Il a suffi d'une fois. Une seule mauvaise décision, partir, suivre un homme à Paris. Moe n'avait que vingt ans. Six ans après, hagarde, épuisée, avec pour unique trésor un nourrisson qui l'accroche à la vie, elle est amenée de force dans un centre d'accueil pour déshérités, surnommé "la Casse". La Casse, c'est une ville de miséreux logés dans des carcasses de voitures brisées et posées sur cales, des rues entières bordées d'automobiles embouties. Chaque épave est attribuée à une personne. Pour Moe, ce sera une 306 grise. Plus de sièges arrière, deux couvertures, et voilà leur logement, à elle et au petit. Un désespoir. Et puis, au milieu de l'effondrement de sa vie, un coup de chance, enfin : dans sa ruelle, cinq femmes s'épaulent pour affronter ensemble la noirceur du quartier. Elles vont adopter Moe et son fils. Il y a là Ada, la vieille, puissante parce qu'elle sait les secrets des herbes, Jaja la guerrière, Poule la survivante, Marie-Thé la douce, et Nini, celle qui veut quand même être jolie et danser. Leur force, c'est leur cohésion, leur entraide, leur lucidité. Si une seule y croit encore, alors il leur reste à toutes une chance de s'en sortir. Mais à quel prix ? Après le magistral Il reste la poussière, prix Landerneau Polar 2016, Sandrine Collette nous livre un roman bouleversant, planté dans le décor dantesque de la Casse.
Sandrine Collette was born in Paris in 1970. She divides her time between Nanterre, where she teaches philosophy and literature, and Burgundy, where she has a horse stud farm. She is the author of numerous novels. Nothing but Dust, winner of the Landerneau Prize for crime fiction, was her English-language debut.
Voici le dernier Sandrine Collette, aux éditions Denoël, très attendu depuis ma lecture de ses précédents romans tous lus à la suite d’un trait cul-sec ! [...] [Vous pouvez lire la suite sur mon blog, merci :)]
Parce qu’elle rêvait de vivre dans la métropole, Moe a quitté son île avec Rodolphe. Las, la voici coincée dans une campagne où elle n’est pas la bienvenue, avec un mari bien beauf et méprisant et qui devient violent . Moe s’enfuit avec son bébé et c’est la descente aux enfers. Ramassée par les services sociaux, elle se retrouve au Haut Barrage, nom officiel du centre d’accueil plus communément appelé La Casse, on comprend vite pourquoi !
D’un roman noir classique on a basculé dans une dystopie : « Qui a eu un jour l’idée de cette étonnante et terrifiante filière de recyclage, donner une deuxième vie- et quelle vie !- à ces vieilles guimbardes, personne ne s’en souvient. » Moe découvre ce « village » de 8000 âmes « qui vivent la sur les sièges éventrés des Fiat et des Renault hors d’usage, sur les coffres ouverts prolongés par une tôle ou une bâche pour gagner un peu d’espace. »Elle a hérité de la place 2167 , une Peugeot 306 grise qui sera sa nouvelle maison.
Sandrine Collette nous entraîne dans les méandres de cette cour des miracles fermée par une grille infranchissable et sans cesse sous le contrôle de gardiens armés, d’où personne ne doit sortir... Enfermer la misère et les déclassés de la société, les invisibiliser : c’est un futur effrayant qui nous est décrit mais est-il si improbable ?
C’est noir, très noir, mais il y a quand même un peu d’espoir : dans son malheur, Moe a eu de la chance . Elle a atterri dans une ruelle où cinq femmes s’épaulent, se serrent les coudes, partagent tout ce qu’elles ont pour survivre dans ce milieu hostile. Chacune raconte son histoire.
Un roman noir humaniste, une allégorie de notre société de plus en plus individualiste et égoïste. De beaux portraits de femmes dont le destin a un jour basculé mais qui n’ont pas oublié leurs valeurs, dans une société qui, elle, les a piétinées. La solidarité féminine face au rejet. (Je remarque d’ailleurs qu’une nouvelle fois chez Sandrine Collette il n’y a aucun personnage masculin positif : tous des salauds, voleurs, violeurs ...) Une réussite.
Des larmes noires sur la terre est un roman sombre, étonnant et bouleversant. On part à la rencontre de six femmes brisées par la vie, mais déterminées et dont la solidarité fait face à l'injustice.
