Margaret Muir se fait voler son sac à main. Dentiste, elle pratique l'aviation à ses heures perdues. Georges Palet porte un lourd secret. Peut-être est-il un dangereux psychopathe fraîchement sorti de prison dont la réinsertion sociale est encore balbutiante. Il retrouve le sac volé de Mme Muir. Intrigué par la photographie raté de son permis de conduire, il cherche à prendre contact avec elle, la trouve, puis la fuit, puis se ravise. L’épouse de Georges Palet encourage bizarrement cette rencontre. La même figure de l'épouse abandonnée apparaitra encore dans un livre ultérieur de Christian Gailly "Un soir au club".
Ça pourrait ressembler à l'intrigue d'un film sinueux de Alain Resnais. D'ailleurs, c'est un film d'Alain Resnais, joué par Sabine Azema et André Dussollier intitulé "Les herbes folles" (2009). Il en a conservé la fantaisie et la liberté.
Le style de Christian Gailly est inimitable. Il est à la littérature ce que le jazz est à la musique : tout en syncopes et en discontinuités. Ses phrases s'interrompent brusquement, comme une pensée qu'on saisit et qui s'échappe. Ses personnages sont déconcertants. C'est ce qui fait leur charme.