Comment fabrique-t-on un monstre, ou un nouveau portrait de Robespierre.Comme l'on sait, aucune artère parisienne ne porte le nom de Robespierre, passé à la postérité comme l'archétype du monstre. Sans l'absoudre ni l'accabler, mais en le suivant pas à pas à travers chacune de ses prises de position politiques, Jean-Clément Martin montre que cette réputation a été fabriquée par les Thermidoriens. Après avoir abattu le " tyran ", ils voulurent en effet se dédouaner de leur propre recours à la violence d'État. Ainsi, les 10 et 11 thermidor, qui voient l'exécution de " l'Incorruptible " et d'une centaine de révolutionnaires, servent à imputer au premier la seule responsabilité de la " Terreur ". Non seulement cette accusation a réécrit l'histoire de la Révolution, mais elle continue à s'imposer encore à nous. Une démonstration sans faille et un livre à l'image de Robespierre : éminemment politique.Jean-Clément Martin, Professeur émérite à l'université Paris 1, Panthéon-Sorbonne, ancien directeur de l'Institut d'histoire de la Révolution française, a notamment publiéLa Guerre de Vendée,La Machine à fantasmeset, chez Perrin,la Nouvelle Histoire de la Révolution française." Jean-Clément Martin, dans un travail maîtrisé et impeccablement informé, loin de tout affect psychologisant, démontre cette ‟fabrication d'un monstre' pour mieux retrouver le Robespierre qui précède. "Le Monde
Une biographie lumineuse de Robespierre, qui replace l'homme dans un contexte révolutionnaire extrêmement complexe et lieu de nombreuses rivalités. L'auteur examine les mécanismes de démonisation du personnage et la création d'un récit autour d'une "Terreur" qui lui est alors entièrement impliquée, alors qu'il n'a jamais été le "tyran" qu'on a voulu faire croire, mais un "révolutionnaire ordinaire", qui n'a jamais eu le pouvoir absolu. Cette biographie de Robespierre, sans admiration ni condamnation du personnage, nous invite à revoir l'histoire de la Révolution (que tout le monde croît connaître) sous un autre jour : "Il n'y eut ni énigme, ni transcendance, ni abomination démoniaque ; simplement des jeux politiciens et des urgences politiques, des rivalités d'hommes et les contraintes d'un Etat en guerre" (p. 377). Attention cependant, cette biographie n'est pas accessible au tout-venu, il faut déjà avoir quelques notions sur la période révolutionnaire et ses enjeux.
J'ai mis beaucoup (trop) de temps à la lire mais il est pas si long que ça bizarrement. Un peu déçu je m'attendais à une analyse plus poussée de Thermidor et post-Thermidor mais c'était plus une biographie au sens large (ce qui en soit est pas mauvais juste pas ce à quoi je m'attendais).
A part ça j'aime beaucoup le ton et le style de Martin bon bébé d'amour
A force de vouloir éviter l'exceptionnalisme et le psychologisme, Martin nous livre un anonyme, sans visage ni qualités particulières, au point où l'on peine à comprendre l'évolution des positions de Robespierre et de sa place pendant la Révolution. Les sauts d'une étape à l'autre de sa vie sont tout simplement inexplicables. En somme, ceci n'est pas une biographie, mais un manifeste, un argument incomplet dans un débat de café du commerce.