"D'accord" : c'est peut-être le mot qu'elle dit le plus souvent, par fatigue, lâcheté ou absence d'à-propos. Mais certains soirs, tard, après avoir improvisé une danse dans son salon pour chasser les contrariétés de la journée, elle est capable d'envoyer des mails incendiaires ou insensés pour rectifier la situation. Oui, c'est le genre de fille accommodante, avec ses proches, son ex-mari un brin narquois, son adolescente de fille, son trop parfait collègue de travail. Puis ceux à qui elle tient inlassablement la porte dans le métro, ceux qu'elle laisse passer indéfiniment devant elle à la caisse du supermarché au motif que leur caddie est moins rempli. Conciliante, oui, jusqu'au moment où elle dit non, un immense Non lancé comme un éclat de rire à la figure de ceux qui ne doutent jamais d'eux, qui tiennent à jouer le premier rôle dans leur comédie sociale. Mais pour qui se prennent-ils ? En faisant le portait d'un genre de fille qui nous ressemble, Nathalie Kuperman livre une comédie sur les apparences et les non-dits et, en guerrière discrète mais tenace, s'attache à démasquer ce que Nathalie Sarraute appelait "les innombrables petits crimes" que les paroles des autres provoquent en nous.
Je suis le genre de fille qui adore ce genre de livre. Une écriture enlevée et délicate qui tente de décrypter le bordel que c’est d’être vivante. Je trouve des bouts de phrases pépites qui font un bien fou, celui du miroir, par exemple : « moi qui, dans la cour de l’école, étais toujours étonnée qu’on se souvienne de moi après le week-end. ». C’est parfois très drôle, parfois très émouvant, toujours subtile.
Chose rare, je n'ai pas réussi à terminer ce livre. Je n'ai absolument pas accroché à l'humour de l'autrice et l'héroïne m'a juste inspiré de l'ennui. Dommage.
L'écrire juste c'est déjà le style. L'huile de moteur pour un roman bien mené. Nathalie Kupperman a ce talent, elle parle avec aisance et précision de ses personnages qui prennent vie dès la première phrase, on pense d'ailleurs qu'ils existaient bien avant qu'on entame le livre, et qu'ils continueront de vivre une fois la dernière phrase lue, nous embarquons simplement dans le train en marche, et ça défile vite. Les déconvenues de la vie quotidienne rencontrées par la narratrice sont les nôtres, elles nous font rire car l'humour est le nerf de la guerre face à la morosité ambiante, celle d'une vie de célibataire avec adolescente et toutes les réflexions attenantes. Effectivement il n'y a pas d'histoire à proprement parlé, pas d'enjeu principal avec dénouement final, simplement un moment d'existence pris à un instant précis, un voyage le temps d'une lecture dans le quotidien d'une autre, qu'on espère retrouver lors d'un prochain voyage, car on s'attache vite et les adieux sur les quais de gare, c'est souvent déchirant...
La narratrice, Juliette, est une maman divorcée qui vit avec sa fille Valentine, collégienne. Les chapitres, courts, commencent tous par : "Je suis le genre de fille..." Ainsi Juliette est "le genre de fille à parler tout haut aux toilettes, à être complexée intellectuellement lorsqu'elle se retrouve en compagnie de gens très cultivés, le genre de fille qui ne supporte pas les phrases sur le bonheur", etc. Le style est léger, certains passages m'ont fait sourire et la narratrice m'a parfois rappelé Bridget Jones. D'autres chapitres sont touchants, lorsqu'elle évoque par exemple son enfance avec son frère et sa mère malheureuse d'avoir été quittée par son mari. Les dernières pages, qui s'adressent directement à cette mère décédée lorsque la narratrice avait 26 ans, sont particulièrement émouvantes. Le style de Nathalie Kuperman est fluide et l'héroïne est attendrissante. Je relirai cette auteure avec plaisir.
I was expecting something Bridget Jones-level (especially given the blurb), but actually better and arguably far more moving and thoughtful.
The approach is fairly formulaic (starting every chapter with 'Je suis le genre de fille qui...'), but what emerges is a rather good portrait of disappointed, knackered early Gen X bourgeois life that's disarmingly candid and unapologetically idle and unachieving. But it's all pretty well established: the powerless of parenthood, the decline of looks, the failed love affairs, the diminishing circle of friends, the prospect of tediously happy couples and the pleasures of bad food and liquor. And what most redeems it - the preoccupation and guilt about a mother who died too young and childhood illness, probably explaining much of this.
So: no throwaway material, really. No giant surprises either: but a pretty likeable document.
Livre léger, amusant, qui se lit facilement et regorge d'anecdotes de la vie de tous les jours. On s'identifie assez aisément à la narratrice. Il y a beaucoup d'auto-dérision de la part de cette femme divorcée qui peine à trouver un sens à sa vie. En revanche, j'ai trouvé le dernier chapitre peu convaincant, c'est dommage.
Sympathique. J’ai été attirée en voyant le commentaire de Delphine de Vigan “j’ai beaucoup ri”. Au final, on s’attache aux personnages mais j’ai été déçue, le livre manque d’un fil conducteur, d’une réelle intrigue ou d’un humour plus marqué. C’est drôle mais loin d’être hilarant.
Je n'ai pas pu finir ce livre, difficile de suivre les lamentations du personnage principal, pas vraiment d'actions, plus des contemplations de sa vie assez détachées dans le temps parfois.