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Apprendre à lire: premier roman - collection Le Courage dirigée par Charles Dantzig

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Approchant de la soixantaine, Antoine, directeur de presse, se rapproche de son père, veuf immigré de Sardaigne voici bien longtemps, analphabète, acariâtre et rugueux. Le vieillard accepte le retour du fils à une condition  : qu’il lui apprenne à lire. Désorienté, Antoine se sert du plus inattendu des intermédiaires  : un jeune prostitué aussitôt bombardé professeur. S’institue entre ces hommes la plus étonnante des relations. Il y aura des cris, il y aura des joies, il y aura un voyage.
Le père, le fils, le prostitué. Un triangle sentimental qu’on n’avait jamais montré, tout de rage, de tendresse et d’humour. Un livre pour apprendre à se lire.

152 pages, Kindle Edition

Published January 10, 2018

35 people want to read

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Sébastien Ministru

8 books1 follower

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Community Reviews

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Displaying 1 - 13 of 13 reviews
Profile Image for René Paquin.
420 reviews16 followers
July 22, 2018
J’ai beaucoup aimé ce roman qui, sous des allures drôles et anecdotiques (un homme âgé apprend à lire et écrire avec un jeune prostitué), raconte la relation intime entre un père et son fils. L’aventure, qui se termine en Sardaigne, à la terrasse d’un bistrot avec vue sur la mer, est vraiment touchante.
Profile Image for Niki.
580 reviews19 followers
October 3, 2018
un livre sur l'amour, le désir, le désir d'apprendre, la tendresse, des non-dits, la difficulté d'assumer une enfance difficile, bref un livre à lire ab-so-lu-ment
Profile Image for Maghily.
380 reviews3 followers
April 2, 2018
Une belle histoire de retrouvailles entre un homme et son père en fin de vie.
Profile Image for Zéro Janvier.
1,722 reviews125 followers
April 25, 2019
Il y a des livres que je découvre un peu par hasard, sans me souvenir des circonstances exactes dans lesquelles cette découverte s’est faite. C’est le cas avec Apprendre à lire, un roman de Sébastien Ministru. J’ai dû découvrir le résumé un jour et être suffisamment tenté pour l’acheter puis le lire.

Approchant de la soixantaine, Antoine, directeur de presse, se rapproche de son père, veuf immigré de Sardaigne voici bien longtemps, analphabète, acariâtre et rugueux. Le vieillard accepte le retour du fils à une condition : qu’il lui apprenne à lire. Désorienté, Antoine se sert du plus inattendu des intermédiaires : un jeune prostitué aussitôt bombardé professeur. S’institue entre ces hommes la plus étonnante des relations. Il y aura des cris, il y aura des joies, il y aura un voyage.

Le père, le fils, le prostitué. Un triangle sentimental qu’on n’avait jamais montré, tout de rage, de tendresse et d’humour. Un livre pour apprendre à se lire.

Je ne connaissais pas du tout Sébastien Ministru, dont Wikipedia m’apprend qu’il s’agit d’un journaliste belge né au début des années 1960. Le narrateur étant un directeur de presse qui approche de ses soixante ans, je ne peux pas m’empêcher de me demander quelle est la part de fiction et d’auto-biographie dans ce roman.

Quoiqu’il en soit, c’est une jolie histoire autour de la relation père-fils, de la filiation, de la transmission, avec un récit bien construit et qui sort de l’ordinaire. Ce qui fait le sel de ce roman, c’est évidemment le fait que par un retournement des habitudes ce soit le fils qui prenne en charge, d’abord directement puis à travers un tiers, l’apprentissage de la lecture et de l’écriture par son père. Cela donne des situations étonnantes mais bien écrites et parfois touchantes.

La présence d’un troisième larron, ce Ron que le narrateur rencontre d’abord comme escort avant d’apprendre qu’il se destine au métier d’instituteur, apporte également quelque chose au récit. Le prostitué reconverti en professeur sert de lien entre le père et le fils qui n’ont jamais appris à se parler.

Au-delà de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture par le père, c’est aussi une histoire sur un père et son fils qui doivent apprendre à se parler, à se comprendre, après des décennies d’éloignement plus ou moins volontaire.

Il y a quelque chose de très beau dans ce roman. Il est court (160 pages), se lit facilement et rapidement, avec un style simple, mais il est riche par son contenu en allant à l’essentiel. « Pas la peine d’en rajouter », comme le disait cette vieille publicité pour une marque de café. Parfois, cela suffit, et c’est très bien ainsi.
Profile Image for Eline Rootsaert.
174 reviews6 followers
July 8, 2022
« Apprendre à lire: le père, le fils et l’amoureux », le premier roman du chroniqueur belge Sébastien Ministru est un petit chef-d’œuvre littéraire, un véritable coup de cœur.

L’auteur approche le thème de la "honte" sur l'illettrisme, l'homosexualité et la prostitution masculine avec délicatesse et beaucoup de précaution.

… À lire lentement afin de savourer pleinement chacune de ses 156 pages.
Profile Image for Nathalie Vanhauwaert.
1,089 reviews43 followers
September 8, 2022
immense coup de coeur.
Pudeur, amour, humour, émotions ...un petit bijou
Initiation amour filial

♥♥♥♥♥♥

Attention , immense coup de coeur.