Différents des autres livres de l'auteure, mais toujours aussi bien écrit et maîtrisé. Une merveille assez déprimante, mais formidable !
Une décharge avec des carcasses de voitures, voilà où échoue Moe avec son petit garçon, après avoir quitté Rodolphe, violent et alcoolique. C'est une ville-Casse, où sont conduits ceux qui n'ont plus rien. Ils travaillent dans les champs alentour en échange de quelques centimes par jour pour, espèrent-ils, régler peut-être un jour les quinze mille euros qui les autoriseraient à quitter ce lieu infâme. Dans ce bidonville, elle va partager le quotidien de femmes qui n'ont rien d'autre à offrir que leur solidarité. Unissant leurs solitudes, elles se serrent les coudes. Les voitures "comme des tombes aux portes ouvertes, des enfers vides et béants" sont leur toit. Poule, Jaja, Nini- peau-de-chien, Marie-Thé et la vieille Afghane Ada constituent un semblant de famille pour Moe et son petit Côme. Leur présence et leurs paroles réconfortantes l'aident à supporter son horizon bouché, le quotidien âpre de cette vie au milieu des épaves de voiture. Ada, personnage central de ce petit groupe de femmes, veille sur les filles et a réussi à obtenir de la communauté du bidonville une forme de respect, grâce à ses talents de guérisseuse. Peu à peu, chacune raconte à Moe ce qui l'a conduite à cette vie de misère. Les récits de ces destins brisés sont poignants. Comme Moe, chacune de ces femmes a vécu une descente aux enfers, une accumulation de mauvais choix doublés de malchance. La sagesse et la ténacité de la vieille Ada sauront-elles leur offrir l'espoir d'un avenir apaisé ?... J'ai adoré, une fois encore, ce roman de Sandrine Collette qui sait toujours camper des personnages attachants.
Quel choc! L’expression souvent à tort et à travers prend ici tout son sens. Voilà en effet un roman dont on ne sort pas indemne. La noirceur, le désespoir et l’enchaînement des drames qui collent aux basques des femmes que l’on va suivre durant près d’une dizaine d’années ne pourra vous laisser de marbre. Sur son île, Moe croise Rodolphe. L’homme, qui a deux fois son âge, va lui faire miroiter les charmes de la métropole. Que n’a-t-elle pas écouté sa grand-mère qui lui disait de toujours réfléchir avant d’agir? « elle n’a pas réfléchi. Ou alors un peu, mais pas trop, pas si bête, elle savait bien que ça ne serait pas rose tous les jours. N’avait pas envie de se l’avouer avant même que l’histoire se noue, malgré le pincement au fond du ventre qui venait la titiller le soir, après, quand Rodolphe dormait et qu’elle le regardait, ses quarante ans, les rides au coin des yeux et les veinules parce qu’il buvait trop. » Loin des lumières de la Tour Eiffel, elle va découvrir un village où elle est tout sauf bienvenue. Méprisée, insultée, maltraitée, la «colorée» devient la «taipouet», objet des moqueries de Rodolphe et de ses amis de comptoir. Six ans plus tard, sa joie de vivre a disparu. Elle est battue, vixtime de coups de plus en plus violents. Et songe à fuir cet enfer, surtout pour protéger Côme, ce fils qui vient de naître. Réjane, la fille d’une de ses vieilles clientes, va l’accueillir chez elle le temps de se retourner. Mais comment trouver un emploi avec un nouveau-né dans les bras? De petits boulots en expédients, elle va se retrouver dans la rue, essayer de trouver refuge aux aurgences de l’hôpital, avant de finir dans une sorte de camp où sont regroupés tous les sans-abri, rebuts de la société, délinquants ou filles perdues. Des milliers de personnes qui n’ont pour seul abri, les véhicules destinés à la casse. D’où le nom de cette prison aux règles aussi strictes qu’inhumaines. Moe et Côme doivent se contenter d’une vieille épave, mais fort heureusement, ses cinq voisines viennent l’aider: Marie-Thé, Nini, Jaja, Poule et Ada. Construit en trois parties, le roman va désormais nous raconter comment survivre dans ce milieu