Quelques réflexions de tête et de cœur sur un Québec sclérosé Alors qu’il vient tout juste de lancer son nouveau one-man-show Nos droits et libertés, Guy Nantel présente maintenant son tout premier livre, Je me souviens... de rien, un essai politique percutant à propos des enjeux et des défis auxquels est confronté le Québec d’aujourd’hui.
« Ce livre est en fait une réponse à la question que les fans me posent souvent après mes spectacles : Si tu allais en politique, que proposerais-tu? Les gens me demandent régulièrement quelle est mon opinion sur la politique et le Québec, au-delà du personnage de scène. Ainsi, j’ai eu envie de leur répondre, tout en écrivant pour mon plaisir personnel. Finalement, je suis bien heureux du résultat. Cet essai est en quelque sorte la version sérieuse de mes spectacles humoristiques alors que je partage cette fois-ci mes idées et réflexions sincères sur un sujet qui me passionne. » - Guy Nantel
Dans cet essai, Nantel fait le point sur la situation sociale, politique et économique du Québec moderne, au-delà du discours nationaliste traditionnel. En toute humilité, il tente d’expliquer les raisons du défaitisme ambiant et propose des pistes concrètes pour nous inciter à mettre nos différences de côté afin de mieux vivre ensemble dans un pays décomplexé et prospère. Publié par le Groupe Entourage, le livre, qui promet d’être fort intéressant et de pousser à la réflexion, est en vente dès maintenant lors des spectacles de Nantel et sur sa boutique en ligne au guynantel.com.
Rappelons également que Guy Nantel débute la tournée de son nouveau spectacle Nos droits et libertés à travers la province, alors que la première montréalaise a eu lieu le 7 novembre dernier. Plus percutant que jamais, l’humoriste mise une fois de plus sur un style d’humour périlleux, alors qu’il vacille entre l’ironie et la vérité crue, amenant le public à réfléchir, mais surtout à rire.
Un livre politique et historique d'une grande qualité. Bien vulgarisé, concis et claire. Bien que l'auteur annonce ses couleurs souverainistes, le ton demeure généralement impartial et on se concentre sur les faits. On présente des faits et on propose des idées innovatrices, sans prétendre avoir la solution à tout. C'est vraiment un livre pertinent que tous québécois auraient avantage à lire peut importe ses allégeances politiques. Très intéressants et instructifs!!
Je fais mienne la critique de Jacques Lanctot, publiée dans Le Journal de Montréal du 3/02/2018:
"Guy Nantel s’est fait connaître à l’émission de Marie-France Bazzo, Il va y avoir du sport. Il était drôle et cinglant, même si je n’étais pas toujours d’accord avec le fait qu’il ne faisait pas de discernement dans ses blagues. Le fait de ne pas discerner entre le bon et le mauvais me semblait une peur de se mouiller. D’ailleurs, il l’affirme d’emblée :
« Je malmène les Bleus, les Verts, les Mauves et les Rouges avec un certain plaisir. »
Pourtant, il n’hésite pas à se revendiquer souverainiste : « Nous sommes déjà et nous serons toujours un peuple souverain, que ce soit dans un Québec affranchi ou à l’intérieur du Canada. »
Les Québécois qui se proposent de voter pour la CAQ, devraient absolument lire le plaidoyer de Guy Nantel en faveur de la souveraineté du Québec. C’est clair et limpide comme de l’eau de roche. Il est anormal, plaide-t-il, qu’un peuple souffre « d’un complexe d’infériorité et d’avoir une peur terrible de demander aux nouveaux arrivants de respecter un minimum de valeurs communes telles que l’égalité hommes-femmes ou d’assister à la cérémonie de citoyenneté à visage découvert ». Tout aussi anormal de «confondre la défense d’une langue et d’une culture nationales avec du racisme ». Anormal, ajoute-t-il, que nos finances soient contrôlées en bonne partie par Toronto ou que nos choix politiques dépendent d’Ottawa.
L’humoriste s’attelle à démolir le mythe que le Québec serait une des provinces les plus pauvres du Canada. Il relativise les faits et conclut que la qualité de vie est de loin supérieure ici que dans le ROC (Rest of Canada). « Je pense qu’il est urgent de cesser de dépeindre le Québec comme un État du tiers monde qui doit dépendre des autres pour assurer sa subsistance », conclut-il à ce chapitre, tout en démontrant que le Québec n’est pas celui qui reçoit le plus en péréquation du fédéral.
Les Québécois ne paient-ils pas plus de 50 milliards de dollars au fédéral en taxes et impôts, alors qu’ils ne reçoivent, en retour, que 11 milliards de dollars ? Le pétrole albertain, c’est aussi nous qui le finançons, assure-t-il sans humour, alors que le développement de nos ressources hydro-électriques au Québec s’est fait sans l’aide du fédéral. Même chose avec l’industrie automobile en Ontario, largement financée par Ottawa.
Nantel égratigne au passage les médias qui perpétuent cette mentalité d’éternels assistés sociaux des Québécois. « Je demande aux journalistes et aux commentateurs de réfléchir sur les titres appropriés utilisés dans les médias. Des titres qui entretiennent notre mentalité de perdants et de quémandeurs. [...] Ils se doivent de souligner que [...] le Québec finance largement les programmes et infrastructures qui profitent surtout aux autres provinces. »
Pour l’humoriste, notre état de dépendance ou encore le fait que Montréal ait perdu son statut de capitale économique du Canada au profit de Toronto s’expliquent par la volonté d’Ottawa de favoriser un secteur aux dépens d’un autre.
À la fin, Nantel nous révèle une confidence que lui a faite Jean Lapierre, peu de temps avant de mourir tragiquement : « Dans tous les scénarios, y compris celui où le Québec demeure une fois pour toutes à l’intérieur de la fédération canadienne, le Québec doit demeurer souverainiste. Le jour où les Québécois cesseront de mener cette bataille pour la langue française et pour notre culture, il est certain que nous allons disparaître. »
Voici un humoriste qui n’a pas la langue dans sa poche et qui ose aborder avec intelligence des sujets aussi brûlants que la laïcité et l’immigration.... "
Une super explication de la situation québécoise, bien articulé et basé sur la discussion et l'ouverture.
J'ai adoré chaque passage et j'en aurais pris plus. Je suis Québécois et je crois que nous valons plus que ce qu'on pense.
Bref, peu importe ton orientation politique, ou même si tu t'y connais pas du tout, tu dois lire ce livre. C'est important, ne serait-ce que pour comprendre à quel point on vit dans un endroit génial, qui gaspille malheureusement son talent.
Intéressant. Ce livre ramène des arguments pour la souveraineté du Québec. J’aurais bien aimé davantage de références pour appuyer ses faits et arguments. Comme il a sans doute fait la recherche, cela ajouterait à la solidité des arguments pour les sceptiques.
C'est un bon essai qui résume assez bien la situation politique québécoise actuelle. Il y a plusieurs citations fortes. Son « nationalisme civique » montre par contre un Nantel quelque peu naïf.
Très informatif. Il permet de se faire une idée plus claire sur une question ou beaucoup de gens ont une opinion sans trop savoir pourquoi ils pensent ainsi (moi y compris). Grâce à plusieurs faits historiques et actuels, je suis mieux informée et j'ai beaucoup aimé en apprendre sur le sujet. À lire pour tout ceux qui s'intéresse à la question indépendantiste (et même sur la question de la laïcité du Québec... Sujet chaud au moment où j'écris ces lignes avec le projet de loi 21). Je serais curieuse de lire la contrepartie pour avoir une opinion plus claire à savoir pourquoi le Québec devrait rester avec le Canada.