Sept rois marchent sur Thèbes pendant que dans la ville on se prépare pour une guerre que l’on croit perdue d’avance (Les Sept contre Thèbes). Les cinquante filles de Danaos demandent refuge et protection au roi d’Argos (Les Suppliantes). Oreste venge son père Agamemnon, tué par sa mère Clytemnestre (L’Orestie)… Guerre, vengeance, coups du destin : tels sont les tourments que dépeignent les sept tragédies d’Eschyle qui sont parvenues jusqu’aujourd’hui. Celui qui est le plus ancien des tragiques que nous connaissions, pourtant, en avait écrit au moins quatre-vingts.Son théâtre est un tableau lucide des sentiments d’hommes que la fatalité met à l’épreuve. Rachetant la noirceur du coeur humain, la justice et la morale se révèlent ici, comme nulle part ailleurs, au fondement de la vie de la cité.
Aeschylus (c. 525/524 BC – c. 456 BC) was an ancient Greek tragedian often described as the father of tragedy. Academic knowledge of the genre begins with his work, and understanding of earlier Greek tragedy is largely based on inferences made from reading his surviving plays. According to Aristotle, he expanded the number of characters in the theatre and allowed conflict among them. Formerly, characters interacted only with the chorus. Only seven of Aeschylus's estimated 70 to 90 plays have survived. There is a long-standing debate regarding the authorship of one of them, Prometheus Bound, with some scholars arguing that it may be the work of his son Euphorion. Fragments from other plays have survived in quotations, and more continue to be discovered on Egyptian papyri. These fragments often give further insights into Aeschylus' work. He was likely the first dramatist to present plays as a trilogy. His Oresteia is the only extant ancient example. At least one of his plays was influenced by the Persians' second invasion of Greece (480–479 BC). This work, The Persians, is one of very few classical Greek tragedies concerned with contemporary events, and the only one extant. The significance of the war with Persia was so great to Aeschylus and the Greeks that his epitaph commemorates his participation in the Greek victory at Marathon while making no mention of his success as a playwright.
Eschyle est absolument fantastique. J'ai été introduit aux tragiques grecs à travers Sophocle, que j'adore bien sûr, mais je crois bien qu'Eschyle est roi maintenant en ce qui me concerne.
La plupart des pièces n'ont pas, ou très peu, d'intrigue et d'action. Le théâtre d'Eschyle tire plutôt sa force de sa très grande qualité poétique et littéraire. Il m'est évidemment difficile de dire quelle part de mérite revient au travail du traducteur, mais dans tous les cas, les discours regorgent d'images et de métaphores exceptionnelles qui, à mon avis, justifient à elles-mêmes la lecture d'Eschyle. Par la quasi absence d'action, les émotions des personnages ont ainsi beaucoup d'espace pour se déployer avec une amplitude et une intensité dramatiques incomparables.
Cette intensité langagière est intimement enchevêtrée avec l'atmosphère tragique que créé Eschyle. Ce sont des récits dégoulinants de sang, gorgés de larmes, où la terreur des dieux est omniprésente. Plus encore que chez les autres tragiques grecs, l'hubris et la souillure sont payés très chèrement et les mortels ne sont réellement dignes que lorsqu'ils savent sagement se résigner au destin et à la volonté des dieux. Plusieurs des meilleurs discours sont d'ailleurs de longues plaintes, de graves lamentations face au sort.
Toutes les pièces sont excellentes mais Prométhée enchaîné et l'Orestie sont à lire absolument.