hostile, comment ne pas se tuer à la tâche, comment ne pas mourir de désespoir en constatant la quasi impossibilité de quitter ce camp de concentration d’âmes perdues. Et, au fil des chapitres, revenir sur l’histoire des femmes qui côtoient Moe, condamnée « à ruminer sur ce qui l’a amenée ici, et les erreurs, et les folies, et les directions manquées». Poule avait fini par installer sa roulotte dans le camp, après avoir parcouru des milliers de kilomètres avec son cheval et ses poules et avoir usé son corps jusqu’à ce qu’il cède. Doit-elle pour autant se résigner? Gagner l’argent demandé par les gardiens pour sortir du camp, 15000 euros, tient de la mission impossible. Mais Moe veut encore y croire et n’hésite pas à donner son corps pour gagner quelques billets de plus, puis de jouer la mule auprès des trafiquants de drogue. Ce faisant, elle ne se rend pas compte qu’elle s’enfonce dans une terrible spirale, «descendant jusqu’au tréfonds de la terre, dévastée et saccagée» Ada l’afghane, qui a surmonté l’invasion soviétique et fuira le régime taliban, n’aura guère plus de chance que ses compagnes d’infortune. Après un long calvaire vers l’exil, elle se retrouvera également prise au piège de La Casse. «Son existence entière s’est découpée en longues tranches, vingt ans en Afghanistan, dix ans à Clermont-Ferrand, cinq ans en prison, vingt-cinq ans dans la ville-Casse qu’elle connaît par cœur». Mais ses dons de guérisseuse lui donnent une sorte de statut particulier, d’immunité et une volonté de fer: « Mon histoire n’est pas terminée : un jour je quitterai cet endroit et j’irai vivre libre, au milieu des arbres, pour me consoler de toutes ces années de gris et d’enfermement.» Marie-Thé, avec son passé d’esclave domestique, et Jaja qui a connu l’univers carcéral thaïlandais veulent aussi y croire. Même si leur espoir tient davantage du vœu pieux que d’un plan bien orchestré. Dès lors, l’issue fatale est davantage prévisible. C’est dans une encre très noire que Sandrine Collette trempe sa plume. Du coup le lecteur doit, comme les femmes dont on suit l’histoire, avoir le cœur solidement accroché et qui sait, être un peu inconscient, pour imaginer une fin heureuse à ce roman. Il paraît que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir… http://urlz.fr/4JhS
Moe a quitté sa Polynésie natale pour suivre Rodolphe, petit français qui passait par là. Sous couvert d’un amour naissant, qui se révèle bien vite poisseux, Moe le quitte avec, dans son paquetage, un enfant. Réjane l’héberge quelque temps, mais rapidement, elle ne supporte plus cette gamine qui n’arrive pas à avoir de travail fixe assez bien payé ni ce gosse qu’elle doit prendre garde à ne pas réveiller. Désœuvrée, seule, sans toit, elle atterrit à la Casse. La Casse c’est un Township dans lequel sont regroupés tous les « ratés » dans son genre. Ils y vivent dans des voitures qui servent d’habitation. Cela évite qu’on les voie traîner dans les centres villes. Ils sont parqués, surveillés, sans possibilités d’en sortir. Une nouvelle vie commence alors pour Moe… sur le sol français, pas telle qu’elle l’avait imaginé…
Rien de ce que je pourrai écrire dans cette chronique n’arrivera à la cheville de ce roman. J’aurai juste envie de vous dire lisez-le, rien de plus, rien de moins, simplement lisez-le. Il y a des auteurs de littérature noire chez lesquels le lecteur ne décèle aucune lumière, pas la moindre petite braise, juste un noir dense, profond, un puits sans fond où toute forme d’optimisme semble absente. Cela n’est pas le cas dans ce roman de Sandrine Collette. Dieu sait qu’il est noir, qu’il est dur, qu’il est pessimiste. Les situations sont catastrophiques, les personnages désenchantés, les actes dramatiques. Et pourtant, malgré ce scénario effroyable, la lumière jaillit, entretenue par des âmes folles, profondément humaines qui décident de se battre contre la fatalité, envers et contre tout.