Je connaissais la plume humoristique de Sébastien Ministru par le biais de ses pièces de théâtre "Cendrillon ce macho, Fever, Excit...", son humour parfois caustique par le biais de ses chroniques en radio, mais j'ignorais cette écriture sensible, tout en "retenue, tendresse et émotion".

C'est son premier roman, il est juste MAGNIFIQUE. A lire absolument !

Antoine, approche la soixantaine, il est directeur de presse accaparé par son travail. Il s'était éloigné de son père avec qui les relations ont toujours été difficiles et compliquées.

Antoine vit en couple avec Alex (artiste peintre) depuis trente ans. Ce duo est au fil du temps devenu platonique. Antoine s'offre de temps à autre des relations tarifées. C'est comme cela qu'il rencontrera Raphaël, surnommé Ron, un étudiant instituteur qui rêve de partir en Australie.

Un jour, le père d'Antoine lui demande de lui apprendre à lire et à écrire ! Antoine est un peu désarçonné, et pense à une lubie pour l'emmerder ... mais non son père y tient. Il veut savoir lire et écrire, et si au paradis on lui demandait sa signature pour entrer ?

Peu à peu, Antoine se rendra compte de la souffrance de son père, d'origine sarde envoyé à l'âge de six ans comme berger à la montagne. L'école et l'éducation lui ont purement et simplement été supprimées. Immigré ensuite pour travailler dans les mines, il n'a jamais pu signer le bulletin de son fils... Frustrations.. Il perdra sa femme très jeune, trop jeune et deviendra acariâtre, grincheux, c'est comme ça qu'ils s'étaient éloignés.

Antoine s'en rapproche à présent, s'occupant du vieil homme, il essaie de lui apprendre à écrire, mais c'est compliqué, il n'a pas la patience, la méthode.

Un jour il demandera à Ron de prendre le relais. Ron s'investira pendant quelques mois bien au delà de l'apprentissage de l'écriture et de la lecture, il permettra au père de s'ouvrir, de communiquer plus. Le père s'attachera à Ron, changera. Ron sera un peu le trait-d'union "père-fils", à la base de cette initiation filiale.

J'ai aimé ce premier roman en partie initiatique qui indirectement nous parle de l'immigration italienne, de la relation père-fils, de la honte et de la souffrance face à son analphabétisme. J'ai aimé l'écriture à la fois franche, pudique et sobre de Sébastien Ministru, retrouvant son humour.

Un premier roman empreint d'humilité, d'émotions. Un petit bijou tout simplement magnifique.

Foncez, c'est une très belle découverte.

Immense ♥♥♥♥♥

Les jolies phrases

Tomber amoureux est la pire des pertes de contrôle, une mise à genoux de la vie qui n'engendre que mièvrerie et troubles de la concentration.

Mon père ne savait ni lire ni écrire parce qu'il avait dû obéir aux ordres de sa famille qui lui avait refusé le droit de fréquenter l'école et confisqué à jamais le droit de s'affranchir. Je voulais bien le croire mais il n'avait pas dû être le seul dans ce cas en ce temps-là. Ce que j'avais oublié de prendre en considération c'était la souffrance qu'il avait dû endurer en silence et qui avait, sans doute, fait de lui cet homme rude et difficile.

Mais à quoi ça va te servir de savoir lire ?
A quoi ça va me servir ? Mais à lire. Peut-être que lire, ça fait mourir moins vite.

Lire et écrire, comme inspirer et expirer, sont des gestes naturels que personne ne se souvient d'avoir appris.

La vieillesse et la jeunesse ont cela en commun qu'il faut faire vite - pour l'une parce qu'il n'y a plus de temps à perdre, pour l'autre parce qu'il n'y en a jamais eu à économiser.

Pour les mots simples, il ne s'en sortait pas trop mal, pour les mots plus compliqués, c'est-à-dire plus longs, il se perdait. Son esprit, en suspens, tombait comme une poussière au vent dans les coursives qui rattachaient les lettres entre elles et dessinaient le mot, égaré par l'architecture même du vocable qui édifiait devant lui une forteresse impossible à prendre.

p87

Il arrive un moment dans l'existence où l'on sent que ce qu'on n'aurait jamais pu faire est la chose à faire.

99 % de la population est alphabétisée, mon père fait partie de cette infime portion de gens qui n'ont jamais été scolarisés. J'ai mis longtemps à le comprendre, mais il vivait ce handicap comme une réelle douleur - secrète, fourbe et lancinante, maudissant en silence son propre père qui lui avait interdit l'entrée à l'école sans mesurer les dégâts que cela causerait chez lui. J'ai sous-estimé la satisfaction qu'il éprouvait d'avoir pu apprendre les rudiments de la lecture et de l'écriture.

Il y a des gestes qui, si on les fait, ne portent pas à conséquence; il y en a d'autres qui, si on ne les fait pas, existent quand même.

