Le moine et le singe-roi, publié en 2017, avait déjà été un excellent opus, mais avec ce septième tome, Olivier Barde-Cabuçon signe surement sont meilleur livre. On y retrouve tous les éléments qui font sa marque de fabrique : une atmosphère, des personnages complexes et attachant... Au milieu de cette ville d'eau et de lumière, l'atmosphère y est sombre et étouffante. Des mythes très anciens, venue d'Orient, envahissent la Sérénissime. Nous sommes toujours à la limite du réel, tout peu basculer.
Les descriptions de Venise, comme dans Humeurs noires, sont magnifiques, détaillées sans que cela ne devienne lourd. Olivier Barde-Cabuçon joue sur les couleurs, les lumières et même les matières. C'est une ville aux milles facettes qui se dessine alors. J'ai vraiment eu cette impression de miroir brisé qui reflète différentes réalités et l'âme des personnages.
A cela s'ajoute une enquête très intéressante, très bien dosé. Les éléments fantastiques se mélangent avec habilité au reste. Toutefois, comme j'ai pu le constater depuis quelques tomes, l'enquête devient secondaire. Ce n'est pas une mauvaise chose : elle est tout de même très bien maîtrisée.
En réalité, si l'intrigue policière passe au second plan, c'est pour nous proposer un très très bon développement de ses personnages. Déjà, dans le précédent volume, on avait une approche très intéressante du moine mais aussi des personnages féminins. Ici, on atteint un autre pallié : les personnages sont travaillés, profond. Ils dégagent une légèreté étonnante mais aussi une certaine obscurité. Je ne peux m'empêcher de comparer le traitement des personnages qui est fait dans les premiers tomes et maintenant. Il y a une réelle évolution et elle est toujours aussi intéressante.
Depuis la fin de Tuez qui vous voulez, le moine hérétique doit faire face à ses vieux démons mais aussi au temps qui file. Avec Le Carnaval des vampires, une certaine nostalgie s'est installée chez lui, qui se mélange avec une tristesse profonde. J'ai été aussi très heureuse de retrouvé Violetta : elle est charmante, drôle, vive mais elle porte elle aussi une part d'ombre. Je pense qu'elle nous réserve encore de nombreuses surprises, j'ai hâte de voir ça ! Quand à Volnay, il est plus en retrait, mais je le trouve mieux travaillé, avec plus de nuance. A eux trois, ils forment un trio détonnant !
Olivier Barde-Cabuçon signe encore une fois un excellent opus qui a été clairement mis sous le signe de la nostalgie. Ce qui ressort avant tout de ce livre, ce sont les personnages et leur développement. Ce roman, c'est aussi une ode à Venise, à ses charmes et à ses parts d'ombre. Je me répète d'une chronique à l'autre, mais si vous aimez les romans policiers historiques ou les romans à l’atmosphère gothique, foncez lire les Enquêtes du commissaires aux morts étranges !