Sensuelle, déterminée, intransigeante. Rien ne résista à son incroyable ascension. Fille d’un montreur d’ours, née dans les bas-fonds de Byzance, prostituée dès l’adolescence, Théodora devint la plus grande impératrice de son temps. À l’aube du vie siècle, alors que l’Antiquité se mourrait et que le christianisme triomphant permettait toutes les rédemptions, elle gravit les marches sociales une à une jusqu’au sommet de l’État. Courtisane assumant pleinement sa sexualité vénale, Théodora s’affranchit des règles que lui fixait une société qui tolérait à peine son existence. Sa vie changea lorsqu’elle rencontra Justinien, l’héritier du trône. Lui non plus n’appartenait pas à l’aristocratie. Leur amour se mua rapidement en un véritable partenariat. Abrogeant des lois séculaires qui empêchaient leur mariage, Justinien fit de Théodora son épouse et l’impératrice de l’Empire romain d’Orient. L’ancienne putain, désormais parée de pourpre et de perles, fut le véritable « premier ministre » de l’empereur. Éprise du pouvoir, elle l’empêcha de fuir la ville lors de la grande révolte de 532 surnommée la sédition Nika. Vaincre ou mourir. Telle aurait pu être sa devise. Une fois assurée de sa puissance, elle fit et défit les carrières des hauts fonctionnaires, créa des réseaux d’espionnage, protégea les moines persécutés et, surtout, elle bouleversa les rituels de Cour : on la saluait, face contre terre, avec la même déférence que l’empereur, elle, une femme, une ancienne prostituée. Aimer le sexe et le pouvoir, se comporter avec la même liberté qu’un homme, voilà ce qui a fait entrer Théodora dans l’histoire et même dans la légende.
Une lecture très intéressante, où Virginie Girod raconte non seulement la vie de l'impératrice Théodora, mais explique également la perception de la sexualité dans l'Empire romain d'Orient, influencé par l'Empire romain d'Occident jusqu'à l'époque des Césars et par la montée du christianisme, ainsi que les différentes interprétations de la personnalité de Théodora, que ce soit par ses contemporains ou par les générations qui ont suivi.
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A really interesting read, where Virginie Girod talks about the life of Empress Theodora, but also explains how sexuality was perceived in the Byzantine Empire, as it was influenced by the Roman Empire all the way back to the Cesars' times and the rise of Christianity. There's also an analysis on perspectives about Theodora's image, whether it's from her contemporaries or the following generations.
Lire est selon moi comme poursuivre des conversations qui n'ont jamais eu lieu. Écouter les suites des pensées de quelqu'un qui aurait pu devenir un ami si le temps l'aurait permis. Mais nous sommes happée par un système qui nous extorque ce qui est de plus précieux : notre temps transformé en argent, tenu par des peurs ... Lire devient un acte de révolte, de contourner des idées implantés et suivre des méandres de connaissances, idées nouvelles, savoir, rêves partagés. J'avais envie de prendre cette photo d'un livre d'une amie rencontré au travail : Vriginie Girod. Je lui souhaite beaucoup de bonnes choses sur son chemin en tant l'historienne. En tous les cas je lui suis reconnaissante de cette histoire incroyable de l'imperatrice Théodora et ce qui fut il y a si longtemps.