On dit qu'une image vaut mille mots. Huit dessins émergent du passé de la narratrice pour lui rappeler le drame jamais résolu de son corps tenu à la pointe d'un couteau. Trente ans plus tard, la ronde des régimes n'a rien changé à sa situation de femme aux prises avec l'obsession du corps parfait. Résultat: elle est devenue plus grosse que jamais. L'urgence de ne pas mourir la pousse dans ses derniers retranchements. Le corps est disséqué, dépecé, exposé sans pudeur, avec des mots qui dévoilent une vérité pas toujours belle à regarder. À cause de la honte qui étrangle. L'enfance, l'adolescence, le début de l'âge adulte. Les premières expériences sexuelles. Elle revisite son passé sans jamais détourner les yeux. Affronte le miroir déformant du regard des autres pour se donner le droit d'exister. Dans un duel ultime avec la mort.
Lynda Dion est née à Québec avec la Révolution tranquille. Elle habite les Cantons-de-l'Est, où elle enseigne le français. Elle a fondé le concours littéraire Sors de ta bulle! qui, chaque année, permet à de jeunes lauréats du secondaire de publier une première oeuvre. C'est une adepte de Rainer Maria Rilke, à qui elle doit la patience d'écrire. La Dévorante est son premier roman.
être un corps ma propre habitation une belle maison ordonnée accueillante avec un grand salon pour la visite et non pas cet immense débarras auquel on a envie de mettre le feu" p. 161
J'aurais pu recopier le livre en entier, tant il y a des extraits percutants. À travers la douleur, la haine de soi et du corps, l'écriture et la littérature sont partout, comme une nécessité, une bouée. Certains passages, malgré des propos presque insoutenables de violence faite à soi, sont tellement pleins de poésie. Le livre fait mal à lire, mais il est d'une justesse. Je crois qu'il parle à toutes les femmes qui ont le discours intérieur trop dur, sévère, méchant, à celles qui se jugent, qui se tapent sur la tête, qui s'écrasent le cœur. On en referme la dernière page avec l'envie de prendre soin de soi, de s'aimer un peu plus.
Un livre absolument courageux. Magnifiquement bien écrit. Déstabilisant par sa forme et son fond, passionnant et subversif. Donne envie de plusieurs choses : écrire surtout, pour discuter avec l’auteure, et ajouter une voix masculine à ce récit douloureux et essentiel, puis prendre soin (en général et en particulier...)!
Ce livre va bien au-delà d’une critique envers la grossophobie. Il s'agit d'une vérité sanglante sur le comment, sur le pourquoi. Plusieurs thèmes sont abordés avec justesse, comme la domination masculine, la dépression (et les antidépresseurs), la figure de croqueuse-d’hommes, les stéréotypes, les violences, la littérature-sauveuse-d’âmes, les femmes de cœur, de tête, de vie, les dilemmes internes -survivre ou vivre?-, la perte de contrôle, nos façades, le don de soi, les recommencements. 5/5!
Un récit bouleversant sur le rapport au corps et à la beauté. Le jeu avec les ponctuations rythme le texte qui nous coupe le souffle comme la narratrice l'est. On ressent ses angoisses, elle nous fait beaucoup réfléchir.
Plus tôt cette année, j'ai lu Hunger de Roxane Gay; j'y ai beaucoup repensé en lisant Grosse. Il y a cette même simplicité de l'écriture, cette franchise et cette absence d'artifice dans les deux livres.
Tellement percutant. Un roman qui aborde de très grands sujets d'une manière parfois frontale, mais toujours poétique. On peut s'y reconnaître d'une certaine façon dans l'autocritique face à son corps et l'autosabotage. On y traite de féminisme en montrant comment les femmes subissent une pression sociale d'être "belles et minces" et comment les standards peuvent avoir un impact sur la santé mentale et physique. Il y en a tellement à dire sur ce livre.
Un roman choc qui aborde l’obésité et la grossophobie sans mettre de gants blancs. La narratrice évoque ses premiers souvenirs reliés à son poids et passe en revue toute sa vie de l’enfance à aujourd’hui. Une lecture qui vient nous brasser la cage face à ce qu’on préférerait parfois ignorer.
Throughout the whole story, there is only one punctuation mark. I get that this is a style choice and probably used to accentuate the lack of control the author claims the character suffers from. To me, it was extremely annoying, probably even more so because I am not as accustomed to reading in french as I am with english.
I'm sure many could read this book and really empathize with the character, but I am not one of those people. The lack of silver lining, and the aforementioned punctuation, prevented me from connecting with the character.
That being said I gave 3 stars because Dion writes in an extremely frank manner and gave an insider perspective on the struggles like self-hate, childhood trauma, and being overweight in a society that looks down upon that characteristic.
Il en fallait de peu pour que je donne 5 étoiles. Le récit est percutant et évocateur, et aborde de front un sujet essentiel dans notre société. Le sujet du livre dépasse la stricte relation avec le corps (qui est déjà un énorme sujet en soi) et traite de santé mentale et de féminisme, entre autres, mais jamais d’un point de vue didactique. J’ai adoré les dessins et le lien que le texte tisse avec eux tout au long du livre. Certains passages étaient moins puissants et auraient pu être resserrés, mais le livre demeure tout simplement excellent.
Dans Grosse, l’autrice parle ouvertement de ses bourrelets, ses rondeurs et tout ce qui vient avec. C’est sans filtre, courageux et tellement nécéssaire.
Accompagné de 7 dessins, les 8 chapitres décrivent souvent ce qui nous passe par la tête, ce qui nous arrive lorsqu’on est une personne grosse.
Les mots de Lynda Dion résonneront dans ma tête longtemps. 🤍
Pas vraiment mon style de bouquin, Grosse est néanmoins un récit intéressant qui scrute les pensés, les amitiés et les désirs d'une personne de plus grande taille dans une société ou l'esthétique est souvent privilégiée. Douloureusement autobiographique quoique composé avec délicatesse.
Un roman sans filtre et dans lequel la pudeur n’est nulle part. Un roman qui nous engloutis dans un tourbillon de craintes, de stéréotypes, d’attentes sociales, de faims, d’excès et de regrets. Le tout est brillamment concocté et servis avec une grande dose de courage que l’on imagine bien.
Les réflexions tirées des dessins à chaque chapitre sont très intéressantes. L'exploration du processus thérapeutique, la franchise de l'autrice et les portraits dressés sont essentiels pour mieux comprendre la grossophobie systémique et internalisée. Superbe livre!
J’ai bien aimé. Le style d’écriture est vraiment interessant. C’est écrits comme une suite de petites anecdotes de 2-3 pages chaque. Ça se lit super vite. Le sujet était bien aussi.
“grosse” a le potentiel de nous toucher toutes et tous différemment. Pour moi ça a été comme un miroir tendu et une flèche en plein cœur. L’autrice s’y livre sans tabou et sans pudeur. Elle nous parle d’obésité bien sûr, de relation au corps et à la beauté, mais aussi de dépendance, d’hyperphagie, d’alcoolisme, d’espoir et de désespoir, de honte, de solitude. C’est un tour de montagnes russes, comme l’existence qu’elle décrit, c’est troublant, un peu sec par moments, mais aussi plein de beauté et de justesse. Beaucoup de pépites soulignées et de pages cornées…
“je voudrais être un corps ma propre habitation une belle maison ordonnée accueillante avec un grand salon pour la visite et non pas cet immense débarras auquel on a envie de mettre le feu”