Six magnifiques portraits de femmes vivent dans ce roman. Chacune dévoile un pan de sa vie dans des apartés saisissants, une vérité terrifiante, un passé lourd peuplé d’êtres malveillants et pervers. Chacune est meurtrie, blessée, isolée, mais ensemble, elles sont la lumière de leur quartier dans la Casse. Ensemble, elles sont fortes, volontaires, aimantes et empreintes d’humanité. « La présence et l’aide de ces cinq femmes-là, elle s’en rend compte, n’ont pas de prix. (…) Vrai, Moe donnerait ce qu’elle gagne si cela suffisait à les rendre presque heureuses… » L’entraide, l’écoute, l’attention mutuelle, la compassion font de ce groupe une force que nul ne peut arrêter : ni les blâmes, ni les horreurs, ni les actes qui souillent ni la misère ni la crasse. Ensemble, et malgré leurs histoires personnelles différentes, leurs blessures intimes, elles se prêtent main-forte. « Vivre les uns sur les autres l’expression parfaite pour expliquer les liens entre les filles : qu’une seule bouge, et toutes le ressentent. »
Il faut s’imaginer une ville de 8000 habitants, vivant dans des carcasses de voiture, obligés de travailler aux cultures pour quelques maigres piécettes, subissant la chaleur en été, le froid en hiver, les maladies, les agressions, la peur. La Casse est une prison dont on ne sort pas ou alors à un prix élevé. La description faite par Sandrine Collette est criante de vérité. Vous y vivez. Vous subissez. Vous avez peur.
Cette dystopie dévoile, avec lucidité, le futur de notre société basée sur l’absence de compassion, l’envie de se débarrasser des « éléments gênants » (cf. les migrants et la jungle de Calais), l’individualisme poussé à outrance. La construction de villes ghettoïsées similaires à la Casse est tout à fait plausible dans un avenir proche et incertain où la pauvreté et la misère dérangent. C’est ce qui rend le roman si terrifiant. Dans la première partie, Sandrine Collette développe avec brio la lente escalade vers la misère et le cercle vicieux, infernal, qui en découle. Ces éléments permettent de comprendre la lente et inéluctable dégringolade qui amène Moe à la Casse. La seconde partie décrit la vie en ces lieux où l’avenir est extrêmement sombre et les perspectives de s’en sortir maigres.
Le style de Sandrine Collette est aussi vivant que le sont ses personnages. Extérieurement, ils peuvent paraître éteints, mais à l’intérieur, ils sont flamboyants et ardents. Par le biais de phrases longues, parfois une page pleine, de nombreuses virgules, de multiples idées concentrées dans une phrase unique comme si le cerveau de l’un de ses personnages fonctionnait à plein régime ou que l’auteur souhaitait une asphyxie programmée de son lecteur, le peu de dialogues, Sandrine Collette parvient à transmettre une empathie totale en nous livrant la quintessence de l’intimité des âmes. « Et c’est quoi un corps, au fond, sinon une enveloppe que l’on peut détacher de toute pensée quelque chose de flottant, d’insensible, parce qu’on l’a décidé et qu’on l’oblige en lui ordonnant de se taire, c’est quoi un corps malaxé, tourné et retourné sur un matelas sale, investi par d’autres, quand le cerveau fait une coupure, oublie la nuit, quoi de plus que des courbatures et des douleurs au petit matin, au moment de rentrer – il est cinq heures le jour d’après et Moe veut seulement prendre une douche, se laver de l’horreur, les effets de l’herbe hallucinogène dérobée dans la caravane d’Ada disparaissent peu à peu. »
J’ai été littéralement envoûtée par ce récit hypnotique, par cette écriture vampirisante qui résonnait comme un glas au fond de mes entrailles, capable de vassaliser et mon cœur et mon cerveau. Mais surtout, l’auteur transmet cet incroyable appétit de vivre, ce positivisme à toute épreuve, l’idée que rien n’est jamais joué d’avance, que chaque pas, quoi qu’il en coûte reste un pas. « Forcer le destin. À se remettre debout chaque fois en le regardant bien droit dans les yeux, même pas mal, il finira par se lasser, comme les massacres et les épidémies, à un moment tout s’arrête sans que personne ne sache pourquoi, tout reflue, la vie reprend. »
Ce roman est intimiste, sombre et lumineux, doux et violent, mais c’est avant tout une leçon d’humanisme et une ode à la solidarité.
