C’est l’anniversaire de Katie McLeod. Elle a cinquante-cinq ans et ses filles lui préparent une fête de familles reconstituées… Avant, pendant et après le brunch, Katie fait le bilan de sa vie et de ses amours. Donnera-t-elle sa chance à François, son correspondant internaute, de la rencontrer en chair et en os à la fin de cette journée particulière? Voudra-t-elle se laisser étreindre par cet amour virtuel ? Dans la prose sobre qu’elle nous propose depuis La Love, son tout premier roman, Louise Desjardins poursuit son observation des rapports humains. De la petite ville d’Arntfield, où la narratrice a passé son enfance, nous retiendrons ce mythique Look-out, lieu de tous les péchés, où le père jouait du violon, et le McLeod Music Store, aussi, tenu par cette famille d’origine écossaise bien loin d’Aberdeen. En ce 8 janvier, au début du second millénaire, Katie déambule dans les rues de Montréal. Quant à la romancière, elle nous chuchote à l’oreille un petit air de musique. On souhaiterait qu’elle ne s’arrête jamais.
(Quelqu'un doit me dire ce qu'il y avait dans l'eau de la famille Desjardins pour expliquer Richard et Louise. Si les mots du frère évoquent la roche et ses aspérités, la terre et sa fertilité, les mots de la sœur coulent comme les ruisseaux fous d'Abitibi et balaient comme ce satané vent du nord qui t'arrache les oreilles au mois de septembre.)
Ce roman de Louise Desjardins raconte la fuite en avant d'une femme la journée de son 55e anniversaire. Entre le passé suffoquant, le présent aérien et le futur incertain, Kate avance comme une furie, parfois les yeux bandés, parfois le regard au-dessus de son épaule gauche vers les monts Kékéko, qui sont si loin derrière. En cette journée fatidique, il y a tous ces journaux dans lesquels elle écrit avec la plume de son père décédé. Il y a aussi cette fête organisée par ses filles. Il y a également François, qui sera à l'aéroport de Dorval en soirée, qu'elle connaît virtuellement mais qu'elle n'a jamais vu.
Pour ceux et celles qui apprécient les romans courts ayant en leur cœur un portrait, les liens étouffants du passé, les rouages de l'esprit, et un personnage libre au point d'en être déplaisant.
(Ai lu la version original en français, mais oui, il est possible d'avoir accès à une traduction qui paraît-il, est très bonne.)
Translated by Sheila Fischman. Set mainly in Montreal, Canada. I would have preferred to have read it in the original French, but it works in translation, and gives insight into both the similarities and the differences of women of most Canadian cultures coming to terms with their demons as they approach "a certain age."