Un léger contretemps est survenu : Anne est morte, il y a quelques minutes. Elle sera de retour sous peu, le temps de se transférer sur sa copie de sauvegarde. Quinze secondes, tout au plus, pendant lesquelles elle doit cartographier ses souvenirs afin de s'assurer que la nouvelle Anne, celle qui prendra le relais après sa mort, lui sera identique en tous points, ou presque. Elle sera de retour très bientôt, si tout va bien : le transfert est une procédure courante. Mais évidemment, tout n'ira pas bien. S'inspirant librement de l'essai du même nom écrit par Ray Kurzweil, La singularité est proche est une pièce d'anticipation explorant les possibilités offertes par un monde dans lequel, au moyen de la machine, l'homme aurait vaincu la mort.
Tellement le fun. Je me demande si cette histoire de la première génération à avoir vaincu la mort n'est pas peut-être un peu trop simple. Mais, en même temps, on pourrait sans doute dire la même chose d'une bonne épisode de Black Mirror.
Plongée non-linéaire dans le désespoir Kurzweillien, je préfère dire tout de suite que La singularité est proche va faire très plaisir aux gens qui attendent impatiemment une nouvelle saison de Black Mirror. De plus, je trouve que Jean-Philippe Baril Guérard a réussi à communiquer le découragement existentialiste digne des premiers épisodes de Charlie Brooker. Bon, ça c’est dit, si ça vous interpelle, allez le lire.
Mais ce m’a le plus intrigué dans ma lecture sont les procédés d’imagination et de mise en scène pour représenter cette singularité. Non, je n’ai pas vu la pièce mais je crois qu’il subsiste quelque chose de fascinant dans le texte dans la manière qu’il construit la non-linéarité du récit. C’est un gros plaisir pour les fans de Nicolas Bourriaud.
Aussi, je ne sais pas ce qui se passe dans ma tête mais lors de ma lecture, chaque acte changeait de médium. Autant que je suis conscient que La singularité est proche est une pièce de théâtre, il y a une partie de moi qui m’imaginait la voir en animation 2D, en pâte à modeler ou en théâtre de marionnettes.
J'ai telllllement aimé voir cette pièce, la lire fut donc un bonheur pour moi, comme l'impression de retrouver un vieil ami (ou plutôt une vieille amie, en l’occurrence). Les enjeux soulevés dans cette pièce sont hautement pertinents et importants. La plume de Jean-Philippe Baril Guérard est toujours aussi efficace, percutante et irrévérencieuse avec une touche d'humour.
3.5 ⭐️ , je suis pas une grand fan des textes théâtrales mais le thème de celui-ci est vraiment bien, ça aurait été super de l’avoir en format narratif avec plus de viande sur l’os 🙃 !
Anne est décédée et doit se transférer sur sa copie de sauvegarde afin que la nouvelle Anne lui soit identique ou presque. Tout ce qu’elle doit faire est de cartographier ses souvenirs, un processus qui ne prend que quelques secondaires. ⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀ Cette pièce de théâtre était super intéressante mais très déroutante. Alors que l’auteur explore la possibilité de la vie éternelle, les échanges de ses personnages nous confrontent et nous poussent à réfléchir. Ma lecture m’a vraiment prise par surprise car je ne m’attendais pas à sa tournure. J’ai bien aimé. J’aurais aimé voir cette pièce lorsqu’elle était produite!
Très bon! J’ai vu cette pièce être comparée à un épisode de Black Mirror et je vois bien cela. Je vois aussi une touche d’humour rafraîchissante et une place immense à la créativité scénique pour un.e metteur.e en scène.
Pièce de théâtre très intéressant sur la longévité et une hypothétique vie éternelle. Sans en dire plus, au départ c’est très déroutant, mais ça prend tout son sens et ça porte à réflexion.
C'est pas en éliminant la mort qu'on donne du sens à la vie.
Est-ce que l'immortalité vous donne droit à des siècles et des siècles de plaisir ? Ou est-ce qu'elle enlève au contraire tout sens à la vie ? Est-ce qu'être vivants c'est aussi accepter le fait que chaque instant peut-être le dernier ?
Jean-Philippe Baril Guérard nous présente une pièce de théâtre tout en philosophie ! Anne vient de mourir, et elle est sur le point de se faire transférer dans Anne 2. Mais est-ce que c'est ce qu'elle souhaite vraiment ? Ou aimerait-elle plutôt joindre les organiques, cette bande de joyeux irréductibles qui refusent de changer de corps à leur mort ?
En plus de poser des questions sur notre rapport à l'existence, la pièce nous force également à nous questionner sur nos souvenirs. Anne remodèle certains des siens pour les améliorer pendant le transfert, laisser derrière les chicanes ou les traumas peut-être. Mais là encore : qui sommes-nous, sinon la somme de nos expériences ? On plonge aussi dans la question éthique de survivre, de forcer quelqu'un à survivre, encore et encore.
