Parti à la recherche de Lavalette, le narrateur rencontre Victorine, dont le témoignage bouleversant l'accompagne dans sa quête. Tandis que sa ville se charge peu à peu d'histoires, il découvre les années de tourments qui ont conduit à la révolution de 1871. Témoignage exceptionnel sur la Commune de Paris, ce roman graphique présente la manière dont l'époque se voyait elle-même.
Un jour Raphaël Meyssan découvre qu'un communard appelé Lavalette a habité son immeuble. Intrigué, il reconstruit l'histoire de cet homme et de diverses autres personnes qui ont participé à la Commune. C'est à travers eux que le lecteur parcourt ces 72 jours qui ont inspiré l'espoir aux uns et la panique aux autres. Meyssan sympathise avec les communards sans éluder leurs erreurs et les crimes que certains d'entre eux ont commis, même s’il ne s’y attarde pas. Il nous restitue aussi la modernité de la Commune (souvent interprétée à tort comme un régime proto-communiste) sa tentative d'instaurer une démocratie intégrale et d'améliorer la condition féminine et ouvrière bien avant que cela ne nous semble évident. Tout cela se termina par une répression d'une extrême sauvagerie et un bain de sang abominable.
L'aspect le plus novateur de cette bande dessinée n'est cependant pas son sujet, mais l'usage exclusif de gravures contemporaines en guise d'illustrations, même pour les passages qui se déroulent à notre époque. Et c'est une immense réussite. Je recommande donc hautement sa lecture, ne serait-ce que pour cette raison.
L’impression de se trouver embarqué sur les traces d’inconnus pris dans les rets de la grande histoire…Qui prennent du relief, tout comme les illustrations d’époque dont l’effet collage s’estompe au fur et à mesure qu’on se prend au jeu des archives. Hâte de lire la suite!
Une histoire vraie, passionnante et qui révèle le déshonneur de bien de nos dirigeants. Thier qui fuit Paris en laissant sa femme et Jules Ferry qui veut balayer la place de l’hôtel de ville à la mitraillette en sont de bons exemples.