Je suis probablement parmi les lecteurs les plus difficiles à intéresser au livre de Luc Lavoie. Je connais les événements et les acteurs dont il parle, j'ai un peu écrit sur le sujet, et l'auteur ne se gène pas pour dire, assez brutalement, tout le mal qu'il pense des causes que j'ai à cœur.
J'ai pourtant dévoré l'ouvrage. Lavoie, aidé de la plume très efficace de son scribe Serge Rivest, est un excellent conteur. Il nous emmène dans la coulisse, nous fait assister aux conversations, aux coups de sang, aux humeurs, aux confrontations.
Il a la bonne idée de ne pas re-raconter ici ce qu'on sait déjà, mais choisit d'ajouter chaque fois un éclairage nouveau, le sien.
Lavoie n'est pas un enfant de cœur et nous le fait savoir. Il a une job à faire et prend les moyens qu'il faut pour y arriver, ce qui suppose d'écraser un nombre impressionnant d'orteils.
Mais on ne peut que saluer son audace, son bagout, son sens de l'initiative. Comme, en mission en Afrique du Sud pour Brian Mulroney, il décide de se rendre à la maison de Mandela, à Soweto, au cas où il pourrait le rencontrer. Mandela n'est pas encore au pouvoir et passe un moment avec lui.
Son récit des épisodes politico-émotifs entre Lucien Bouchard et Brian Mulroney ajoutent des éléments à notre connaissance de l'histoire.
Les chapitres sur son travail de gestionnaire de crise pour des multinationales est une porte ouverte sur un monde méconnu et j'ai apprécié qu'il raconte aussi bien une cause gagnée qu'une cause perdue.
Luc Lavoie est à prendre ou à laisser. Mais il est un personnage qui ne laisse pas indifférent. Exactement comme son livre. Je le recommande avec plaisir.