au brainstorming du glauque Collette gagne haut la main. Tout y est dans la surenchère, un peu étrange aussi de se jouer à se faire peur avec des situations que vivent des personnes actuellement sur terre sans inventer un futur bien franco français Du malaise à tous les niveaux, ça n'empêche pas un bon livre mais ça ne fait pas automatiquement un bon livre non plus. abandonné à 60 pages de la fin (me privant peut être de quelque chose mais mon corps ne pouvait plus)
A l’âge de vingt ans, Moe part vivre avec un homme à Paris. Mauvais choix. Quelques années plus tard, maltraitée et abusée, elle n’est plus que l’ombre d’elle même. Décidée à le quitter, elle suit une « amie », mais ne trouve pas de travail adapté à sa vie de mère célibataire. Son nourrisson sous le bras, elle est emmenée par les services sociaux dans un centre d’accueil pour déshérités, surnommé « La Casse ». On y vit dans des carcasses de voitures entassées, formant les quartiers d’une misérable cité où règne la loi du plus plus fort. Chaque épave est attribuée à une personne. Moe prend possession d’une 306 grise qui devient son logement. Dans son quartier, elle rencontre cinq femmes qui vivent soudées pour affronter le monde hostile qui les entoure. Il y a Ada, une vieille afghane qui a gagné le respect dans la cité par ses décoctions médicinales, il y a Jaja, Poule et Marie-Thè, toutes des écorchées qui reviennent de loin pour survivre encore et toujours. Il y a Nini, celle qui veut encore profiter de la vie. Chacune d’elle conte son histoire. Ensemble, elles s’entraident et se battent dans cette zone de non-droit, travaillent pour gagner quelques pièces, maigre espoir d’agrémenter leur quotidien. Mais Moe garde en tête de fuir cet endroit, de retrouver une vie digne, et d’espérer un futur pour son fils. Pour atteindre ce projet, elle est prête au pire, mais ne s’attend pas au prix qu’il lui faudra payer.
Le style est froid, dur, immersif : on entre dans le récit immédiatement, entraîné par une écriture intimiste, au plus proche des personnages, pour ne râter aucune de leurs émotions. Etonnamment ce style m’a parfois pesé et pourtant je reconnais que de cette écriture précisément nait une puissante empathie envers des protagonistes plongés dans un cauchemar que l’on ne souhaite à personne : une vie ou survie forgée d’épreuves, oscillant entre désillusions et maigres espoirs. Cette dystopie a des allures de conte cruel, qui dépeint un monde si proche et si sombre que l’angoisse ne me quitte pas bien après avoir refermé ces pages. Al’instar du post-apocalyptique « Et toujours Les Forêts« , l’auteure explore les sentiments d’une personne et les confronte à des phénomènes de société extrêmes, nous proposant une réflexion sur notre futur. C’est à cela que servent les dystopies, à nous rappeler qu’ils faut nous méfier des conséquences de nos actes, et c’est le message que Sandrine Collette réussit toujours à faire passer. Je vous le conseille.
Moe quitte Tahiti pour s'installer avec Rodolphe à Paris, elle croit fuir ainsi la misère de son île. Se n'est pour elle que le début d'une longue descente aux enfers qui la fera échouer, elle est son bébé Côme, fruit d'une liaison, à la "casse". Un centre d'accueil d'urgence pour tous les accidentés de la vie, ils y sont logés dans diverses carcasses de voitures.
Avec le temps plusieurs quartiers s'y sont créés, des bandes organisées également qui règnent en faisant grandir la peur et la terreur et les trafics en tous genres.
Mais au milieu de cette misère sociale Moe y trouvera de vrais amis. Il y a Ada, vieille Afghane, la guérisseuse, qui a fui un pays en guerre après la mort de toute sa famille et qui protège son "groupe", Jaja rejetée par son père puis par sa mère, qui a connu le drogue, Nini peau de chien, qui est prête à tout pour sortir de cet enfer, la Poule, qui avec sa caravane a parcouru le monde après avoir été victime des attentats de Paris, Marie-Thé la haïtienne qui a connu l'esclavage moderne. Toutes ont une histoire touchante. Elles sont tellement humaines et touchantes, qu'on a envie de leur tendre la main, de les sortir de là..
