C'est pas en éliminant la mort qu'on donne du sens à la vie.
Est-ce que l'immortalité vous donne droit à des siècles et des siècles de plaisir ? Ou est-ce qu'elle enlève au contraire tout sens à la vie ? Est-ce qu'être vivants c'est aussi accepter le fait que chaque instant peut-être le dernier ?
Jean-Philippe Baril Guérard nous présente une pièce de théâtre tout en philosophie ! Anne vient de mourir, et elle est sur le point de se faire transférer dans Anne 2. Mais est-ce que c'est ce qu'elle souhaite vraiment ? Ou aimerait-elle plutôt joindre les organiques, cette bande de joyeux irréductibles qui refusent de changer de corps à leur mort ?
En plus de poser des questions sur notre rapport à l'existence, la pièce nous force également à nous questionner sur nos souvenirs. Anne remodèle certains des siens pour les améliorer pendant le transfert, laisser derrière les chicanes ou les traumas peut-être. Mais là encore : qui sommes-nous, sinon la somme de nos expériences ? On plonge aussi dans la question éthique de survivre, de forcer quelqu'un à survivre, encore et encore.
La pièce je trouve suit très bien Manuel de la vie sauvage, dans un sens. On y retrouve les mêmes thèmes, quoiqu'un peu de l'autre côté ? l'âme à préserver plutôt que la personne endeuillée. Side not, j'adore lire du théâtre, ça me rappelle mes premiers amours, et je serais pas mal curieuse de voir comment cette pièce a été montée parce qu'elle implique beaucoup de répliques entremêlées des mêmes personnages !