La pièce je trouve suit très bien Manuel de la vie sauvage, dans un sens. On y retrouve les mêmes thèmes, quoiqu'un peu de l'autre côté ? l'âme à préserver plutôt que la personne endeuillée. Side not, j'adore lire du théâtre, ça me rappelle mes premiers amours, et je serais pas mal curieuse de voir comment cette pièce a été montée parce qu'elle implique beaucoup de répliques entremêlées des mêmes personnages !
La peur de la mort est un phénomène assez récurrent, mais la pièce nous fait vraiment réfléchir à la question de manière inverse. Et si on avait peur de l’éternité?
Personnellement, je pense que mourir à un âge où l’on se sent prêt et assez accompli pour accueillir la mort me semble la meilleure option. Cependant je crois que c’est ce qui rend chaque instant et chaque souvenir plus beau, qu’il soit triste ou heureux. il a de la singularité.
Je pense que le contrôle et l’angoisse que ressent la sœur d’Anne à travers ma lecture m’a vraiment fait penser à quel point les malades qui veulent mourir parfois ne peuvent pas et endure plus longtemps à cause des décisions des autres… car ils ne sont ps juger apte à faire des décisions éclairées pour eux même, mais dans le fond une partie d’eux le veut vraiment.
J’ai beaucoup aimé comment la pièce est structurée, c’est carrément une construction de souvenir étape par étape, mais avec des éléments qui changent, pour l’amélioration ou pour se remémorer de d’autre chose.
la fin est belle est reste complète, répondant aux question du lecteur ou bah de celui ou celle qui écoute la pièce, mais en laissant une fin ouverte à l’interprétation.
Anne fait partie de la première génération des « Synthétiques », c’est-à-dire que lorsqu’elle meurt, elle peut re-loader sa mémoire, ses souvenirs, pour revivre. À contrario, les « organiques » n’ont pas cette capacité de résurrection.
Cette pièce de théâtre est très curieuse et nous fait réfléchir sur la vie: est-ce que l’on souhaite vraiment être immortel?
En jouant sur l'idée de répétition, JPBG rend la lecture de sa pièce facile et ardue à la fois. Nous voilà l'imagination dans le tapis, pour créer dans nos têtes ce lieu scénique où les personnages se retrouvent. Vivement l'art vivant et découvrir ces mots dans la bouche de véritables interprètes.
Cette pièce est quand même spéciale, très très courte, mais sommes toutes intéressante. La "morale" est quand même très pertinente, mais la brièveté du texte fait en sorte qu'on ressort peu d'émotions de cette lecture
Court mais tenace. Je pense pas que je pourrais caviarder cette lecture des souvenirs de Jade 2, même si je le voulais. C'est un grand inconnu la finalité d'un organique, mais c'est bien moins terrifiant que l'infini d'un synthétique.
"C'est pas en éliminant la mort qu'on donne du sens à la vie. "
C'est une pièce très inventive sur une femme, Anne, qui vit dans un monde où les humains peuvent se télécharger dans de nouvelles entités qui leur ressemblent. La question principale ici: la vie éternelle, est-elle bonne?
Si j’ai apprécié l’intrigue de la pièce et sa solution finale, je ne peux toujours pas dire que j’ai apprécié la façon dont l’auteur l'élabore, même si je peux comprendre ses raisons. Malgré celà, c’est une pièce assez intéressante pour réfléchir à notre avenir et à ce que nous en attendons.
4,5 ⭐️ J’en aurais voulu plusssss! Je voudrais savoir tout de ce processus fictif qui permet de vaincre la mort et les questions existentielles qui en découlent.
Une pièce que j’aurais aimé avoir la chance de voir pour mieux en saisir toute la profondeur. On y parle de la quête pour l’immortalité, de la vie, de moralité et du libre choix, le tout avec une certaine dose d’humour et d’absurdité. La plume de l’auteur est toujours aussi efficace, alors que les réflexions sur le (non)sens de la vie rappellent les propos du personnage central de son roman Royal. J’aurais voulu plus de substance et de contenu, mais j’ai apprécié le côté répétitif des premiers dialogues et l’effet crescendo du récit.
Tout d’abord conquise par l’auteur (qui ne l’est pas ?), je me suis lancée dans la lecture de cette pièce de théâtre. J’ai mis quelque temps à comprendre ce que je tenais entre mes mains ; était-ce un exercice de style ? J’ai persévéré pour finalement découvrir une œuvre terrifiante (oui, l’altération de souvenirs me terrifie, l’immortalité aussi), mais imparable. Que peut apporter l’immortalité, sinon une remise en question de notre plus certaine nature, la vie ?