On ne donne même pas la possibilité d'une seconde chance à ces êtres en souffrance, victimes pour la plupart d'être nées au mauvais endroit, au mauvais moment, dans les mauvaises familles. Ce centre est en faite une prison, un camp de concentration du futur !
Et si ce lieu existait ? Une sorte de prison ou comme durant la seconde guerre mondiale, on y met tous ceux qui ne rentrent pas dans les cases, gênent par leur seule présence ? Un futur pas si loin, qui nous glace le sang rien que de penser que cela pourrait être un jour une triste réalité.
Un roman touchant, bouleversant, noir, mais avec une note d'espoir. Le seul bémol beaucoup de description qui m'ont, parfois, fait perdre un peu le fil de ma lecture.
"Les larmes noires de la terre " de Sandrine Collette (336p) Ed. Sueurs froides Bonjour les lecteurs ... Voici encore un excellent livre de Sandrine Collette. Moe est une jeune fille un peu naïve qui s'imagine que le bonheur est loin de son ile. Amoureuse, elle suit un homme, Rodolphe, à Paris. Mauvaise décision, mauvais choix ...Celui-ci se révèle être un vrai rustre, violent et alcoolique de surcroit. Moe ne dit rien, subit. Ses seules distractions sont quelques sorties au bal du village. Moe va se retrouver enceinte … pas de Rodolphe. La vie qui n'était déjà pas simple se révèle un enfer et Moe n'a d'autre choix que celui de partir. Après des jours d'errances avec son bébé, elle va se retrouver dans un centre pour marginaux. Il s'agit d'un ancien casse de voitures où chaque laissé pour compte se voit attribué une épave. Pour Moe, se sera une vieille Peugeot. Très vite il va falloir se battre et s'endurcir pour essayer de survivre dans cette "ville des laissés pour compte". Heureusement, Moe pourra compter sur ses compagnes d'infortunes pour essayer de sauver sa peau et celle de son fils. Comme tous les romans de Sandrine Collette, nous plongeons dans le noir, le désespoir. Mais on y rencontre aussi la solidarité et l'entraide. Voici un magnifique portrait de femmes Ce livre est une claque… précipitez-vous pour le lire !! Il s'agit d'un roman mais l'idée du casse de voiture comme camp de rétention n'est peut être pas si imaginaire que cela … nous n'en sommes pas loin ! Décidément Sandrine Collette a beaucoup de talent
Plutôt 2,5 Si il y a une chose à concéder au livre c'est qu'il porte bien son titre. Pour la noirceur et les larmes ! Check. C'est sombre, triste, un condensé de malheurs et de mal chance. Il est bien écrit, mais il y a beaucoup de longueurs. Ce n'est pas une lecture agréable pour moi. Le seul point positif écrit que l'auteure met en lumière les travers de cette société dans laquelle nous vivons. Mais, personnellement je ne recommanderais pas.
Quelle claque! Un livre noir très noir, dont on ne sort pas complètement indemne. Un livre "fantastique", assez différent des premiers livres de Sandrine Colette qui livre ici une vision de la société nous montrant les phases Les plus sombres de l'humanité... un grand livre !
Quel style ! Une langue aux couleurs singulières. Une histoire effroyable et pourtant pleine d'amour et de douceur. Un livre insoutenable à vrai dire... mais les toutes dernières pages étaient-elles vraiment nécessaires ?
Très beau roman sur le rapport qu'entretient notre société avec les "laissés pour compte". On plonge dans les tréfonds de la nature humaine, ce qu'elle a de pire, mais aussi de meilleur. Mais surtout le pire... Au final il en restera une belle bouffée d'humanité, qu'on inspire avec plaisir.
Deuxième titre de Sandrine Collette que je lis et elle récidive en jouant beaucoup trop avec mon petit cœur... Petit à petit elle devient sans conteste une de mes écrivains préférées !
Une vraie pépite 💎 Difficile de refermer ce livre qui nous fait passer par toutes les émotions. Il nous transcende et nous bouleverse par ces récits de vies abîmées, un vrai coup de coeur.
3 1/2 stars I read a lot of dark novels, but this one felt a bit overwhelming. The despair and violence leave little room for relief, which made the reading experience heavy. I also found the structure repetitive at times. This book raises important questions about poverty and inequality; unfortunately the bleak atmosphere and fragmented narrative didn't fully work for me.