte aucune chronologie, et ce désordre est peut-être à l’image de nos vies, en tout cas de la mienne, car il existe certainement des gens capables d ordonner la leur. Toutes les époques subsistent en nous à la façon des matriochkas, c’est sans doute pourquoi, malgré l’expérience et les connaissances accumulées, nos propres réactions, parfois si infantiles, continuent de nous surprendre. »
Découvert par hasard et acheté pour l’admiration que je porte à cette actrice comme elle se dit qualifiée de « discrète et lumineuse », ce roman se lit comme on prendrait des bonbons de « Berthie Crochue », chaque chapitre est un flot de tendresse et de douceur, pioché de façon aléatoire dans une jeunesse entre deux mondes, un père étoile filante et une mère brumeuse... mais ces douceurs enfantines, bien que sucrées,se révèlent parfois acres ou acides... mais il faut grandir et s’épanouir ! Un témoignage universel sur la douleur de l’enfance et la naissance à une adulte sensible et généreuse... merci!
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Avec une plume pleine de charme, Isabelle Carré raconte sa vie et plus particulièrement son enfance dans les années 70. Elle dévoile ses failles, sa famille dysfonctionnelle (père homosexuel qui finit par faire son coming-out sur le tard, mère dépressive abandonnée par sa famille), ses traumatismes changés en force avec l'âge, sa découverte du théâtre.
J'ai apprécié découvrir cette autobiographie d'une actrice que j'affectionne tout particulièrement. C'est bien écrit, drôle et touchant par moment, intéressant.
bien aimé le style d'écriture les aller retours dans le temps sont un peu déstabilisant mais je me suis habituée pour moi c'est l'histoire d'une famille mais surtout d'une enfant et d'une ado. on vit l'histoire de son point de vue à elle ce roman a aussi un aspect psychologie de l'enfant et de l'ado j'ai beaucoup aimé je l'ai lu tres vite
La lecture de ce livre ne fut pas une partie de plaisir. J'ai eu du mal avec les différentes narrations. Les points de vue sont ceux de la narratrice, mais je n'ai pas réussi à lui faire confiance. Elle raconte tour à tour l'histoire de ses parents, puis la sienne avec ses accidents plus ou moins graves. Or les petits chapitres se suivent sans cohérence à mes yeux.