Son écriture, malhabile, curieusement encombrée de courbes et d'arrondis, ne reflétais pas l'homme, mince, tendu et anguleux, que je connaissais. La forme des signes qu'il traçait avec cette volonté de prendre beaucoup d'espace révélait une autre part de lui, longtemps enfouie et qui, c'était vraiment çà le miracle, lui rendit le sourire qu'enfant on lui avait confisqué.

https://nathavh49.blogspot.be/2018/04...
55 reviews
July 1, 2019
What a delight. What genius to make the son and the prostitute/teacher gay. This lifts the charming story of an old man who wants to learn to read to another level entirely, especially in the way it humanises people who live entirely outside my sphere. Surely it will be translated for a wide audience.
Profile Image for Charlotte.
44 reviews
February 25, 2019
Magnifique histoire d'hommes, tendre et parfois dure, dans un style qui me touche beaucoup.
Je me réjouis de continuer à lire Sébastien Ministru ailleurs que dans les médias ou au théâtre.
Profile Image for Henri-Charles Dahlem.
291 reviews12 followers
March 31, 2018
Il n’y a pas d’âge pour apprendre

Un beau roman d’initiation entre un père âgé et illettré et son fils, cadre d’entreprise. Un roman pudique et touchant pour les débuts en littérature de Sébastien Ministru.

Décidément la Belgique est à l’honneur en ce début d’année. Après Les Déraisons d’Odile d’Oultremont et Le champ de bataille de Jérôme Colin voici un troisième premier roman venu d’Outre-Quiévrain, également signé d’un chroniqueur à la RTBF, par ailleurs auteur dramatique.
Pour son premier roman, Sébastien Ministru nous propose une variation sur un grand classique du roman, la relation père-fils. Mais cette fois le fils est proche de la retraite et le père a dépassé les quatre-vingt ans. Antoine est directeur de presse, chargé de mener à bien une fusion-acquisition et vit dans la hantise que son père, qui vit seul, oublie de fermer le robinet du gaz. S’il se charge de l’intendance et vient régulièrement lui rendre visite, il n’a en général droit qu’à des remontrances et critiques sur cette société étrange qu’il analyse notamment via le petit écran. « Pour lui, les journalistes sont tous des hypocrites qui ne pensent pas ce qu’ils disent. Je lui ai un jour expliqué que c’était le rôle du présentateur du journal de ne pas penser ce qu’il disait, ce à quoi il m’a répondu qu’il fallait vraiment n’avoir aucune estime de soi pour faire du mensonge son métier. »
Ces contingences domestiques vont prendre un tour plus particulier le jour où il doit faire face à une demande particulière: son père veut apprendre à lire. Une demande qui l'oblige à creuser la biographie familiale, car il n'avait jamais pensé qu'il faisait partie de cette frange illettrée de la population. Et surtout ce que cette situation pouvait avoir de déstabilisant pour lui. "Mon père ne savait ni lire ni écrire parce qu'il avait dû obéir aux ordres de sa famille qui lui avait refusé le droit de fréquenter l'école et confisqué à jamais le droit de s'affranchir. Je voulais bien le croire mais il n'avait pas dû être le seul dans ce temps-là. Ce que j'avais oublié de prendre en considération c'était la souffrance qu'il avait dû endurer en silence et qui avait sans doute, fait de lui cet homme rude et difficile."
D'abord réticent, il finit par accepter mais se rend très vite compte qu'il n'a pas la pédagogie nécessaire, à moins que ce ne soit la peur de se faire constamment rabrouer par ce berger d'origine sarde, émigré devenu veuf trop tôt et qui a trouvé un peu de réconfort dans la fréquentation de prostituées. Ou parce qu'il pressent que cet apprentissage le déstabiliser, lui qui avait réussi jusque là à bien cloisonner son existence, à vivre une relation apaisée avec Alex, l'artiste-peintre qui partage sa vie " je l’ai vu, il m’a vu, on s’est plu. Ce qui nous a permis, ce soir-là, de nous rapprocher et de ne plus jamais se quitter. C’est exactement ainsi que Ia scène s’est déroulée, avec une facilité inouïe à nous indiquer la voie du bonheur. Le contraire de la passion".
Aussi, pour se divertir, il a lui aussi recours aux services tarifés de jeunes hommes. C'est lors de l'un de ses rendez-vous clandestins qu'il va avoir l'idée, en découvrant que son amant entend se consacrer à l'enseignement, de l'engager non plus pour le sexe mais pour qu'il apprenne à son père à lire et écrire.
En inventant ainsi un nouveau trio, Sébastien Ministru va réussir, après quelques péripéties que je vous liasse découvrir à retisser des liens, à réapprivoiser l'histoire familiale et même à remettre en question sa propre existence. On imagine alors que la réflexion paternelle, quand il veut savoir pourquoi cette soudaine lubie et qu'il lui dit
"Peut-être que lire, ça fait mourir moins vite." prendre tout son sens. "La forme des signes qu'il traçait avec cette volonté de prendre beaucoup d'espace révélait une autre part de lui, longtemps enfouie et qui, c'était vraiment ça le miracle, lui rendait le sourire qu'enfant on lui avait confisqué." Avec pudeur et beaucoup de sensibilité.
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