1979, une ville portuaire russe. Rosa, 17 ans et un brin naïve, obtient un emploi comme secrétaire au Centre d'assainissement du port, bureau SSE-2. Entre ses collègues revêches, voire inquiétantes, et un travail d'un ennui total, elle ne comprend pas très bien ce qu'elle fait là et encore moins la mission de son service. Peu importe. Rosa préfère s'évader dans les aventures d' Angélique, marquise des anges. Mais lorsque deux cadavres mutilés sont retrouvés, la jeune fille découvre la véritable activité du bureau : la lutte contre les parasites de nature non biologique, aussi appelés... démons. Tandis que la panique gronde, Rosa se retrouve plongée au cœur d'événements dramatiques qui surpassent de loin ceux de ses romans d'aventure favoris.
Dans la tradition de Boulgakov, Maria Galina nous offre un Ghostbusters soviétique aussi hilarant que déjanté.
Maria Galina (Russian: Мария Галина) is one of the most interesting authors among those who made their names in the turbulent 1990s. She writes both literary and science fiction (with ten SF books to her credit). She is also a noted poet, a thoughtful critic, and translator of English and American science fiction, in all of which she excels. She is a winner of many important prizes for her prose and poetry and her critical essays.
A graduate from Odessa University majoring in sea biology she took part in several sea expeditions but in 1995 she gave up biology and took up writing professionally.
Apart from numerous Russian publications she has three books published in Poland and her work has been included in various anthologies of Russian writing abroad (Russian Women Poets: Modern Poetry in Translation, UCL, London, 2002; and Amerika. Russian Writers View the United States, Dalkey Archive Press).
Her literary fiction contains a strong element of magic realism while gender issues have always been the focus of her attention.
As a poet she was awarded by some of the most prestigious Russian poetry awards - The Moscow Count (for the best poetry book published in Moscow) and Anthology (for the highest achievements in the modern Russian Poetry)
Je vais être super honnête avec toi, là. J'avais peur de le commencer, ce roman. J'ai même carrément traîné, je l'ai laissé en bas de la pile à lire. "C'est nul de ta part" tu vas me dire. Non mais comprends moi bien. La précédente auteure russe chez Agullo, c'était Anna Starobinets. "Refuge 3/9" a été mon gros coup de cœur imaginaire de l'an dernier, mon petit trésor, le truc que j'ai défendu en libraire comme si c'était mon propre gosse. Alors forcément, j'avais peur. Comme un idiot, j'avais déjà engagé une compétition entre deux bouquins qui n'ont strictement rien à voir l'un avec l'autre.
"L'Organisation" c'est un ovni littéraire non identifié.
T'as les magouilles politiques, l'idéologie, la théorie du complot totalement paranoïaque, les esprits vengeurs, une ado paumée qui accepte un job parce qu'elle n'a pas d'autre choix. Ça te parait brouillon? Figure toi que ça l'est pas. Le génie de Maria Galina, c'est de te peindre des personnages délirants qui te bousculent, de raconter ce quotidien morne et froid qui d'un coup part en vrille, tu te crois presque dans Men In Black parfois, je te jure c'est un vrai voyage.
Comme dans "Refuge 3/9" on retrouve du Kafka, même du Lovecraft (le mythe de la créature légendaire) et derrière ses aspects fantastiques, serait-il possible que le roman nous parle d'immigration, de ces gens que l'on peine à nommer et dont certains pays ne veulent pas? Tous les niveaux de lecture sont permis, et c'est là que ce roman devient GRAND.
Alors vite, va demander "le livre jaune" à tes libraires, et lis, mon pote !
Je le dis honnêtement, j'ai loupé ce roman. Il raconte l'histoire d'un bureau traitant certains types de créatures importées dans les bateaux. Pour vous aider, on est du côté de Hellboy ou de la Laverie de Stross. La force du roman, c'est de ne jamais parler explicitement de ce que chassent ces inspecteurs. A la place, on assiste aux manœuvres autour de la bureaucratie de certains des membres de ce bureau quand les autres n'en ont rien à faire. Je ne dis pas que c'est inintéressant. Je dis juste que je n'ai absolument pas accroché à cette histoire qui m'a parue franchement creuse, et trop concentrée sur les états d'âme d'un personnage qui m'a paru assez creux.
L'organisation est un roman un brin déstabilisant. Tout commence dans un port soviétique (indéterminé, mais à priori plutôt dans le Sud du pays. Sans doute en Ukraine) peu avant les J.O. de Moscou de 1980. On y suit dans un premier temps les pérégrinations d'une jeune fille, Rosa, souhaitant intégrer l'université et y apprendre l'anglais.
En attendant de pouvoir réussir les concours d'entrée, elle accepte un travail alimentaire sur les quais du port commercial, dans le bureau SSE - 2, chargé de l'inspection des navires entrant au port. Elle passe dés lors ses journées dans un désœuvrement presque total, à lire Angélique et le Nouveau-monde (dont plusieurs citations émaillent le récit) et à rêver d'ailleurs.
Tout cela est, disons-le, fort peu passionnant et on pourrait craindre un livre ennuyeux. Sauf qu'on comprend rapidement (en tout cas bien plus rapidement que notre brave jeune fille), que le SSE - 2 est plus que le banal bureau de la capitainerie dont il veut bien se donner l'apparence. Car en réalité, le SSE - 2 est chargé de veiller à ce que les "esprits" et autres "démons" étrangers ne profitent pas des navires pour entrer sur le territoire soviétique.
Sauf que ces esprits, démons et autres chimères sont considérés comme des "superstitions", dont la réalité même est niée par l'idéologie soviétique. Ils doivent donc composer avec une hiérarchie (soviétique qui plus est !) peu encline à leur accorder du crédit, des moyens dérisoires, et des marins qui les voient comme des fouineurs et des empêcheurs de faire de la contrebande en paix.
Et tout le sel du roman est là, dans ce contexte soviétique très dépaysant, avec sa bureaucratie, ses files interminables au magasin alimentaire, sa paranoïa des tentatives de déstabilisation venues de l'ennemi américain, et j'en passe !
Et quand un esprit amérindien fini par vraiment s'inviter et parvient à passer à travers les mailles du filet du SSE-2, le quotidien de la petite ville russe s'en trouve vite chamboulé.
Je pourrai reprocher au roman un démarrage un peu lent et pas forcément évident à suivre, mais ce serait pinailler car je pense que cette sensation est due pour partie au contexte soviétique du roman (avec lequel je ne suis évidemment pas familier), mais aussi parce que ce début tout en lenteur permet à l'auteure de poser son cadre et ses personnages (eux aussi assez déstabilisant au demeurant).
Le tout est très réussi, et fournit un roman ma foi fort convaincant.
Trop de choses, trop d’intrigues, trop de sujets, mais aucun n’est assez creusé, donc on reste finalement vraiment sur sa faim. Ça peut être être un procédé littéraire intéressant de laisser certaines issues ; ici on a juste l’impression que l’auteur a eu la flemme de mettre son bouquin au propre. À éviter, même si l’écriture est plaisante.